(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Moyen-Orient le déclenchement d’un conflit armé intensif, qui a déjà commencé à perturber de manière significative l’équilibre économique et géopolitique international, suscite de profondes inquiétudes à travers le monde.
Les marchés mondiaux, particulièrement sensibles aux tensions énergétiques qui en résultent et aux incertitudes stratégiques croissantes, affichent des secousses notables et déroutantes qui préoccupent non seulement les investisseurs, mais aussi les décideurs politiques sur le continent africain.
Consciente de la vulnérabilité manifeste des économies de l’Union face à ces chocs extérieurs potentiellement dévastateurs, la Commission de l’UEMOA a pris l’initiative pro-active d’anticiper et de préparer des stratégies pour atténuer les conséquences de cette crise imminente.
Dans ce cadre, le président Abdoulaye Diop a jugé crucial de convoquer, le mardi 3 mars 2026, une réunion de réflexion approfondie et stratégique, spécialement consacrée à l’analyse des impacts économiques, sociaux et géopolitiques de la guerre. Cet événement vise à réunir des experts et des décideurs pour échanger des idées novatrices, évaluer les risques et élaborer des réponses adaptées aux défis qui se profilent à l’horizon.
À l’issue des échanges approfondis et des discussions animées qui ont eu lieu entre les différents acteurs concernés, un Comité de veille et de suivi ad hoc a été institué pour faire face à la situation complexe en cours. Sa mission : observer de près l’évolution dynamique du conflit, analyser avec rigueur et précision ses répercussions sur les marchés financiers, les fluctuations des prix des matières premières, ainsi que sur la stabilité sociale des États membres. Ce comité a pour tâche de passer en revue chaque aspect afin de proposer des mesures d’adaptation judicieuses et appropriées pour les États membres afin d’atténuer les effets néfastes du conflit.
Sur le plan économique, l’Union se trouve confrontée à des défis significatifs, comme une possible flambée des coûts énergétiques résultant de la crise, à des perturbations notables dans les chaînes d’approvisionnement, et à une volatilité accrue sur les marchés financiers régionaux, qui se montre particulièrement préoccupante. Ces divers facteurs risquent de fragiliser la stabilité macroéconomique de l’ensemble de la région, contraignant ainsi les gouvernements à envisager des ajustements rapides et parfois douloureux des politiques budgétaires et monétaires en place.
Sur le plan social, l’escalade militaire engendrée par le conflit pourrait entraîner une inflation importée, ajoutant ainsi des pressions considérables sur le pouvoir d’achat des ménages déjà éprouvés par la situation économique actuelle. Cette conjoncture difficile menace non seulement de déséquilibrer les finances publiques des États, mais également de compliquer gravement la mise en œuvre des programmes sociaux cruciaux, qui sont spécifiquement destinés à protéger les populations les plus vulnérables et à garantir leur bien-être dans un contexte de grande incertitude économique.
Au plan géopolitique, la crise actuelle met en lumière l’urgence cruciale pour l’Union de renforcer sa coopération régionale tout en consolidant ses partenariats internationaux. Cette démarche stratégique est non seulement importante mais semble également indispensable pour amortir les chocs externes qui pourraient menacer la stabilité des Etats membres.
En effet, il est vital d’assurer une résilience collective robuste face aux turbulences et incertitudes que le monde contemporain nous impose, notamment avec des défis tels que les crises économiques, les migrations massives, ou encore les menaces environnementales. La mise en place de ce comité, qui représente une initiative significative, traduit la volonté indéniable de l’UEMOA de ne pas subir passivement les secousses auxquelles le monde moderne est confronté.
Notons que cette action illustre une approche proactive et préventive, fortement axée sur la promotion de la résilience et de la transparence au sein de l’Union. Par ce biais, l’organisation cherche non seulement à préserver la stabilité économique mais également à garantir la cohésion sociale parmi ses membres, ce qui est essentiel pour un développement durable et harmonieux dans la région.
Mariam KONE

