Monde : l’inflation globale s’établirait à 4,7% en 2026 avant de fléchir à 3,9% en 2027

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Après une période de décélération progressive au sortir des crises sanitaire et géopolitique du début des années 2020, la trajectoire baissière de l’inflation mondiale connaît un coup d’arrêt. Selon la mise à jour de juillet 2026 des PEM du FMI, l’inflation globale s’établirait à 4,7% en 2026 (contre 4,1% en 2025), avant de fléchir à 3,9% en 2027. Cette information émane du rapport de la conjoncture économique et régionale au sein de l’UEMOA publié en ce début d’octobre 2026.

Cette remontée des tensions inflationnistes est principalement portée par la hausse des prix de l’énergie, dont les répercussions affectent directement les coûts de production, les denrées alimentaires et les conditions financières internationales. Ainsi, par rapport aux prévisions des PEM d’avril 2026, les projections ont été révisées à la hausse de 0,3 pp pour 2026 et de 0,2 pp pour 2027. La dynamique de l’inflation devrait rester inégale d’un pays à l’autre. Dans les pays avancés, le taux d’inflation devrait passer de 2,5% en 2025 à 3,0% en 2026 et devrait revenir à 2,4% en 2027. La hausse serait plus prononcée dans les pays émergents et en développement où l’inflation atteindrait 5,8% en 2026, contre 5,2% en 2025, avant de ralentir à 4,8% en 2027. Ces évolutions sont particulièrement préoccupantes pour les pays importateurs nets d’énergie, dont plusieurs économies africaines, notamment celles de l’UEMOA. Au deuxième trimestre 2026, les prix des matières premières ont enregistré une hausse soutenue de 33,6%, en glissement annuel, dans un contexte géopolitique dégradé qui continue d’affecter les marchés internationaux.

Cette progression résulte essentiellement de l’impact de la crise au Moyen-Orient sur les prix de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement. En effet, sur la même période, les cours des produits énergétiques se sont renchéris de 47,8%, tandis que les prix des produits non énergétiques ont augmenté de 11,3%. Concernant les prix des produits énergétiques, la résurgence ou le maintien de tensions au Moyen-Orient a créé des frictions sur les voies maritimes stratégiques. Cela a généré une prime de risque importante sur le pétrole brut et sur le transport maritime de gaz naturel liquéfié (GNL), expliquant le renchérissement des cours de ces produits sur les marchés internationaux.  Les prix des produits hors énergie, pour leur part, ont enregistré%, au deuxième trimestre 2026, une hausse moins importante de 11,3%, en glissement annuel, sous l’influence des fortes évolutions favorables des prix des minéraux métalliques (+36,8%) et des fertilisants (+29,2%). En revanche, les prix des produits alimentaires se sont contractés de 1,8% sur la période, malgré la remontée des cours enregistrée par rapport au trimestre précédent (+3,1%, ToT).

Cette situation serait également liée à l’évolution des prix des produits énergétiques, en effet, l’envolée des cours de l’énergie lors du premier semestre 2026 s’est directement répercutée sur les coûts de production et de transformation des biens non énergétiques. Par ailleurs, les prix des métaux précieux se sont également envolés pendant cette période, soit une hausse de 48,0% au 2e trimestre 2026, en glissement annuel, sous l’effet de la pression de la demande. En effet, l’accumulation d’incertitudes géopolitiques mondiales et la recherche de couverture contre l’inflation ont poussé les banques centrales et les investisseurs à accentuer leurs achats d’or. En perspective, le FMI table sur un prix moyen du pétrole d’environ 89 dollars le baril en 2026, soit 9% de plus que le niveau prévu dans le scénario de référence des PEM d’avril 2026. Les cours du gaz naturel devraient atteindre 15 dollars par million de BTU, soit 5% de plus que le prix annoncé dans les prévisions de référence d’avril dernier. Comparativement à l’année 2025, la hausse sur l’année 2026 serait attendue à 32% pour le pétrole brut et à 22% pour le gaz naturel. Cette dynamique haussière sur les marchés énergétiques devrait exercer un effet d’entraînement direct sur l’ensemble de la chaîne de valeur agricole. A cet effet, les prix des engrais sont attendus en progression de 26%, en moyenne annuelle, sur 2026. Et, sous l’effet cumulé du renchérissement de l’énergie, de la hausse du coût des engrais et de l’augmentation des frais de transport, le niveau général des prix des produits alimentaires devrait enregistrer une hausse de 8%.

 Evolution des cours des produits énergétiques

La dynamique haussière sur les marchés énergétiques est plus que visible, montrant l’ampleur du choc de la guerre au Moyen-Orient que certains qualifient comme la plus grande perte d’approvisionnement en pétrole jamais enregistrée. Au 2 e trimestre 2026, les prix du pétrole brut ont enregistré une hausse de 25,8%, en variation trimestrielle. Le prix du Brent, pour sa part, s’est renchéri de 29,7% en variation trimestrielle.

Moussa KONE

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