(CROISSANCE AFRIQUE)-Les systèmes de paiement de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) ont connu une dynamique sans précédent en 2025, atteignant un niveau d’activité record qui témoigne de l’évolution rapide et significative des infrastructures financières dans la région. De plus, le système SICA-UEMOA, qui joue un rôle crucial dans la compensation des paiements de masse, a également affiché des résultats remarquables avec un total de 88 465 milliards de FCFA, soit près de 157 milliards de dollars.
Selon les données précises communiquées par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) lors d’une conférence à Dakar, le système STAR-UEMOA, spécifiquement conçu pour le traitement des paiements de gros montants, a enregistré un volume impressionnant de 1 247 988 milliards de FCFA, ce qui équivaut à environ 2 209 milliards de dollars. Ce chiffre illustre non seulement la confiance croissante des acteurs économiques dans les systèmes de paiement de l’UMOA, mais également l’augmentation des transactions à grande échelle au sein de la zone.
Ces performances soulignent l’importance de ces systèmes dans le soutien aux échanges commerciaux et aux transactions quotidiennes des citoyens de l’UMOA. Dans le cadre d’un séminaire organisé à Dakar les 20 et 21 juillet 2026, destiné à informer et former les journalistes de l’UMOA, la BCEAO a pris le temps de revenir sur l’évolution de ses dispositifs de paiement au cours des deux dernières décennies. Ce séminaire a permis à l’institution de mettre en lumière les principales étapes de modernisation de ses infrastructures, notamment les avancées significatives réalisées en matière d’interopérabilité entre les différents systèmes de paiement. Les participants ont également été informés des projets innovants liés à l’exploitation des données sur les transactions financières, qui visent à améliorer la transparence et l’efficacité des opérations financières dans la région. Cette initiative témoigne de l’engagement continu de la BCEAO à adapter ses services aux besoins croissants des utilisateurs et à renforcer la sécurité des transactions, tout en favorisant l’inclusion financière au sein de l’Union monétaire ouest-africaine.
Selon Massi Lawson, adjoint au directeur des Systèmes et moyens de paiement de la BCEAO, a souligné avec conviction que la modernisation du secteur financier s’est traduite par un remplacement progressif des traitements manuels, souvent longs et fastidieux, par des systèmes automatisés de pointe. Cette transformation vise non seulement à améliorer les délais de traitement, mais également à renforcer la sécurité et l’efficacité des transactions, des enjeux cruciaux dans un monde où la rapidité et la fiabilité sont devenues des attentes fondamentales des utilisateurs. Au cours des deux dernières décennies, le secteur financier a connu une véritable révolution grâce à ces efforts de modernisation. Avant l’implémentation de ces réformes, certaines opérations bancaires, en particulier le traitement des chèques, pouvaient nécessiter plusieurs jours, souvent en raison de procédures jugées lourdes et de multiples contrôles intermédiaires qui ralentissaient le processus. La BCEAO, consciente des enjeux liés à l’efficacité des services financiers, a engagé, au début des années 2000, un processus ambitieux de modernisation destiné à fluidifier les échanges financiers et à soutenir l’intégration monétaire au sein de l’Union.
L’intervenant a également rappelé la distinction cruciale entre paiement et règlement, deux concepts fondamentaux dans le domaine des transactions financières. Le paiement, en tant qu’opération initiée par l’usager, représente le moment où une intention d’achat ou de transfert de fonds est exprimée, marquant le début d’un processus complexe. En revanche, le règlement constitue l’étape finale, celle où le transfert effectif des fonds entre établissements financiers est réalisé, garantissant ainsi que les ressources financières passent d’un compte à un autre. Entre ces deux étapes, plusieurs mécanismes essentiels interviennent, tels que les processus de compensation qui assurent l’équilibre des transactions, les vérifications de disponibilité des fonds qui garantissent que l’usager dispose des ressources nécessaires, et les dispositifs de sécurisation des transactions qui protègent contre les fraudes et les erreurs.
En ce qui concerne les niveaux d’activité en 2025, les chiffres révèlent une dynamique positive et une croissance significative dans le secteur. En effet, STAR-UEMOA a traité un impressionnant total de 1 866 260 opérations au cours de l’année, marquant une augmentation par rapport aux 1 706 039 opérations enregistrées en 2024. Cette hausse témoigne d’un intérêt croissant pour les services financiers, avec une valeur totale des transactions qui s’est établie à 1 247 988 milliards de FCFA, en hausse par rapport aux 1 216 442 milliards de FCFA de l’année précédente. De plus, le nombre de participants au système a légèrement augmenté, passant de 152 à 153 établissements à la fin décembre 2025, ce qui souligne l’expansion continue du réseau.
SICA-UEMOA, de son côté, a également connu une croissance notable, enregistrant 31,21 millions d’opérations, contre 30,06 millions en 2024. La valeur des transactions traitées par ce système a atteint 88 465 milliards de FCFA, en hausse par rapport aux 80 939 milliards de FCFA de l’année précédente. À la fin de l’année, le système comptait 154 participants, illustrant ainsi l’essor des activités financières au sein de la région et la confiance croissante des établissements dans ces systèmes de paiement et de règlement. Ces chiffres mettent en lumière non seulement la vitalité du secteur financier, mais aussi l’importance croissante des mécanismes de paiement modernes dans le paysage économique de l’UEMOA.
Ce dispositif de modernisation repose sur trois principales infrastructures stratégiques. Le Système de Transfert Automatisé et de Règlement de l’UEMOA (STAR-UEMOA) joue un rôle central en assurant le traitement des paiements de gros montants et leur règlement en temps réel, permettant ainsi aux institutions financières de réaliser des transactions de manière instantanée et sécurisée. Ce système, en facilitant les échanges, contribue à renforcer la confiance entre les acteurs du marché et à stimuler l’activité économique dans la région. En parallèle, d’autres infrastructures complémentaires ont été mises en place pour garantir une interconnexion fluide et efficace entre les différents acteurs du secteur financier, favorisant ainsi une dynamique de croissance et d’innovation continue.
Les transactions transfrontalières ont également connu une progression significative, témoignant d’une dynamique économique en plein essor au sein de la région. Selon les données présentées, les opérations entre pays de l’Union, traitées par le système STAR-UEMOA, ont atteint un impressionnant montant de 115 057 milliards de FCFA en 2025. Ce chiffre marque une augmentation notable par rapport aux 94 668 milliards de FCFA enregistrés en 2024, représentant ainsi une hausse de 21,5 %. Ce développement n’est pas simplement un chiffre ; il symbolise une intégration économique croissante et une confiance accrue dans les mécanismes de paiement régionaux. En effet, ces transactions transfrontalières représentent un peu plus de 9 % de la valeur totale des opérations traitées par le système, soulignant l’importance croissante de ces échanges dans le paysage économique de l’Union.
Notons que ette tendance vers une utilisation accrue des systèmes de paiement régionaux pourrait avoir des répercussions positives sur les échanges commerciaux, facilitant ainsi les transactions et réduisant les coûts associés aux échanges internationaux. Toutefois, ces données traduisent non seulement une progression de l’usage des infrastructures régionales de paiement au sein de l’UMOA, mais elles reflètent également une volonté collective des États membres de renforcer leur coopération économique. Les acteurs économiques, qu’ils soient entreprises ou particuliers, bénéficient de cette évolution, qui favorise une fluidité des transactions et une intégration plus profonde des marchés au sein de l’Union.
Moussa KONE

