(CROISSANCE AFRIQUE)-Avec plus de 45 % du total des remboursements de l’Union en 2025, la Côte d’Ivoire se positionne fermement comme le moteur incontournable du marché des titres publics, affichant un montant impressionnant de 4 198 milliards de F CFA.
Ce chiffre record est le fruit d’une conjoncture favorable, notamment l’arrivée à maturité de nombreuses Obligations du Trésor (OT) qui avaient été émises durant la phase de relance post-COVID, lorsque le pays a cherché à revitaliser son économie en injectant des liquidités sur le marché. Cette dynamique témoigne non seulement de la solidité des fondations économiques ivoiriennes, mais également de la confiance des investisseurs dans la capacité du pays à honorer ses engagements financiers.
En parallèle, le Sénégal, avec un montant de 1 218 milliards de francs CFA, franchit la barre symbolique des 1 000 milliards, un seuil qui souligne l’allongement de la dette sénégalaise. Cette situation est particulièrement significative, car elle coïncide avec l’année de remboursement de plusieurs lignes obligataires de moyen terme, d’une durée de cinq ans, qui avaient été émises en 2020. Cela reflète une stratégie de financement à long terme qui pourrait permettre au pays de stabiliser ses finances publiques tout en soutenant ses projets de développement.
Le Niger, avec 999 milliards de francs CFA, se rapproche du Sénégal, malgré une économie de taille différente, ce qui illustre un recours intensif au marché domestique à court terme ces dernières années. Cette tendance a engendré un « mur de dette » qui se profile à l’horizon 2025, nécessitant une gestion de trésorerie extrêmement agile et proactive pour éviter des tensions financières. Les autorités nigériennes devront naviguer avec prudence pour équilibrer les besoins de financement immédiats et la soutenabilité de leur dette à long terme.
Le Togo et le Mali, avec respectivement 731 milliards et 715 milliards de francs CFA, affichent des profils quasi identiques en matière de remboursement. Pour le Mali, ce chiffre marque un retour à une gestion normalisée après des périodes d’instabilité politique et économique. Le remboursement régulier des obligations témoigne d’une volonté de rétablir la confiance des investisseurs et de stabiliser l’économie malienne, ce qui est essentiel pour favoriser un climat d’investissement propice à la croissance. Ces évolutions dans la gestion de la dette publique dans ces pays d’Afrique de l’Ouest soulignent l’importance d’une stratégie financière robuste et d’une vigilance constante face aux défis économiques actuels.
En ce qui concerne le Bénin, dont la dette s’élève à 575 milliards, le chiffre du remboursement peut sembler relativement faible, surtout lorsqu’on considère le dynamisme économique et les initiatives de développement en cours dans le pays. Cependant, cette perception peut être trompeuse, car elle reflète en réalité une stratégie de gestion active et réfléchie de la dette mise en place par le gouvernement béninois. En ayant recours aux marchés internationaux, notamment par l’émission d’Eurobonds, ainsi qu’à des financements concessionnels, le Bénin a su optimiser sa structure de remboursement. Ce faisant, il a réussi à lisser ses échéances sur le marché régional de l’UEMOA, évitant ainsi un pic de remboursement trop brutal qui aurait pu survenir en 2025, ce qui témoigne d’une gestion proactive et prudente de ses finances publiques.
Quant à la Guinée-Bissau, avec une dette de 225 milliards, elle enregistre actuellement son plus haut niveau de remboursement de la décennie. Ce développement est un indicateur positif, révélant une intégration croissante de la Guinée-Bissau au marché financier régional. Cette dynamique pourrait être interprétée comme un signe de confiance des investisseurs et une volonté de la part du gouvernement de stabiliser et de renforcer sa position financière. Les efforts pour améliorer la transparence et la gestion des finances publiques semblent porter leurs fruits, ouvrant la voie à une meilleure intégration dans les mécanismes financiers régionaux et à une participation accrue dans les échanges économiques au sein de la région.
Mariam KONE

