COMMUNIQUE DU GOUVERNEMENT SUITE A L’ATTAQUE DU POSTE DES FAMa DE SOKOLO
Le Gouvernement de la République du Mali informe l’opinion publique nationale et internationale que le poste des Forces Armées Maliennes (FAMa) de Sokolo, dans la région de Ségou a fait l’objet d’une attaque terroriste, ce dimanche 26 janvier 2020 aux environs de 06 heures.
Le bilan provisoire de cette attaque lâche est d’une vingtaine de morts, des blessés et des dégâts matériels importants .
Le gouvernement rappelle que des renforts ont été dépêchés sur place et une reconnaissance aérienne est en cours dans la zone pour traquer les assaillants.
Le gouvernement du Mali condamne énergiquement cette attaque, s’incline sur la mémoire de ces dignes fils tombés sur le champ de l’honneur, souhaite prompt rétablissement aux blessés.
Le gouvernement du Mali exprime toute sa solidarité et ses encouragements aux Forces de défense et de sécurité dans leur mission sacrée de défense de l’intégrité territoriale et de protection des populations.
Bamako, le 26 janvier 2020
Le Ministre de la Communication,
Chargé des Relations avec les Institutions,
Porte-parole du Gouvernement,
« Je remercie les filles et fils du Mali de la commune 4 en particulier ceux qui ont souhaité ma candidature aux élections législatives 2020 dans ma commune de part mes réalisations , ma constance dans ce que je fais au service de mon quartier et de ma commune.
Ceux-ci étant je tiens à vous préciser que je ne suis pas candidat ,je n’ai même pas postulé car les valeurs et qualités qui sont miennes sont suffisamment présentent en ceux-là que nous avions choisi. Je reste fidèle au parti , très serein et patient car l’avenir le meilleur attend ce parti YELEMA Le Changement. Je me deploierai partout dans mon quartier et commune pour faire élire nos choix car ils sont valables, patriotes, engagés et travailleur.
Notre engagement, notre dévouement, notre amour pour le Mali et la commune 4 nous ferons briller un jour très proche inchallah. La politique sur la base du mérite, banir l’argent pour briguer les postes électifs ,vivre pour le Mali pour la victoire très prochaine. Inchallah
M.Mody sidibé maire signataire à la maore de Sebenikoro Sibiribougou
(Ecofin Hebdo) – Si sa part dans la production énergétique africaine est restée marginale au cours des vingt dernières années, le gaz naturel liquéfié (GNL) devrait connaître un essor considérable sur le continent au cours de la décennie qui s’ouvre. La capacité de production sera décuplée, de nouveaux acteurs feront leur entrée en jeu, mais surtout, le visage de la production énergétique en Afrique, essentiellement marquée par l’offre pétrolière, subira une profonde mutation.
Le GNL : une chance pour l’Afrique
Le gaz naturel liquéfié se présente désormais comme une opportunité en or pour l’Afrique, car la demande globale va exploser dans les prochaines années, notamment en Asie. Ailleurs dans le monde, la volonté des Etats de consommer moins d’énergies fossiles pour limiter les rejets de gaz à effet de serre a permis de se tourner progressivement vers le gaz, plus propre et plus abordable.
Le Cameroun est l’un des pays africains qui parient sur le GNL.
Il faut dire que sa transformation en combustible liquide est venue révolutionner le mode traditionnel de commerce du gaz via pipelines et multiplier les options, tant pour les acheteurs que pour les producteurs. Les acheteurs ne sont plus obligés d’acheter le combustible à terme et peuvent changer de fournisseur au gré de leurs intérêts.
Selon la Chambre africaine de l’énergie (CAE), l’Afrique subsaharienne représentait 9,1 % des exportations mondiales de GNL en 2018. Au total, quatre unités de production assurent ces chiffres : Nigeria LNG avec 22 Mtpa (millions de tonnes par an), Angola LNG avec 5,2 Mtpa, le Hilli Episeyo FLNG au Cameroun avec 2,4 Mtpa et la Guinée équatoriale qui a une unité de 3,7 Mtpa.
La demande globale de GNL devrait passer de 245 Mtpa en 2015 à 375 Mpta en 2020 et à 470 Mtpa en 2030. L’Asie, à elle seule, devrait en absorber plus de 70%. Ces prévisions offrent une marge de manœuvre intéressante pour l’Afrique.
« Ces volumes sont suffisants pour fournir les deux tiers de l’approvisionnement mondial actuel pendant environ 20 ans […] Actuellement, l’Afrique subsaharienne a la capacité de produire 34 millions de tonnes de GNL par an.»
Dans ses perspectives énergétiques publiées en novembre, la CAE a indiqué qu’au cours de la dernière décennie, les découvertes au Mozambique, en Tanzanie, au Sénégal et en Mauritanie ont permis de répertorier d’immenses réserves de gaz naturel sur le continent.
« Ces volumes sont suffisants pour fournir les deux tiers de l’approvisionnement mondial actuel pendant environ 20 ans […] Actuellement, l’Afrique subsaharienne a la capacité de produire 34 millions de tonnes de GNL par an », a laissé entendre la Chambre.
Et, faut-il le reconnaître, les pays africains nantis de réserves gazières travaillent à arracher leur part du gâteau.
Un secteur en pleine ébullition
Fin décembre, Nigeria LNG, le seul producteur de GNL du Nigeria, a annoncé la prise de la décision finale d’investissement relative à son septième train de liquéfaction. Cette unité portera la capacité de production du consortium composé, entre autres, de Chevron, Total et de la société d’Etat du pétrole (NNPC) de 22 à 30 Mtpa. Au total, l’investissement nécessaire à sa mise en œuvre sera de 10 milliards de dollars. Ce nouveau train entrera en production en 2024.
Toutefois, l’amélioration de la capacité de production devrait se poursuivre au cours de la décennie, à en croire Dr Osobonye LongJohn, le président du Conseil d’administration de la société. « Nous allons construire plus de trains et augmenter la capacité de GNL du Nigeria pour égaler celle de nos pairs dans le monde entier », a commenté le responsable, après la prise de la décision.
« Nous allons construire plus de trains et augmenter la capacité de GNL du Nigeria pour égaler celle de nos pairs dans le monde entier.»
Le pays est le premier producteur africain de GNL mais un bon nombre d’autres pays, sur le continent, développent des projets de monétisation de leur gaz, qui les placeront, avant la fin de la décennie, dans une position de concurrents sérieux vis-à-vis du Nigeria.
Le gaz naturel liquéfié représente une opportunité en or pour l’Afrique.
Au nombre de ceux-ci, on compte le Mozambique qui lancera d’ici 2024 deux projets de liquéfaction. Il s’agit en premier lieu de Mozambique LNG piloté par Total et qui nécessitera un investissement de 15 milliards de dollars pour une capacité de production de 12,88 Mtpa, extensible à 50. Le second projet est contrôlé par un consortium composé d’Exxon-Eni-CNPC qui, avec une participation de 70%, détient le statut d’opérateur. Galp, KOGAS et ENH possèdent chacun un intérêt de 10%. Cette installation produira 3,4 Mtpa de GNL. Un niveau de production qui va très vite grimper.
« Ces projets permettront au Mozambique d’atteindre une capacité d’exportation de GNL de 30 Mtpa, d’ici 2025, avec un investissement total de plus de 50 milliards de dollars », a indiqué la CAE.
« Ces projets permettront au Mozambique d’atteindre une capacité d’exportation de GNL de 30 Mtpa, d’ici 2025, avec un investissement total de plus de 50 milliards de dollars », a indiqué la CAE.
Au Sénégal et en Mauritanie, BP et Kosmos ont sanctionné le projet Tortue FLNG en décembre 2018, moins de quatre ans après la découverte de plusieurs gisements de gaz naturel de part et d’autre de la frontière maritime des deux pays. La phase initiale du développement de ces ressources via des installations de liquéfaction, comprendra la mise en place d’une installation de 2,5 Mtpa. Elle entrera en service en 2023 et la capacité globale de production devrait grimper à 10 Mtpa avant la fin de la décennie.
En Ethiopie, un projet flottant de liquéfaction devrait entrer en service courant 2020 ou début 2021. En Tanzanie, pays déjà producteur de gaz naturel pour le compte du marché interne, les négociations se poursuivent, en ce qui concerne la construction de l’usine de liquéfaction de gaz naturel de Lindi. La mise en œuvre de cette installation, qui aura une capacité de 10 Mtpa, stagne en raison de divergences, concernant les taxes notamment. Récemment, le ministre tanzanien de l’Energie, Medard Kalemani, a déclaré que les pourparlers avancent et que de nouvelles mises à jour seront bientôt publiées à ce propos. Le projet tanzanien de GNL sera le plus efficace au monde, en matière d’émissions de carbone, car le gaz à monétiser est doté de l’intensité en carbone la plus faible de l’ensemble du portefeuille mondial de GNL en activité actuellement.
« La Tanzanie a un énorme potentiel de ressources avec quelque 50 tcf de gaz découvert au large des côtes du pays par des majors comme Exxon, Shell et Equinor, mais la mauvaise gestion politique a ralenti le développement de ces projets », a regretté la CAE.
Un réel besoin sur le continent
Si au cours de cette nouvelle décennie, de nouvelles unités de production entreront en service et feront gagner davantage de parts de marché aux pays africains, le marché local exprime de plus en plus un réel besoin pour le gaz naturel liquéfié, notamment pour la consommation électrique. Le GNL s’est, en fait, révélé être un combustible plus propre que les combustibles traditionnels (charbon, pétrole, etc.) et aussi plus abordable. Ainsi, le GNL pourrait constituer une alternative sérieuse face aux difficultés auxquelles font face les pays africains pour produire de l’électricité. Ces cinq dernières années, plusieurs pays de la région ont mis au point des plans pour accroitre leurs capacités de production d’électricité à partir du GNL. C’est le cas de la Côte d’Ivoire, du Togo, du Bénin, du Burkina-Faso, du Ghana, le Sénégal, la Guinée Equatoriale ou encore l’Egypte.
Ces cinq dernières années, plusieurs pays de la région ont mis au point des plans pour accroitre leurs capacités de production d’électricité à partir du GNL. C’est le cas de la Côte d’Ivoire, du Togo, du Bénin, du Burkina-Faso, du Ghana, le Sénégal, la Guinée Equatoriale ou encore l’Egypte.
En Côte d’Ivoire, le projet qui consiste en l’importation et la regazéification du GNL, avant son introduction dans les centrales, est actuellement au point mort. Initialement prévu pour entrer en production en 2017, le projet a été confié par le gouvernement au consortium CI-GNL composé de Total, l’opérateur qui possède 34% des parts du projet, de l’Azerbaïdjanais SOCAR (26%), de Shell (13%), de Petroci, la société pétrolière d’Etat (11%), de Golar (6%), de CI Energies et d’Endeavour Energy avec chacun 5%.
Malabo travaille à remettre en selle le projet Fortuna FLNG.
Le Togo, le Burkina et le Ghana envisagent d’importer le GNL de Guinée Equatoriale dans le cadre du projet LNG2Africa initié par le gouvernement équato-guinéen. Le GNL devrait, en amont, être produit par le projet Fortuna FLNG dont la mise en œuvre a échoué l’année dernière. Malabo travaille actuellement à la remettre en selle.
Le Togo, le Burkina et le Ghana envisagent d’importer le GNL de Guinée Equatoriale dans le cadre du projet LNG2Africa initié par le gouvernement équato-guinéen.
Au Bénin, une unité d’importation et de regazéification (FSRU) de GNL sera installée en 2021 et opérée par la société française Total. Elle aura une capacité de production de 500 000 tonnes par an. Selon les termes de l’accord, Total construira et exploitera l’usine qui sera située au large, pendant une durée de 15 ans. Le FSRU fournira le GNL transformé en gaz via un gazoduc, à la centrale thermique de Maria Gléta (120 MW) qui, jusqu’à présent, fonctionne au fioul. Il faut souligner que l’utilisation du fioul pour les centrales thermiques est jugée plus onéreuse que celle du gaz naturel. Les économies peuvent atteindre plus de 20 %, selon les cours du marché.
Le Sénégal quant à lui, va installer une unité de production offshore d’électricité via selon la technologie LNG-to-powership. L’usine flottante bénéficiera du GNL qui sera produit à partir de 2023 et aura une capacité de 235 MW. Les 235 MW de capacité électrique que produira la centrale flottante viendront satisfaire 15 % de la demande électrique du Sénégal.
(Ecofin Hebdo) – De nombreuses analyses concordent pour affirmer que le commerce en ligne peut devenir un véritable levier de croissance pour l’Afrique de demain. Au cours des prochaines années, il devrait créer des millions d’emplois qui permettront de réduire l’écart entre le nombre important d’individus entrant sur le marché du travail chaque année et le volume d’emplois créés.
D’après le cabinet Boston Consulting Group (BCG), les plateformes de commerce en ligne pourraient créer 3 millions de nouveaux emplois en Afrique, d’ici 2025. Cela implique que les plateformes d’e-commerce permettront de créer un emploi pour 150 Africains au chômage ou un emploi pour 15 chômeurs âgés de 15 à 24 ans.
3 millions de nouveaux emplois à la clé.
D’après l’institution, 100 000 emplois seront directement créés en faveur des travailleurs tels que les développeurs de plateformes et le personnel d’exploitation ou de marketing, tandis que les emplois indirects – en faveur des commerçants, des commis à la logistique, des conducteurs de véhicules, du personnel hôtelier et des aides ménagères – atteindront la barre du million. 1,8 million d’emplois supplémentaires seront « induits » ou créés par l’activité économique supplémentaire liée aux plateformes de commerce en ligne.
1,8 million d’emplois supplémentaires seront « induits » ou créés par l’activité économique supplémentaire liée aux plateformes de commerce en ligne.
58% des nouveaux emplois créés par le commerce en ligne devraient concerner les biens de consommation. 18% de ces emplois concerneront les services tandis que 9% concerneront le secteur des voyages et de l’accueil. « Ces entreprises pourraient également stimuler les économies africaines, en augmentant l’offre de biens et de services, en rendant les actifs plus productifs et en débloquant la nouvelle demande dans les régions éloignées, ce qui stimulera les dépenses de consommation », ajoute BCG.
Des perspectives favorables pour les revenus
Selon un rapport de la plateforme de données statistiques, Statista, le commerce électronique a généré des revenus de 16,5 milliards de dollars en 2017 sur le continent africain. D’ici 2022, le revenu produit par le secteur devrait atteindre 29 milliards de dollars US. Le cabinet McKinsey va même plus loin, en tablant sur un chiffre d’affaires de 75 milliards $ pour le secteur, d’ici 2025. D’après l’institution, le commerce électronique pourrait occuper 10% des ventes de détail dans les plus grandes économies d’Afrique, d’ici les six prochaines années.
Le cabinet McKinsey va même plus loin, en tablant sur un chiffre d’affaires de 75 milliards $ pour le secteur, d’ici 2025.
Ces perspectives intéressantes ont d’ailleurs poussé de nombreux géants mondiaux du commerce électronique, tels que le chinois Alibaba, à tourner leur attention vers le continent africain. L’entreprise a d’ailleurs commencé à mettre en œuvre des projets d’e-commerce, notamment au Rwanda où les producteurs de café peuvent vendre depuis 2018 leurs produits aux consommateurs chinois, à travers la plateforme alibaba.com et la chaîne de grande distribution du groupe, Hema Xiansheng.
La start-up Jumia est déjà valorisée à plus de 1 milliard $
Les succès de la plateforme leader du commerce en ligne en Afrique, Jumia, première licorne africaine (surnom réservé aux start-up valorisées à plus de 1 milliard $), ont également permis au secteur africain du commerce en ligne d’espérer vivre de futurs beaux jours. En mars, l’entreprise est devenue la première tech africaine cotée à la bourse de New York. A elle seule, l’entité qui opère dans 14 pays africains emploie 80 000 vendeurs, pour un chiffre d’affaires estimé à plus de 103 millions $, en 2017, en hausse de 11% par rapport à l’année précédente.
Des obstacles persistants
Le commerce en ligne en Afrique est aujourd’hui soumis à des contraintes qui empêchent son développement sur le continent. Parmi celles-ci figure, en première position, le déficit d’infrastructures.
Malgré une croissance spectaculaire au cours de la dernière décennie, seulement 20 % environ de la population de l’Afrique subsaharienne est connectée à Internet. De ce fait, la grande majorité des consommateurs africains est incapable de faire des achats en ligne sur Internet ou d’effectuer des paiements électroniques.
Les difficultés de logistique limitent le développement du e-commerce africain.
Même lorsque des commandes en ligne sont passées, l’insuffisance des liaisons routières et ferroviaires entre les villes et l’isolement de certaines populations rurales, rendent très difficile l’acheminement fiable des biens aux consommateurs, en particulier sur le dernier kilomètre jusqu’au domicile des acheteurs. A ceci s’ajoute la mauvaise coordination des réseaux de distribution. D’après le cabinet BCG, certaines places de marché rapportent qu’entre 30 et 40 % des produits commandés sont retournés parce que les services de livraison ne trouvent pas la destination.
D’après le cabinet BCG, certaines places de marché rapportent qu’entre 30 et 40 % des produits commandés sont retournés parce que les services de livraison ne trouvent pas la destination.
Le manque de clarté des réglementations étatiques en matière de commerce en ligne contribue également à ralentir sa progression sur le continent.
Afrimarket n’a pas pu lever des fonds pour poursuivre son développement.
Dans de nombreux pays africains, le cadre juridique du commerce électronique n’en est qu’à ses balbutiements et des lignes directrices en matière de protection des données, de protection des consommateurs, de protection de la vie privée et des paiements en ligne tardent à être mises en place. « Par conséquent, de nombreux consommateurs se méfient des systèmes de transaction en ligne, craignant la fraude ou un détournement de leurs données à des fins malveillantes », expliquent les experts de BCG.
Obtenir un financement pour se lancer dans l’e-commerce en Afrique peut s’avérer très difficile. De plus, on observe une forte polarisation du marché africain en matière de financements accordés aux start-up souhaitant se lancer dans le domaine du commerce électronique. Selon l’Association mondiale des agences de promotion de l’investissement (WAIPA), 90% des fonds collectés pour le commerce électronique en Afrique sont concentrés dans seulement cinq pays (Egypte, Kenya, Maroc, Nigeria et Afrique du Sud).
90% des fonds collectés pour le commerce électronique en Afrique sont concentrés dans seulement cinq pays (Egypte, Kenya, Maroc, Nigeria et Afrique du Sud).
D’ailleurs, pour les entreprises qui réussissent malgré ces obstacles, atteindre un seuil de rentabilité pour réaliser des profits conséquents constitue un autre défi, parfois en raison de l’étroitesse du marché. Il y a quelques semaines, la marque Yaatoo, fleuron de l’e-commerce en Côte d’Ivoire depuis 2016, annonçait qu’elle fermerait ses portes, faute d’investissements.
Yaatoo, fleuron de l’e-commerce en Côte d’Ivoire a jeté l’éponge.
Une annonce qui a coïncidé avec la mise en liquidation de la start-up d’e-commerce Afrimarket qui n’a pas pu lever des fonds pour poursuivre son développement sur le continent africain.
Même l’entreprise Jumia, surnommée « l’Alibaba africain » connaît certaines difficultés. En sept années d’activité, le géant africain de l’e-commerce n’a toujours pas atteint le seuil de rentabilité, malgré l’optimisme de ses dirigeants.
Profiter des atouts du continent
Aujourd’hui, l’e-commerce représente seulement 0,6 % des ventes de détail en Afrique, contre 12 % aux Etats-Unis et 20 % en Chine. Pourtant, les experts s’accordent tous à le dire, l’Afrique a le potentiel pour faire de l’e-commerce un véritable pourvoyeur d’emplois. Ceci, compte tenu d’un secteur de la distribution physique sous-développé et de la croissance exponentielle du marché du mobile. Une véritable opportunité de diversification des secteurs d’investissements, sur un continent où la population en âge de travailler devrait atteindre le milliard d’individus, d’ici, 2030, contre 705 millions en 2018, d’après la BAD.
Aujourd’hui, l’e-commerce représente seulement 0,6 % des ventes de détail en Afrique, contre 12 % aux Etats-Unis et 20 % en Chine.
L’essor du « mobile money », qui vient compenser le faible taux de bancarisation du continent, représente d’ailleurs un atout dont pourraient se servir les entreprises de commerce en ligne, qui exigent encore pour certains, l’usage de cartes bancaires ou de solutions électroniques telles que Paypal pour effectuer un paiement.
On estime que l’écosystème mobile a fourni, rien qu’en 2018, près de 3,5 millions d’emplois (directs et indirects). Des politiques publiques adéquates, couplées à des partenariats efficaces avec le secteur privé, pourraient permettre au commerce en ligne de bénéficier de la croissance prévue pour l’industrie de l’internet et de la téléphonie mobile en Afrique.
Agencéecofin) un flop, une déception, un échec, une occasion ratée, les observateurs du monde entier s’accordent à dire que la COP 25 organisée à Madrid en décembre dernier n’a tenu aucune de ses promesses. La conférence, la plus longue de l’histoire, avec une prolongation de 48 heures de sa durée normale, a accouché d’un accord très peu ambitieux. Pas très étonnant pour un événement dont le pays organisateur a été changé pour la deuxième fois, seulement un mois avant sa tenue.
Entretien avec Seyni Nafo, le porte-parole du groupe de négociation de l’Afrique à la conférence sur le climat et le coordonnateur de l’Initiative africaine sur l’adaptation.
Agence Ecofin : Pourquoi la COP 25 a-t-elle été qualifiée par tous de grande déception ?
Seyni Nafo : A la COP 25, nous attendions comme résultat la finalisation des règles, du cadre de mise en œuvre du marché carbone. Un point devait déjà être finalisé à la COP 24. Un certain nombre d’autres résultats assez techniques étaient attendus, mais l’élément le plus politique, celui qui générait une grande attente, du secteur privé notamment, était relatif au marché carbone.
« L’élément le plus politique, celui qui générait une grande attente, du secteur privé notamment, était relatif au marché carbone.»
Nous ne sommes pas arrivés à un accord sur ce point et c’est cela la grande déception. L’accord de Paris est entré en vigueur un an après son adoption. En 2020, les parties devront rehausser leurs ambitions en termes de réduction des émissions et d’adaptation. Mais à Madrid, on n’a pas senti cette envie-là.
« En 2020, les parties devront rehausser leurs ambitions. »
Il faut reconnaître que l’environnement géopolitique a évolué et a affecté le cours des travaux avec le retrait des Etats Unis, et les élections qui avaient lieu en Angleterre, pendant la COP. Cependant, nous avons bien avancé. Les positions des uns et des autres sont très claires.
AE : Quel a été l’impact de ce résultat mitigé sur l’Afrique ?
SN : Sur la question du financement pour l’adaptation par exemple, les pays en développement, l’Afrique en tête, ont demandé que nous ayons un rapport sur l’état de mobilisation. L’engagement a été pris, en 2010, d’atteindre 100 milliards $ de mobilisation financière par an, d’ici à 2020. Nous avons demandé qu’un mandat soit donné au groupe d’experts des Nations unies sur la finance climat pour produire un rapport sur cette question-là. Nous n’avons pas pu avoir ce mandat parce que les pays développés n’ont pas donné leur accord.
« Nous avons eu l’impression qu’à Madrid, les pays développés ne voulaient pas discuter sérieusement des questions financières et encore moins d’adaptation qui sont, pour nous, les plus importantes. »
Nous avons également demandé qu’un travail préliminaire soit fait en matière de scénario, de montant et de besoins de financement après 2020. Il y a en effet une nouvelle négociation qui a démarré et qui doit aboutir à la mise en place d’une nouvelle cible de financement après celle de 2020. Nous n’avons pas non plus obtenu ce mandat.
Nous avons eu l’impression qu’à Madrid, les pays développés ne voulaient pas discuter sérieusement des questions financières et encore moins d’adaptation qui sont, pour nous, les plus importantes. Les pays développés, qui sont généralement assez solidaires, ne sont pas arrivés non plus à concilier leurs positions.
AE : Quelles ont été les raisons de l’échec de la COP 25 ?
SN : Il y a plusieurs raisons qui sous-tendent ce résultat. Déjà, le pays organisateur a changé deux fois. L’Espagne doit être félicitée pour avoir organisé un tel événement en moins d’un mois. Sur le plan logistique, cela a été une prouesse. Le désistement du Chili peut être compréhensible avec la situation politique qu’elle a eue. Le gouvernement a été remanié à peine deux mois avant la COP et les choses se sont encore compliquées un mois avant la tenue de la conférence.
Or, avant d’arriver à la COP, il y a tout un travail diplomatique de haut niveau, aussi bien politique que technique que fait le pays organisateur. Il met en place une équipe à l’interne qui identifie les questions clés, prend les positions, les lignes rouges des uns et des autres afin de déterminer comment arriver à un consensus. Cela se fait au moyen de séries de réunions formelles et informelles et même de déplacements dans les pays. Toutes ces démarches sont faites par le pays organisateur pour s’assurer qu’au moment de l’accord, une décision émerge. Si ce travail n’a pas été fait en amont, il est très difficile qu’à la COP, surtout pour des questions qui sont importantes, on trouve un consensus.
Le retrait américain n’a pas non plus facilité les choses. Les Américains sont maintenant de facto en dehors de la COP, ils le seront de jure le 3 novembre prochain. Cependant, bien que le ministre américain des Affaires étrangères ait formellement notifié ce retrait au Secrétariat des Nations unies, le pays faisait toujours partie des négociations et il n’a pas été très constructif.
AE : Avec une telle atmosphère, peut-on s’attendre à un résultat différent en 2020 ?
SN : La délégation anglaise a confirmé son intérêt d’avoir une COP ambitieuse sur l’adaptation et sur le financement. C’est pour ça que la présidence anglaise commence des négociations informelles, 11 mois à l’avance.
2020 : « La délégation anglaise a confirmé son intérêt d’avoir une COP ambitieuse »
Dès le 20 janvier 2020, les négociations redémarrent en Angleterre parce que la COP 26 se tiendra cette année à Glasgow. La présidence anglaise de la COP qui n’est pas encore formelle démarre déjà des rencontres pour s’assurer que cette année, nous parviendrons à un accord satisfaisant.
AE : Quelles ont été les réalisations en faveur de la lutte contre le changement climatique depuis la COP 21 ?
SN : Depuis la COP 21, nous avons reconstitué le budget du Fonds vert pour le climat. Il avait été constitué à hauteur de 10 milliards $ en 2014, il a été reconstitué à peu près au même niveau pour les 4 prochaines années. L’initiative africaine sur les énergies renouvelables qui avait été lancée à la COP 21, avec le soutien du G7, progresse bien. L’objectif qui était de permettre la mise en place de 10 GW de centrales est presque atteint. Les chefs d’Etat africains ont lancé d’autres initiatives. On note, de façon générale, une montée en puissance des questions climatiques au sein de l’Union africaine. Une réunion du comité des chefs d’Etat africains sur le climat se tient maintenant tous les ans.
Ils ont lancé six initiatives depuis Paris sur trois thématiques que sont : l’adaptation, l’agriculture, les énergies renouvelables. Nous avons également trois initiatives régionales : Sahel, Bassin du Congo, Etats insulaires sur ces questions.
« Presque 100 % des pays africains ont désormais un plan de lutte contre le changement climatique ; 50 ont présenté leur contribution à l’ONU et 47 ont ratifié l’Accord de Paris. »
Au niveau africain, il y a une prise de conscience au plus haut niveau sur l’importance stratégique du climat et son impact sur la question de développement. Presque 100 % des pays africains ont désormais un plan de lutte contre le changement climatique ; 50 ont présenté leur contribution à l’ONU et 47 ont ratifié l’Accord de Paris.
AE : Après cela, quelle est la prochaine étape pour le continent ?
SN : Il y a un début de financement bien sûr, mais il n’est pas encore adéquat vis-à-vis des besoins, de la réalité des impacts des catastrophes liées au réchauffement climatique.
« Nous sommes dans une phase où il faut passer aux plans d’investissements.»
Aujourd’hui, il faut lancer la phase 2 qui est une phase d’accélération à grande échelle de l’action climatique. C’est dans cette dynamique que nous sommes.
« Aujourd’hui, il faut lancer la phase 2 qui est une phase d’accélération à grande échelle de l’action climatique. C’est dans cette dynamique que nous sommes. »
Nous sommes dans une phase où il faut passer aux plans d’investissements. Nous devons les structurer grâce à un mixage des investissements publics et privés, nationaux et internationaux. C’est ainsi que nous atteindrons les niveaux d’investissements nécessaires pour faire face aux défis.
Cela a déjà commencé. Le Gabon qui vient de prendre la tête du groupe des négociateurs africains s’est fixé pour objectif la transformation des actions en investissements sur le terrain. La décennie 2020-2030 est vraiment celle où nous devons transformer la trajectoire, intégrer le climat à la question du développement et des ressources.
AE : Certains pensaient qu’avec le retrait des Etats-Unis, la Chine prendrait la tête de la lutte contre le réchauffement climatique. Cette option, est-elle toujours ouverte ?
SN : La Chine reste égale à elle-même, en ce qui concerne l’action climatique. Elle a son plan d’action, son chronogramme qu’elle met en œuvre. Son objectif est d’atteindre son pic d’émission au plus tard en 2025 et d’entamer un mouvement de réduction de ces émissions. Aujourd’hui, elle est le numéro 1 sur les énergies renouvelables dont elle est le leader en matière d’investissements.
« La Chine tient ses engagements alors que les Etats-Unis sont partis. Il est donc difficile de leur demander de faire plus d’efforts, et quand cela arrive, ils nous redirigent gentiment vers les Etats-Unis.»
Mais elle considère qu’elle est un pays en voie de développement et que ces négociations sont entre pays en développement et pays développés [sic]
Et elle se sent un peu flouée. Elle a fait beaucoup de concessions à Paris sous la pression américaine. La Chine tient ses engagements alors que les Etats-Unis sont partis. Il est donc difficile de leur demander de faire plus d’efforts, et quand cela arrive, ils nous redirigent gentiment vers les Etats-Unis. En outre, contrairement aux autres pays en développement, la Chine ne reçoit pas de financement des institutions de Bretton Woods. Elle dit donc : « Si vous voulez qu’on fasse plus d’efforts, il n’y a pas de problème, nous aussi, on veut avoir plus de financements. Qui est disposé à nous en donner ? »
(Ecofin Hebdo) – Westwood Global Energy Group (WGEG), un consultant britannique pour l’ensemble de la chaîne de valeur pétrolière, vient de publier une étude sur le dynamisme du marché de l’exploration pétrolière au terme de l’année écoulée. Des chiffres qui démontrent un intérêt indéfectible des lobbies du secteur pour les énergies fossiles. Un constat d’autant plus surprenant à l’heure où les compagnies pétrolières sont appelées à agir contre le réchauffement climatique et à mettre en oeuvre des politiques efficaces de transition énergétique.
Mardi 14 janvier 2019, à l’occasion d’une conférence de presse qu’il a animée à Paris, Patrick Pouyanné, le PDG de Total, a abordé plusieurs questions au nombre desquelles la transition énergétique et les nouveaux efforts que compte mettre en œuvre la firme qu’il dirige. A ce sujet, le responsable a déclaré : « Le débat est aujourd’hui quand même beaucoup trop manichéen, trop faussé. On pense qu’il y a un monde blanc et noir. Je comprends qu’il y ait des jeunes qui ont envie qu’on agisse, mais c’est un sujet complexe […] Les actionnaires, ce dont ils veulent surtout s’assurer, c’est la durabilité de nos dividendes », avant de rappeler que les énergies fossiles représentent près de 90 % du mix énergétique mondial et que cela ne pourrait disparaître d’un coup de baguette.
Patrick Pouyanné, le PDG de Total, rappelle que les énergies fossiles pèsent aujourd’hui près de 90 % du mix énergétique mondial.
En octobre dernier pourtant, la société réaffirmait son engagement à se réorienter vers une énergie responsable en multipliant par dix sa capacité mondiale de production d’électricité bas carbone, la faisant ainsi passer de 2,7 GW fin 2018 à 25 GW fin 2025.
En octobre dernier pourtant, la société réaffirmait son engagement à se réorienter vers une énergie responsable en multipliant par dix sa capacité mondiale de production d’électricité bas carbone, la faisant ainsi passer de 2,7 GW fin 2018 à 25 GW fin 2025.
Pour WGEG, la passivité des firmes comme Total et les nouveaux chiffres de l’exploration en 2019 montrent que l’appétit pour trouver du pétrole et les énergies fossiles en général ne diminue pas, mais que cela risque d’être pire encore en 2020. Cela remet en question l’engagement des parties prenantes pour une transition énergétique efficace.
Meilleure année pour l’exploration depuis quatre ans
Selon WGEG, le nombre de puits à fort impact à l’échelle mondiale en 2019 était de 91, soit une hausse de 36 % par rapport à 2018. Pour rappel, les puits à fort impact sont les puits ciblant des réserves à plus de 100 millions de barils d’huile et plus de 1 Tcf de gaz naturel.
Les dépenses de forage sont demeurées stables à 3,5 milliards de dollars, car le coût moyen des puits a diminué. Le volume commercial découvert a été le plus élevé depuis 2015, soit environ 13 milliards de barils d’équivalent pétrole (bep). Le taux de succès commercial a, quant à lui, atteint son niveau le plus élevé en 10 ans, soit 32 %, notamment grâce à l’amélioration des techniques de forage. Ce niveau d’activité devrait d’ailleurs se maintenir cette année. Il faut toutefois noter que 77% des réserves découvertes en 2019 étaient du gaz naturel, moins polluant que le pétrole.
Par ailleurs, les deux plus grandes découvertes de pétrole sont situées sur la licence de Stabroek en Guyane qui, avec plus de 6 milliards de barils, est l’une des licences pétrolières les plus prolifiques jamais révélées, ce qui place le pays dans le starting-block des futurs eldorados de l’énergie aux côtés du Sénégal, de la Mauritanie ou encore du Mozambique.
Il faut toutefois noter que 77% des réserves découvertes en 2019 étaient du gaz naturel, moins polluant que le pétrole.
L’année 2019 a également vu l’Europe du Nord-Ouest se propulser en tête du classement des régions avec le plus de forages à fort impact. Malgré un programme de forages de 27 puits, seules deux découvertes à fort impact ont été signalées. Cela correspond à un taux de réussite de 7%.
En Afrique, le forage à impact élevé est resté modéré avec 14 puits exécutés en 2019, mais les taux de réussite commerciale ont affiché 57 % avec plus de 3 milliards de bep découverts, dont environ 80 % de gaz. En Afrique du Sud, une zone pionnière a permis la découverte de l’un des plus gros gisements de condensats de gaz de l’année sur le prospect de Brulpadda. Des découvertes à fort impact ont également été faites dans cinq autres pays : Sénégal, Mauritanie, Nigeria, Angola et Ghana où, pour la première fois, une compagnie africaine a foré en eaux profondes et découvert ce qui se présente aujourd’hui comme la plus grande découverte d’huile du Ghana.
Les choses ne risquent pas de s’améliorer pour la transition énergétique
Selon les estimations de WGEG, l’industrie de l’exploration continuera de repousser ses limites en 2020, tant en eaux profondes que peu profondes. En Afrique, une dizaine de puits à fort impact devraient de nouveau être forés avec potentiellement six tests de zones pétrolières pionnières de la Guinée Bissau, du Kenya, de la Namibie et au large du Gabon. D’ailleurs, Total devrait forer en Angola, dans le bassin du Congo, un puits de pétrole à une profondeur d’eau de plus de 3 400 m, une première
En Afrique, une dizaine de puits à fort impact devraient de nouveau être forés avec potentiellement six tests de zones pétrolières pionnières de la Guinée Bissau, du Kenya, de la Namibie et au large du Gabon.
Les eaux du Brésil représentent aussi une zone à surveiller en 2020, indique le consultant. Au total, l’industrie devrait y tester 6 milliards de barils probables dans des zones pré-salifères situées dans les bassins de Santos et Campos, et le bassin de Ceara.
Brulpadda, Afrique du Sud, un important gisement de condensats de gaz.
Outre cela, plusieurs dizaines de puits moins importants devraient être forés et les campagnes d’exploration, notamment les acquisitions sismiques, devraient se multiplier partout dans le monde en 2020. Elles devraient aboutir à de vastes campagnes de forage, dans les années à venir.
Face à la recrudescence de l’exploration et le constat selon lequel les acteurs du secteur ne sont pas prêts à tourner le dos aux énergies fossiles, la question se pose de l’efficacité des combats menés depuis plusieurs années pour la réussite de la transition énergétique.
Quelle crédibilité accorder aux compagnies pétrolières qui s’engagent à réduire leurs émissions à l’horizon 2025-2030 alors que l’AIE prévoit que, vu les projets en cours, les émissions mondiales de CO2 provenant de la consommation d’énergies fossiles, devraient augmenter après 2040 ?
(Ecofin Hebdo) – En 2018, l’Afrique et le Moyen-Orient ont enregistré la plus forte croissance des investissements dans les énergies renouvelables. D’après l’ONU, cette zone géographique a enregistré un bond de 57% de ses investissements dans les énergies renouvelables, pour un montant total de 15,4 milliards $. Pour l’Afrique, faible émetteur de carbone mais continent le plus touché par le réchauffement climatique, cette croissance traduit une prise de conscience généralisée des gouvernements et des populations, par rapport aux enjeux environnementaux.
Ainsi, ces dernières années, de nombreux projets ont vu le jour sur le continent, sur initiative publique ou privée. Mis en œuvre dans les domaines de la finance, de l’énergie ou de l’agriculture, ces projets visent à accélérer la transition des pays africains vers une économie durable, écoresponsable et à l’abri des impacts environnementaux.
Développer des « banques vertes » africaines
En septembre 2019, la Development Bank of South Africa (DBSA) et le Fonds vert pour le climat (FCV) annonçaient le lancement de la toute première banque verte d’Afrique. Baptisée Climate Finance Facility (CFF), l’institution, première du genre dans un pays en développement est dotée d’un capital de plus de 100 millions $.
(Illustration BOAD)
Basée en Afrique du Sud, l’institution financière dont la création avait été annoncée depuis l’année 2018, a pour objectif de financer les projets portant sur l’adaptation climatique et la protection de l’environnement. Les activités de la CFF couvriront, dans un premier temps, plusieurs pays d’Afrique australe dont l’Afrique du Sud, la Namibie, le Lesotho et Eswatini, avec la possibilité de s’étendre à d’autres pays. Au Rwanda également, le gouvernement a annoncé l’année dernière son intention de créer une banque verte sur le modèle de la CFF, appelée « Rwanda Catalytic Green Investment Bank ».
« Les banques vertes accomplissent cela d’une manière unique, en mélangeant les investissements publics, privés et philanthropiques dans des projets d’énergie propre qui, autrement, auraient du mal à trouver des capitaux.»
Ces projets s’inscrivent dans le cadre d’un mouvement mondial visant à renforcer le rôle des institutions financières dans la lutte contre le changement climatique. « Les fonds publics disponibles pour les investissements dans les projets d’énergie verte sont limités, et les responsables politiques veulent bien sûr maximiser l’impact de chaque dollar d’investissement », a, à cet effet, indiqué Jeffrey Schub, directeur général de la Coalition for Green Capital (CGC), une ONG partenaire du projet de la CFF. Et d’ajouter : « Les banques vertes accomplissent cela d’une manière unique, en mélangeant les investissements publics, privés et philanthropiques dans des projets d’énergie propre qui, autrement, auraient du mal à trouver des capitaux. Les banques vertes peuvent aussi aider à répondre aux besoins des marchés difficiles à atteindre, tels que ceux qui desservent les clients à faible revenu ».
A travers l’octroi de crédits en faveur de projets visant à réduire les effets du changement climatique, la nouvelle banque envisage de stimuler les investissements verts en Afrique, qui restent insuffisants par rapport aux besoins. Ainsi, les décideurs espèrent attirer « cinq dollars d’investissement privé pour chaque dollar directement investi », dans le cadre de la Climate Finance Facility.
Faire du Sahel la plus grande zone de production solaire au monde
L’année dernière, la Banque africaine de développement (BAD) a lancé l’un de ses plus ambitieux programmes dans le secteur des énergies renouvelables : l’initiative « Desert to Power ». Objectif principal, fournir de l’énergie à plus de 250 millions de personnes dans les pays de la zone sahélienne, en utilisant « les sources d’énergie disponible en abondance dans la région ».
Pour ce faire, le projet ambitionne de produire, à terme, plus de 10 000 MW d’énergie électrique grâce au soleil, faisant ainsi du Sahel la plus grande zone de production solaire au monde. 160 millions d’individus devraient être touchés grâces aux réseaux électriques nationaux tandis que 90 millions de personnes auront de l’énergie hors réseau grâce au déploiement prévu des technologies solaires dans tous les pays du Sahel.
Le projet vise à produire, à terme, plus de 10 000 MW d’énergie solaire.
Cinq priorités guideront l’initiative dans sa mise en œuvre. Il s’agit de l’accélération du déploiement de la production solaire ; l’extension et le renforcement du réseau de transport d’électricité ; l’accélération de l’électrification par des solutions hors-réseau ; la revitalisation des sociétés nationales d’électricité ; l’amélioration du climat des affaires pour accroître les investissements du secteur privé.
11 pays africains bénéficieront du programme, à savoir : le Burkina Faso, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Soudan, Djibouti, le Sénégal et le Tchad.
11 pays africains bénéficieront du programme, à savoir : le Burkina Faso, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Soudan, Djibouti, le Sénégal et le Tchad. Ceux-ci bénéficieront d’une assistance technique et de lignes de crédits pour faciliter la distribution de l’énergie électrique aux populations et créer des emplois durables. Grâce à cette initiative dont la seule préparation devrait coûter 140 millions $, la BAD espère accompagner la sécurisation, la stabilisation et le développement d’une zone sahélienne fragile et en proie à toutes sortes de crises. Ce, tout en réduisant l’impact du déficit énergétique que connaissent les économies africaines qui perdent, selon la BAD, 2 à 4% de leur produit intérieur brut (PIB) chaque année, en raison du manque d’électricité.
Développer des parcs éoliens à l’image de Taïba Ndiaye
Début janvier 2020, le Sénégal a inauguré une infrastructure majeure : le parc éolien de Taïba Ndiaye. Située à une centaine de kilomètres au nord de la capitale Dakar, il s’agit de la plus grande centrale éolienne d’Afrique de l’Ouest.
L’Afrique a encore très peu exploité son potentiel éolien.
Le projet, né il y a plus de 10 ans, est également le premier projet d’énergie éolienne à échelle industrielle du Sénégal. 46 éoliennes de plus de 117 mètres de haut devraient ajouter, à partir de juin 2020, 15% d’énergie supplémentaire au réseau électrique du pays. 16 sont entrées en service depuis le mois de décembre 2019, fournissant déjà 40 MW d’énergie électrique pour une capacité totale prévue d’environ 158 MW.
46 éoliennes de plus de 117 mètres de haut devraient ajouter, à partir de juin 2020, 15% d’énergie supplémentaire au réseau électrique du pays.
Le coût total du projet est estimé à plus de 340 millions $. Les travaux de construction, qui ont démarré en janvier 2019, pour une durée prévue de 18 mois, devraient permettre à terme, d’alimenter en énergie plus de 150 000 ménages sénégalais.
Premier d’une série de trois centrales d’une capacité combinée de 484 MW, qui seront implantées dans la région de Thiès, le parc éolien de Taïba Ndiaye s’inscrit dans le cadre du Plan Sénégal Emergent (PSE) du gouvernement, s’étendant sur la période 2014-2023. L’un des objectifs de ce plan de développement est d’augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique, afin de poser les fondations d’une économie plus verte. A cet effet, les autorités avaient déjà inauguré, en 2016, Senergy 2, une centrale solaire de 20 MW à Bokhol, dans le nord du pays.
Reboiser massivement le continent
Alors que le continent africain est victime d’une déforestation massive, le sujet du reboisement est devenu une préoccupation majeure des gouvernements du continent. Une étude publiée dans la revue scientifique Nature Ecology and Evolution a révélé par exemple que les forêts d’Afrique de l’Ouest et de l’Est, où les efforts de conservation ne comblent pas assez les activités de déforestation, ont été considérablement réduites entre les années 1900 et 2017.
A travers une initiative d’impact social, le groupe Most Influential People of African Descent (MIPAD) qui tente de recréer des liens forts entre l’Afrique et sa diaspora espère trouver une solution au problème.
Le projet intitulé « My roots Africa » envisage de planter plus de 200 millions d’arbres à travers l’Afrique, d’ici 2024, et de les attribuer aux membres de la diaspora avant la fin de la Décennie internationale des Nations Unies pour les personnes d’ascendance africaine. Il permettra donc à quiconque, peu importe sa situation géographique, de demander qu’un arbre soit nommé, planté ou offert en Afrique, en son honneur ou en l’honneur d’un proche. « Pour chaque nouvel arbre qui est planté, nous pouvons donner votre nom à celui qui existe déjà. De nombreux membres de la diaspora veulent se rapprocher de l’Afrique et ce programme apporte un lien sentimental et émotionnel profond qui est » maintenant j’ai des racines en Afrique » », a déclaré à CNN Kamil Olufowobi, fondateur et directeur général du MIPAD.
« De nombreux membres de la diaspora veulent se rapprocher de l’Afrique et ce programme apporte un lien sentimental et émotionnel profond qui est » maintenant j’ai des racines en Afrique » »
Ainsi, en juillet 2019, l’Ethiopie a planté plus de 350 millions d’arbres en une journée, selon son propre comptage, établissant ainsi un nouveau record mondial en la matière. Dans le cadre de l’Initiative de restauration des paysages forestiers africains, le gouvernement s’est également joint à plus de 20 autres nations africaines en s’engageant à restaurer 100 millions d’hectares de terres.
En septembre dernier, le président nigérian Muhammadu Buhari annonçait que son pays planterait 25 millions d’arbres, d’ici les prochains mois. Des initiatives qui entrent dans le cadre du projet de la Grande Muraille Verte qui vise à planter des arbres sur 8000 km, sur toute la largeur de l’Afrique, du Sénégal à Djibouti.
Faire émerger une finance climat locale
En 2018, l’Agence française de développement (AFD) a lancé un programme d’envergure appelé « Transformer les systèmes financiers pour le climat ». En partenariat avec le Fonds vert pour le climat (FVC), le programme couvre 17 pays dans le monde, dont 16 uniquement en Afrique (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Egypte, Kenya, Madagascar, Maurice, Maroc, Namibie, Nigeria, Sénégal, Afrique du Sud, Tanzanie, Togo, et Ouganda).
Le programme couvre 17 pays dans le monde, dont 16 uniquement en Afrique (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Egypte, Kenya, Madagascar, Maurice, Maroc, Namibie, Nigeria, Sénégal, Afrique du Sud, Tanzanie, Togo, et Ouganda).
Concrètement, il s’agit d’accompagner la transformation des systèmes financiers locaux pour lutter contre le changement climatique, « en mettant à disposition des pays les ressources concessionnelles du FVC et en capitalisant sur la longue expérience du groupe AFD en matière de finance climat dans les pays du Sud ». 750 millions $ seront à cet effet mobilisés pour la mise en œuvre du projet. Ils serviront à améliorer le financement des institutions financières locales en faveur de la lutte contre le changement climatique. La mise à disposition d’appuis financiers et techniques en faveur des banques et des institutions de microfinance publiques et privées locales permettra de financer des projets portés par des entreprises, des coopératives agricoles ou des ménages et générant de forts bénéfices pour le climat. 40% des financements offerts seront d’ailleurs octroyés aux projets d’adaptation climatique.
En investissant dans des secteurs variés comme les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, la gestion durable des ressources naturelles, ou encore l’agriculture climato-intelligente, cette initiative permettra d’obtenir des retombées, non seulement en matière de lutte contre les changements climatiques mais également en matière de lutte contre la pauvreté et les inégalités.
Des objectifs qui s’inscrivent dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat qui vise, entre autres, à garantir une transformation durable et en profondeur des pratiques des acteurs locaux, en cohérence avec un développement bas carbone et résilient.
Des enfants en train de chasser des criquets de leur champs dans le village kenyan de Larisoro. Le 21 janvier 2020. TONY KARUMBA / AFP
L’Afrique de l’Est connaît actuellement la pire invasion de criquets pèlerins depuis plusieurs décennies. Une invasion dévastatrice qui pourrait s’étendre davantage dans les mois qui viennent et risque de provoquer à terme une crise alimentaire sans précédent.PUBLICITÉ
C’est la conclusion livrée par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation, la FAO, au cours d’une conférence de presse vendredi à Nairobi. Des essaims de criquets dévastent déjà depuis des semaines les champs et les pâturages de l’Ethiopie, de la Somalie et du Kenya.
L’Éthiopie et la Somalie n’avaient pas vu d’essaims de criquets pèlerins d’une telle ampleur depuis 25 ans, et le Kenya n’avait pas eu à affronter une menace acridienne d’une telle force depuis 70 ans, selon la FAO.
Des foyers ont été localisés à Djibouti, au Soudan et en Érythrée. Et on craint désormais leur apparition au Soudan du Sud et en Ouganda.
Les éleveurs en danger
Selon la FAO, si rien n’est fait le nombre de criquets pourrait en effet être multiplié par 500 d’ici le mois de juin. « Alors que les pluies commencent en mars, a expliqué le coordinateur de la FAO pour l’Afrique de l’Est, David Phiri, il y aura une nouvelle vague de reproduction. Maintenant est donc le meilleur moment pour contrôler les essaims et protéger les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire des populations. »
Pour l’heure, les moissons étant déjà faites, les plantations ont été relativement épargnées, mais la saison des nouveaux semis doit démarrer en mars. Ce sont surtout les éleveurs qui sont durement touchés, les criquets dévorant la nourriture des animaux dans une région qui se remet à peine de trois ans de sécheresse.
« Plus de 11 millions de personnes au Kenya, en Éthiopie et en Somalie souffrent déjà d’une insécurité alimentaire aiguë. Les criquets menacent d’aggraver les choses. Il est essentiel d’anticiper une éventuelle détérioration », a écrit sur Twitter la FAO.
Selon le Centre de prévision et d’applications climatologiques, ce phénomène est le dernier symptôme du dérèglement du climat mondial, faisant se confronter les températures de l’eau entre l’est et l’ouest de l’océan Indien.
Les manifestants tiennent des banderoles sur lesquelles ont voit le visage des victimes du régime de Yahya Jammeh, l’ancien président de la Gambie, lors d’une manifestation demandant que Yahya Jammeh soit traduit en justice, à Banjul, le 25 janvier 2020. ROMAIN CHANSON / AFP
Des centaines de manifestants ont marché samedi 25 janvier à Banjul, la capitale gambienne, pour demander justice pour les victimes du régime de Yaya Jammeh. Ce rassemblement intervient après le défilé la semaine dernière des supporters de l’ancien président pour demander son retour en Gambie.PUBLICITÉ
Avec notre correspondant à Banjul,Romain Chanson
Des victimes et leurs familles demandent au gouvernement gambien de tout faire pour que l’ancien dictateur Yahya Jammeh et ses complices soient jugés. La semaine dernière, les supporters de Jammeh manifestaient pour demander son retour en Gambie. Un rassemblement mal vécu par les victimes et leurs familles qui se sentent abandonnées.
Les bras croisés en l’air, Madina Njie fait mine d’avoir les menottes au bout des poignets. « Jugez Jammeh !», crie cette femme proche de plusieurs victimes. La rumeur d’un retour éventuel de Yahya Jammeh la met en colè^re : « Ça me rend folle de les entendre dire que Yahya Jammeh va revenir. Mais avant qu’il fasse son retour, arrêtez-le et jugez-le. On veut entendre sa version des faits ».
Ceux qui demandent le retour de Yahya Jammeh ont perdu la tête, estime Omar Amadou Jallow, ancien ministre et victime du régime avec 22 arrestations à son actif. « Viol de jeunes filles, torture, massacre d’étudiants. Et son parti continue de le glorifier et de demander son retour ! C’est une insulte à la nation gambienne », s’insurge Omar Amadou Jallow.
Les victimes et leurs familles en appellent au gouvernement pour les soutenir et empêcher tout révisionnisme. Marong Baldeh est la veuve d’un soldat tué en 1994, elle demande justice. « Nous craignons de ne jamais obtenir justice malgré notre combat et nos pleurs. C’est pourquoi nous voulons envoyer un message au gouvernement : dépêchez-vous ! », explique-t-elle.
« Je suis une victime, rejetée, négligée par le système » a chanté en fin de cortège le rappeur Killa Ace. Des paroles reprises en chœur par les manifestants.
Photo de famille des chefs de l’Etat du G5 Sahel, les présidents mauritanien, nigérien, burkinabè, tchadien et malien, à Ouagadougou, le 5 février 2019 (illustration). OLYMPIA DE MAISMONT / AFP
Les chefs d’état-major des pays du G5 Sahel et leurs partenaires, réunis vendredi et samedi à Ouagadougou, ont procédé à la relecture de tous les documents de l’accord cadre de la Force conjointe.PUBLICITÉ
Pour rendre plus opérationnelle cette force dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, les différents bataillons pourront intervenir hors de leur zone habituelle d’action. Il en est de même pour le droit de poursuite sur un territoire étranger, où les troupes de la force pourront aller jusqu’à 100 km au-delà de la frontière. Cette rencontre a permis de valider le plan de campagne du commandant de la force qui pourrait entamer ses opérations.
Les opérations de la force conjointe du G5 Sahel sont orientées sur les zones frontalières et s’étendent sur trois zones : le fuseau Ouest dont le poste de commandement est situé en Mauritanie, le fuseau Centre avec un poste de commandement à Niamey, et le fuseau Est commandé par le Tchad. Jusqu’à présent, chaque bataillon ne s’occupait que de sa zone.
Désormais, il est possible pour les différentes troupes d’intervenir hors de leur zone d’origine. « Il est possible qu’un bataillon quitte son territoire, sa zone, pour venir en appui sur une autre zone, nous explique le général de brigade Moïse Miningou, chef d’état-major général des armées burkinabè. Nous avons prévu une manoeuvre qui aura lieu bientôt, et nous verrons par exemple dans le fuseau Centre un bataillon du Tchad qui viendra pour participer à cette opération. Vous voyez:ça fait un changement très significatif qui permet une flexibilité pour le commandement de la force G5 Sahel. »
La force du G5 Sahel n’intervenait que sur une bande de 50 km de part et d’autre des frontières communes. À présent, elle est autorisée à aller jusqu’à 100 km, ce qui augmente ses marges de manœuvre, selon le chef d’état-major général des armées du Burkina Faso. « Au début, on autorisait 50 km de part et d’autre de la frontière pour la force conjointe, poursuit le général Moïse Miningou. Aujourd’hui nous avons élargi à 100 km: la force peut donc manoeuvre sur 200 km le long des frontières. »
Pour les chefs d’état-major des pays membres du G5 sahel, ces décisions traduisent un réel changement de posture dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et les autres menaces sécuritaires.