Au Cameroun, les investissements américains sont freinés par des obstacles numériques

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(CROISSANCE AFRIQUE)- Au Cameroun, le développement du marché numérique camerounais continue de faire face à des contraintes significatives, notamment en matière d’infrastructures, de cybersécurité et de financement.

 Ces défis ont été mis en lumière lors du Forum sur le climat des affaires, qui s’est tenu le mercredi 26 août à Yaoundé, organisé par l’American Chamber of Commerce (AmCham) Cameroun. Cet événement a eu lieu à la veille du premier Dialogue économique et commercial entre le Cameroun et les États-Unis, soulignant l’importance croissante des relations économiques bilatérales. 

Dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC), les discussions ont particulièrement souligné l’importance cruciale de l’énergie et de la connectivité. Ces deux éléments sont perçus comme des conditions essentielles pour attirer un plus grand nombre d’investissements numériques dans le pays, permettant ainsi de dynamiser l’écosystème numérique. Les participants au forum ont également noté un manque de projets suffisamment structurés, capables d’absorber des financements conséquents, ce qui limite le potentiel de croissance du marché. 

Selon les données présentées durant le forum, le Cameroun dispose de plus de 10 millions de comptes Mobile Money, avec un volume de transactions dépassant les 5 milliards de dollars. Cette utilisation significative des services financiers numériques témoigne d’un intérêt croissant pour les solutions innovantes dans le pays. Cependant, cette dynamique positive ne s’accompagne pas encore d’une infrastructure robuste et d’un cadre réglementaire adéquat pour garantir la sécurité des transactions et la protection des données des utilisateurs. Les enjeux de cybersécurité demeurent cruciaux, car ils représentent un frein potentiel à l’adoption généralisée des services numériques. Les acteurs du marché doivent donc collaborer pour surmonter ces obstacles et créer un environnement propice à l’essor du numérique au Cameroun.

Selon les éléments présentés au forum, une licence télécom complète pourrait représenter plus de 800 milliards de FCFA, soit environ 1,4 milliard de dollars. Ce chiffre impressionnant a suscité des discussions animées parmi les participants, qui ont mis en avant les implications économiques et sociales d’un tel investissement. Les intervenants ont également souligné que le modèle de Starlink, qui peut fonctionner avec une équipe locale réduite, pose la question cruciale de son impact sur l’emploi local et sur les investissements réalisés par les opérateurs télécoms traditionnels. Cette dynamique soulève des inquiétudes quant à la pérennité des emplois dans le secteur, alors que les entreprises locales pourraient être confrontées à une concurrence accrue de la part de géants technologiques capables d’opérer avec moins de ressources humaines.

La sécurité des infrastructures constitue un autre point de vigilance majeur. Les participants ont estimé que les secteurs de l’énergie, des transports, des télécommunications et de la finance doivent disposer d’exigences minimales de cybersécurité pour renforcer leur résilience face aux menaces croissantes. Cette nécessité de protection est d’autant plus pressante dans un contexte où les cyberattaques deviennent de plus en plus sophistiquées et fréquentes, mettant en péril non seulement les données sensibles des entreprises, mais aussi la confiance des investisseurs et des consommateurs. La mise en place de protocoles de sécurité robustes est donc essentielle pour garantir la continuité des services et la protection des informations critiques.

Cette préoccupation intervient alors que le Cameroun est entré dans une nouvelle phase de son cadre de protection des données personnelles. La loi n°2024/017 du 23 décembre 2024, qui est entrée en vigueur le 23 juin 2026, introduit de nouvelles obligations pour les acteurs qui collectent, traitent ou stockent des données personnelles. Ces mesures visent à renforcer la protection des droits des citoyens et à assurer une gestion responsable des données, tout en favorisant un environnement numérique sécurisé. 

Notons que les entreprises doivent désormais s’adapter à ces nouvelles régulations, ce qui pourrait également influencer leurs stratégies d’investissement et d’innovation dans un marché en constante évolution.

Korotoumou Sylla 

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Croissance Afrique (sarl) est un Média multi-support qui propose plusieurs rubriques axées sur l’actualité économique du continent. Le magazine est un journal (en ligne dont un mensuel disponible dans les kiosques à journaux) qui traite spécialement les informations financières dédiées à l’Afrique. Il est également le premier média malien spécialisé dans la production d’Informations Économiques, financières, Stratégiques, et orienté vers le reste du monde. Le Magazine a été fondé en Novembre 2017 à Bamako.

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