Les banques camerounaises, premiers investisseurs en titres publics sur le marché monétaire de la Cemac, attendent les précisions de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) sur son programme de rachat d’obligations publiques. Il est chiffré à 600 milliards de FCFA et devrait durer six mois avec une prolongation possible de six mois supplémentaires « en tant que de besoin et suivant les perspectives économiques en 2021 ».
L’institution d’émission et de contrôle de la monnaie a annoncé que cette mesure est un autre de ses instruments exceptionnels visant à soutenir les États durant cette période marquée par la pandémie de coronavirus. Mais elle n’a donné aucune information sur la date du début de l’opération et les conditions qui y sont associées. Les banques restent attentives. Il faut dire que cela pourrait leur permettre d’avoir de la trésorerie et de baisser le coût du risque à prêter de l’argent à certains pays.
Mais selon une source bancaire, le secteur craint surtout que ce programme soit fortement conditionné, comme cela est le cas pour l’augmentation exceptionnelle des injections de liquidités engagée par la banque centrale en avril dernier. Cette opération reçoit d’ailleurs peu de souscriptions. Aussi, les arbitrages pour le secteur bancaire seront complexes. Il faudra calculer entre ce qu’on aurait gagné si on gardait les titres jusqu’au remboursement des dettes et ce que la Beac propose aujourd’hui.
Selon des données sur l’activité des banques au Cameroun à fin avril 2020, le taux des créances douteuses (dont le remboursement est confronté à un risque élevé) atteignait les 16% d’un encours global de crédits de 3650 milliards de FCFA. Cela représente un montant brut de 585 milliards de FCFA de créances douteuses pour les banques commerciales camerounaises auxquels il faut ajouter les 456,2 milliards de FCFA qui sont provisionnés.
Avec les implications économiques du Covid-19, cette situation pourrait se dégrader davantage. D’autres personnes proches du secteur financier renseignent que la trésorerie des entreprises non financières est actuellement mise à rude épreuve par la pandémie. La principale organisation patronale (Gicam) quant à elle prévoit une baisse du chiffre d’affaires annuel des entreprises de plusieurs milliers de milliards de FCFA.
La BEAC a indiqué qu’elle effectuerait des rachats de titres publics en tenant compte de la conjoncture. Mais la question est de savoir jusqu’où elle peut tenir cet engagement sans entamer sa solidité financière. Début 2020, le FMI avait suggéré à l’institution d’arrêter de soutenir la banque sous régionale de développement, dans les mêmes conditions.
La pandémie du coronavirus provoquera probablement en 2020 la plus forte récession mondiale depuis la Seconde Guerre mondiale, annonce la Banque Mondiale. «Nos dernières Perspectives économiques mondiales publiées aujourd’hui prévoient une contraction de 5,2 % de l’économie planétaire cette année », précise l’institution dans un communiqué.
L’activité économique dans les économies avancées devrait décliner de 7 % en 2020, sous l’effet des graves perturbations qui ont frappé l’offre et la demande intérieures, ainsi que les échanges et la finance . Le groupe des économies de marché émergentes et en développement devrait connaître sa première contraction en 60 ans, avec une baisse globale de son PIB de 2,5 % en 2020. Il en résultera une diminution de 3,6 % des revenus par habitant, ce qui fera basculer des millions de personnes dans l’extrême pauvreté cette année. « Si la pandémie est suffisamment endiguée d’ici le milieu de l’année dans les économies avancées et un peu plus tard dans les économies de marché émergentes et en développement, nos projections prévoient un rebond mondial à 4,2 % en 2021, avec un taux de croissance de 3,9 % dans les premières et de 4,6 % dans les secondes ».
Les perspectives sont toutefois très incertaines, et dominées par des risques de détérioration, dont notamment une pandémie plus longue qu’anticipé, un désordre financier durable et un affaiblissement du commerce mondial et des chaînes d’approvisionnement. Confrontées à une crise sanitaire aiguë, beaucoup d’économies émergentes et en développement sont aujourd’hui moins bien préparées à surmonter une récession mondiale qu’elles ne l’étaient au moment de la crise financière de 2008. Les plus vulnérables sont celles dont les systèmes de santé sont défaillants, celles qui sont tributaires des exportations de produits de base et celles qui sont grevées par des niveaux élevés de dette souveraine et d’endettement des entreprises.
Si l’épidémie dure plus longtemps qu’anticipé, les pays pourraient être contraints de maintenir ou réintroduire des mesures de restriction des déplacements et des interactions sociales. En supposant un prolongement pendant trois mois supplémentaires de strictes mesures de confinement, la production mondiale pourrait chuter de près de 8 % en 2020. Même avec des mesures supplémentaires de relance budgétaire, les entreprises fragiles devront mettre la clé sous la porte, tandis que les ménages vulnérables réduiront fortement leur consommation et que le secteur des voyages restera fortement déprimé. Ces graves perturbations s’accompagneront aussi de répercussions internationales plus importantes et conduiront à des interruptions de la production généralisées. Un désordre des marchés financiers durable et sévère provoquera une hausse des faillites dans le monde entier et plongera nombre d’économies émergentes et en développement dans de graves difficultés financières.
Scénario optimiste
Malgré les risques accrus de détérioration qui pèsent sur les projections de croissance et la gravité de plus en plus évidente de la contraction qui frappe actuellement l’activité économique mondiale, l’hypothèse de résultats plus favorables que prévu n’est pas exclue. En effet, la suppression attendue des mesures de lutte contre la propagation du coronavirus conjuguée à une riposte politique mondiale rapide et sans précédent face à la pandémie est susceptible d’entraîner rapidement le retour de la confiance et la reprise de l’emploi, avec à la clé un rattrapage de la demande. Mais même selon ce scénario plus positif, la contraction de la production mondiale atteindrait 3,7 % en 2020, soit un déclin près de deux fois supérieur à celui observé pendant la récession mondiale de 2009, tandis que les économies émergentes et en développement connaîtraient une croissance négative.
Le gouvernement zimbabwéen accepté de verser 3,5 milliards de dollars d’indemnisation aux agriculteurs blancs dont les terres, acquises sur les autochtones durant la colonisation et la ségrégation raciale, avaient été expropriées sous le régime de Robert Mugabe invoquant les accords de Lancaster House signés le 21 décembre 1979. Le montant majoré des intérêts a été négocié à partir d’une évaluation gouvernementale de 1,2 milliard de dollars -au lieu des 5,4 milliards de dollars fixé par les anciens agriculteurs – et fait partie d’un accord de compensation globale entre les deux parties.
L’accord a été annoncé, mercredi 29 juillet 2020, par le président Emmerson Mnangagwa lors d’une cérémonie de signature à la State House à Harare. Pour réaliser cette levée des fonds, le Zimbabwe émettra un instrument de dette à long terme sur les marchés financiers internationaux, qui arrivera à échéance dans 30 ans.
Il est peu probable de convaincre les créanciers des justesses d’une telle opération compte tenu de la dégradation des comptes du pays confronté à une inflation de 700%. A court d’argent, Hararé a dû demander l’aide des partenaires du développement pour parvenir à l’évaluation convenue, ce qui a soulevé des questions sur sa capacité à obtenir le financement requis. L’assistance technique en matière d’évaluation a été fournie par la Banque mondiale grâce au soutien et au financement de l’Union européenne (UE) et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en collaboration avec d’autres partenaires de développement internationaux basés au Zimbabwe.
Mais, selon l’accord, le Zimbabwe est convaincu qu’il est à la hauteur de l’opération. Le montant global de l’indemnisation sera payable par versements, le premier étant un acompte de 50% payable 12 mois après la signature de l’accord. Un quart du solde sera payé chaque année de sorte que le paiement intégral soit effectué sur cinq ans. Cependant, l’intégralité du montant de la compensation globale pourra être versée dans les 12 mois suivant la signature de l’accord si des fonds suffisants à cet effet sont mobilisés dans ce délai”, selon les informations fournies par le ministère des Finances.
Sur 2 963 réponses reçues d’agriculteurs lors d’un référendum organisé par l’Union des agriculteurs commerciaux (CFU) du Zimbabwe et la Southern African Commercial Farmers Alliance (SACFA), 2 801 (94,5%) ont accepté l’offre du gouvernement. Le président Mnangagwa a qualifié l’accord de “capital” et “historique”, affirmant qu’il “ferme une page et offre un nouveau départ”. Au nom des agriculteurs, Andrew Pascoe, président du Syndicat des agriculteurs commerciaux, a déclaré que l’accord était une étape importante qui permettrait de résoudre “ce problème en suspens”. Le secteur agricole Zimbabwéen autrefois grenier de la région a déjà subi plusieurs coups durs. A travers cet accord de compensation, l’ex Rhodésie du Sud se donne les moyens de regarder en avant.
L’Armée populaire de libération (APL) chinoise fondée, le 1er août 1927, continue de remplir sa mission. Durant 93 ans, les soldats révolutionnaires, fermement dévoués à leur vocation, n’ont cessé d’enregistrer des succès glorieux.
En cette nouvelle ère qui pointe déjà à l’horizon, le Parti communiste chinois (PCC) s’est donné pour objectif de faire de l’Armée chinoise, une armée de premier rang mondial, une armée fidèle au Parti, apte au combat et dotée d’un style de travail exemplaire.
Renforcer l’APL pour qu’elle demeure absolument commandée par le Parti
Le leadership absolu du Parti sur l’armée est le fondement de l’armée populaire et l’âme d’une armée forte.
Quand l’épidémie de COVID-19 a fait son apparition, l’armée a été immédiatement appelée en renfort. A partir du réveillon du Nouvel An chinois, le 24 janvier, l’armée a envoyé au total plus de 4000 personnels médicaux à Wuhan, alors l’épicentre de l’épidémie. Ce déploiement de l’armée a beaucoup contribué à la prévention et au contrôle de l’épidémie.
En ce mois de juillet, la partie sud de la Chine vit au rythme des inondations dues aux pluies diluviennes. Encore une fois, l’armée a été appelée au secours, pour bloquer la tuyauterie, protéger les remblais et organiser des patrouilles. Une opération commando qui a sauvé les populations et leurs biens.
Renforcer l’APL pour la doter d’une meilleure combativité
Être apte au combat et être capable de gagner des batailles constituent l’exigence fondamentale du Parti et du peuple pour l’armée. Il s’agit également de leur mission, de leur responsabilité, et de leur valeur fondamentale de l’existence.
À la nouvelle ère, le président chinois Xi Jinping a appelé à maintes reprises à soumettre l’armée à un entraînement rigoureux, pour la rendre prête à des combats réels.
Renforcer l’APL de manière à la soumettre à des exigences rigoureuses et à l’administrer en vertu de la loi.
L’histoire a révélé l’importance de soumettre l’armée à des exigences rigoureuses et de l’administrer en vertu de la loi. C’est la règle universelle de la construction de toute armée qui se veut moderne.
Sous la forte direction du Comité central du Parti, rassemblé au tour du camarade Xi Jinping et sous la direction scientifique de la pensée de Xi Jinping sur le renforcement de l’armée, nous suivrons sans relâche la voie du renforcement de l’armée avec des caractéristiques chinoises, afin de parachever la construction d’une armée de premier rang mondial!
Les coronavirus capables d’infecter les humains peuvent avoir circulé sans être détectés chez les chauves-souris depuis des décennies. Les recherches suggèrent que l’un des ancêtres connus les plus proches du virus SARS-CoV-2 qui provoque la pandémie du COVID-19, est apparu chez les chauves-souris il y a 40 ans, voire 70 ans. C’est ce qu’attestent les résultats d’une équipe internationale d’experts, publiés le 28 juillet dans le Magazine « Nature-Microbiologie ». Pour les experts, il est important de découvrir la source du virus, afin de bien prévenir et contrôler des épidémies à venir.
Sur la base des données génomiques du coronavirus B, les chercheurs ont analysé l’historique de l’évolution du nouveau coronavirus et ont constaté que la séquence génétique du virus nommé RaTG13 est très similaire à celle du SARS-CoV-2. Les deux ont un ancêtre commun, mais n’ont pas connu la même évolution. Les chercheurs ont analysé les deux ancêtres communs récents et ont conclu que les chauves-souris sont le principal porteur du pedigree du COVID-19 et que le virus étroitement lié au SRAS-CoV-2 circule chez les chauves-souris depuis des décennies. Ces experts viennent de l’Université d’Etat de Pennsylvanie des Etats-Unis, de celle d’Edimbourg de la Grande Bretagne et de celle de Hong Kong de Chine et d’autres institutions. notent que
Selon un reportage de la BBC, ce résultat rend les théories du complot dont celle d’une fuite d’un laboratoire et celle d’une manipulation humaine infondées.
Compte tenu de l’impact économique de la pandémie de Covid-19 sur la région, le rapport fait état de prévisions de croissance de 1,2% en 2020 en Afrique de l’Est, soit une chute d’environ 4% par rapport aux prévisions d’avant Covid-19. Cependant, cette croissance devrait rebondir en 2021 à 3,7 % si le virus est sous contrôle d’ici au troisième trimestre de cette année.
Avant la pandémie de Covid-19, la croissance économique de l’Afrique de l’Est pour l’année 2020 était prévue à plus de 5 %, contre 3,3 % pour le continent et 2,9 % pour la croissance mondiale. Les chocs induits par le Covid-19 et une invasion de criquets ont contribué à des pertes d’emplois et à des besoins humanitaires accrus, qui aggraveront la pauvreté et les inégalités de revenus. Dans la perspective la plus défavorable -celle où la pandémie persisterait jusqu’à la fin de 2020- la Banque prévoit une croissance de 0,2 % en 2020 pour la région (contre -1,7 % et -3,4 %).
Le ministre du Travail du Kenya, Simon Kiprono Chelugui, a déclaré, lors du lancement du rapport, que les pays d’Afrique de l’Est pourraient surmonter les effets du Covid-19 et redresser leur économie en atténuant les risques externes et internes. « Nous devons mettre en place des mesures de lutte fermes et coordonnées pour contenir la propagation du Covid-19, atténuer ses effets sanitaires et socio-économiques, accélérer le rythme de la transformation structurelle, améliorer les conditions d’investissement et maintenir la paix et la sécurité de notre région », a-t-il déclaré.
Les « Perspectives économiques régionales de l’Afrique de l’Est 2020 » montrent que la pandémie de Covid-19 affectera à plusieurs niveaux les économies de l’Afrique de l’Est : chute des cours des matières premières et des échanges commerciaux, et restrictions sur les déplacements avec un impact négatif important sur le secteur du tourisme. L’affaiblissement des flux financiers a affecté le solde budgétaire et celui des paiements courants de la région, tandis que les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement ont pénalisé la production et la distribution des biens alimentaires, note le rapport. Avec la fermeture des écoles, environ 90 millions d’élèves ont été privés des salles de classe.
La directrice générale du Bureau régional de l’Afrique de l’Est de la Banque, Nnenna Nwabufo, a confirmé l’assistance de de la Banque pour permettre à la région de sortir de la crise. « Notre ambition est de lutter contre les retombées négatives de la pandémie de Covid-19 et de faire en sorte que le développement social et économique sur le continent connaisse une accélération, notamment grâce à la création d’une main-d’œuvre africaine pour demain », a-t-elle affirmé.
La Banque a réagi rapidement en apportant, en urgence, le soutien nécessaire pour faire face aux répercussions immédiates de la pandémie de Covid-19. L’institution a notamment fourni une aide de 212 millions de dollars américains au Kenya, 165 millions de dollars à l’Éthiopie, 4 millions de dollars au Soudan du Sud, et 10 millions de dollars aux Seychelles.
Le rapport appelle à des mesures urgentes pour amortir les effets de la pandémie de Covid-19, et d’autres chocs. « Les pays d’Afrique de l’Est devraient accélérer le rythme d’une véritable transformation structurelle en passant d’une production à faible valeur ajoutée à des activités à plus forte valeur ajoutée, qui pourraient limiter leur vulnérabilité aux chocs intérieurs et extérieurs », a déclaré Marcellin Ndong Ntah, un des deux économistes en chef de la Banque en Afrique de l’Est.
Outre la présentation d’une analyse de l’impact de la pandémie de Covid-19 sur la région, le rapport a traité la question de la formation de la main-d’œuvre en Afrique de l’Est. « Pour développer les compétences de la main-d’œuvre de demain, il est urgent de procéder à de vastes réformes dans l’éducation, d’investir dans les technologies de l’éducation, de lutter contre les facteurs qui empêchent les enfants d’aller à l’école et d’établir des liens entre le monde universitaire et l’industrie », a suggéré Edward Sennoga, l’autre économiste en chef de la Banque en Afrique de l’Est.
Selon Julius Mukunda, directeur éxécutif du Civil society advocacy Group (Groupe de défense des droits de la société civile) en Ouganda, les pays de l’Afrique de l’Est, pour favoriser la croissance, doivent éliminer la corruption et investir dans des domaines, dans lesquels la région dispose d’atouts uniques, comme la production alimentaire, non seulement pour produire mais également pour générer des revenus pour les agriculteurs afin de les aider à limiter les impacts du Covid-19 sur leur activité.
Cliquez ici pour accéder à l’intégralité du rapport.
La junior minière Golden Rim Resources veut élargir son portefeuille d’actifs en Afrique de l’Ouest. Elle a en effet conclu un protocole d’accord contraignant pour acquérir jusqu’à 75 % d’intérêts dans le projet aurifère guinéen Kada, qui couvre une superficie de 100 km² dans le bassin central de Siguiri.
Selon les termes énoncés, Golden détiendra, sous réserve d’une due diligence positive et de l’obtention des approbations réglementaires, 25 % des parts du projet en échange d’une émission d’actions de 2,5 millions $ en faveur d’Elta Madencilik Ticaret Anonim STI (actuel propriétaire du projet). Les 50 % restants pourront être acquis grâce à un investissement d’au moins 4 millions $ dans le projet, suivi de la réalisation d’une étude de faisabilité.
« Kada offre une nouvelle opportunité passionnante pour Golden Rim dans l’un des pays les plus sous-explorés d’Afrique de l’Ouest. De larges zones ouvertes de minéralisation aurifère ont déjà été identifiées et, grâce à d’importants forages historiques, nous visons une première ressource minérale conforme au JORC à court terme », a commenté Craig Mackay, DG de la compagnie.
Pour rappel, Golden Rim est déjà présente en Afrique de l’Ouest sur le projet Kouri au Burkina Faso (1,4 million d’onces). Cette nouvelle acquisition accroit donc son empreinte dans le secteur et la rend plus attractive pour les investisseurs, d’autant plus que le métal jaune titille désormais la barre des 2000 $ l’once.
Au Sénégal, la compagnie minière Teranga Gold concrétise davantage son projet de fusion entre les actifs Massawa et Sabodala en vue de créer un grand complexe aurifère. Elle a en effet publié une étude de préfaisabilité qui prévoit une production moyenne de 260 000 onces d’or à un coût global de 749 $ l’once, sur une durée de vie estimée à 16,5 ans.
Selon la même évaluation, le complexe aurifère Sabodala-Massawa pourrait générer durant les cinq premières années d’exploitation, un chiffre d’affaires annuel de 215 millions $, grâce à une production annuelle moyenne de 384 000 onces d’or. Sur la durée de vie du projet, ce chiffre monte à 2,2 milliards de dollars avec, faut-il le préciser, pour un prix de l’or fixé à 1 600 $ l’once.
« L’intégration de Sabodala et de Massawa produit des synergies importantes, l’entité combinée devant générer des flux de trésorerie nets de 1,1 milliard $ au cours des cinq premières années et fournir une valeur actuelle nette de 1,6 milliard $, contre moins d’un milliard de dollars pour les deux actifs pris séparément », a commenté Richard Young, PDG de la compagnie.
Pour rappel, les réserves combinées des projets Sabodala et Massawa atteignent 4,8 millions d’onces d’or dans les catégories « prouvée » et « probable ». Avec ce complexe aurifère et la mine d’or Wahgnion (Burkina Faso), la production annuelle du groupe pourrait atteindre 500 000 onces d’or. Une étude de faisabilité doit désormais permettre d’affiner ces estimations.
Lorsque le Canadien Endeavour Mining voit le jour en 2002, ses fondateurs ne savaient sans doute pas qu’il allait devenir une multinationale et un géant de l’or. Pourtant la société réussit à forcer avec détermination son destin à coups de millions et avec une stratégie claire qui consiste à trouver les opportunités, acheter et vendre au besoin.
Si elle a d’abord pris le temps de grandir en devenant un producteur d’or à plusieurs actifs dans des juridictions réputées comme le Mali, le Ghana, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, la compagnie change de statut et d’envergure à partir de 2016.
Aujourd’hui, après quatre années de gros investissements, Endeavour est devenu le leader de la production d’or en Afrique de l’Ouest et est entré dans le Top 15 des plus grands producteurs d’or au monde. L’Agence ecofin vous conte cette ascension qui trouve son couronnement dans un excellent timing, avec un prix de l’or qui affole les compteurs à plus de 1900 $ l’once.
22 septembre 2015 : Endeavour se positionne sur l’or d’Ity en Côte d’Ivoire
La compagnie canadienne Endeavour Mining conclut avec La Mancha Holding du milliardaire égyptien Naguib Sawiris un accord pour acquérir ses 55% de participation dans la société d’Ity. Cette dernière exploite en Côte d’Ivoire une mine éponyme dont le potentiel confirmé peut accroître de 22% la base de réserves de l’entreprise.
Ity, en Côte d’Ivoire, l’une des principaux actifs d’Endeavour.
Si, à ce moment, Endeavour détenait un solide portefeuille d’actifs de quatre mines d’or produisant 500 000 onces d’or par an, l’acquisition d’Ity lui permet d’augmenter cette production de quelque 100 000 onces.
7 mars 2016 : Endeavour rachète pour 143 millions $ la société True Gold
Quelques mois après sa transaction sur l’or d’Ity, Endeavour parvient à un accord pour racheter la compagnie True Gold. L’intérêt de l’entreprise canadienne à travers ce deal porte sur la mine d’or de Karma détenue par True Gold au Burkina Faso. Karma n’est pas encore en production au moment de l’accord, mais cette phase est imminente, attendue pour fin mars ou début avril. Il est prévu que la mine produise 110 000 à 120 000 onces, ce qui augmenterait à nouveau la production de la compagnie. Pour Neil Woodyer, le PDG d’Endeavour à cette époque, « la société a à la fois la solidité financière et une équipe d’exploitation expérimentée » pour assurer la maximisation de la valeur de la mine au cours de cette phase de production.
16 janvier 2017 : première tentative de fusion, avec Acacia Mining
La compagnie britannique Acacia Mining qui possède plusieurs mines en exploitation et des actifs d’exploration en Afrique annonce être en pourparlers avec Endeavour Mining pour une potentielle fusion. La société canadienne confirme l’information, avertissant toutefois qu’aucun accord n’était encore conclu. La transaction n’ira pas au bout, mais elle a fait connaître les ambitions d’Endeavour qui avait alors une valeur marchande de 1,66 milliard $ alors qu’Acacia en avait 2,1 milliards $.
12 mai 2017 : Endeavour consolide sa position sur l’or d’Ity
Suite à un nouvel accord avec le gouvernement ivoirien, Endeavour porte sa participation dans le projet d’or Ity de 55% à 80%. Elle débourse pour cela 52 millions $ et s’engage à payer 5 dollars/once pour les réserves additionnelles qui seront déclarées sur le projet, à compter du 31 décembre 2016. « Ceci est une importante étape dans le développement de notre stratégie de croissance interne, Ity ayant le potentiel de devenir un de nos actifs phares, en plus de Houndé (projet détenu au Burkina Faso, NDLR), qui est en bonne voie pour produire son premier lingot d’or au dernier trimestre », a déclaré le nouveau CEO, Sébastien de Montessus.
30 juin 2017 : au Mali, Endeavour rachète la société Avnel Gold pour 122 millions $.
Endeavour Mining poursuit son expansion en Afrique de l’Ouest. Elle conclut un accord pour racheter 100% du capital-actions de la société minière Avnel Gold, qui détient au Mali 80% de participation dans le projet d’or Kalana. Si elle détenait déjà dans le pays le projet Tabakoto, Endeavour se positionne par cette transaction à 122 millions $ sur un nouveau projet prometteur capable de produire annuellement 148 000 onces d’or sur une durée de vie de 18 ans.
10 août 2017 : Endeavour renfloue ses caisses en vendant un projet non essentiel
Endeavour conclut un accord pour céder à BCM International les 90% de participation qu’elle détient dans le projet d’or Nzema au Ghana. Comme l’explique le PDG Sébastien de Montessus, cette vente a pour but d’améliorer le portefeuille de la société en la débarrassant des actifs non essentiels. Alors qu’il ne restait plus que 3 ans de vie à la mine, Endeavour réussit à obtenir une contrepartie de 20 millions de dollars payables à la clôture de la transaction, ainsi que 45 millions de dollars échelonnés sur trois années. Pour atteindre son objectif de production de 500 000 oz à 530 000 oz d’or, elle ne peut plus compter que sur les mines Agbaou et Ity situées en Côte d’Ivoire, Tabakoto, située au Mali, et Karma (Burkina Faso).
20 octobre 2017 : au Burkina, la nouvelle mine d’or Houndé entre en production
Quelques semaines après la vente du projet Nzema, Endeavour annonce l’entrée en production de sa nouvelle mine d’or Houndé, au Burkina Faso.
Houndé, au Burkina Faso, vise 190 000 onces par an sur 10 ans.
Une première coulée d’environ 980 onces d’or et quelques semaines plus tard, la mine entre en phase de production commerciale. En plein régime, il est prévu que Houndé rapporte annuellement à Endeavour 190 000 onces d’or sur ses 10 premières années de vie. Et le potentiel d’extension des ressources est considérable…
3 novembre 2017 : Endeavour se joint à Randgold sur l’exploration aurifère en Côte d’Ivoire
Endeavour forme une coentreprise avec un de ses concurrents en Afrique de l’Ouest, Randgold Resources, pour explorer leurs propriétés adjacentes de Sissedougou et Mankono, en Côte d’Ivoire. Si ses parts dans la coentreprise de circonstance ne sont que de 30%, la compagnie canadienne veut à travers ce partenariat pouvoir se concentrer pleinement sur sa mine d’or Ity. Cette année 2017 se solde par une production en hausse de 14% à 663 000 onces et 2018 s’annonce sous d’heureux auspices.
5 septembre 2018 : Endeavour empoche 60 millions $ en se séparant à nouveau d’un actif non essentiel
Endeavour Mining vend à une filiale de BCM sa mine aurifère malienne Tabakoto pour 60 millions $. La transaction ressemble à la cession, quelques mois plus tôt, de la mine ghanéenne Nzema, jugée comme Tabakoto actif non essentiel. L’objectif indiqué, une fois encore, est d’améliorer la qualité globale du portefeuille de la société en lui permettant de « se concentrer sur les actifs à forte génération de liquidités, à faible coût d’exploitation et à longue durée de vie ».
20 mars 2019 : entrée en service d’un projet censé augmenter la production de la mine Ity
Endeavour déclare l’entrée en phase de production de son projet CIL d’Ity avec une première coulée d’or de 1 800 onces. Le projet consiste en une usine de lixiviation qui est censée augmenter les volumes de production de la mine. Cette année, l’objectif de production annoncé est de 160 000 à 200 000 onces d’or à un coût global de 525 à 590 $/oz.
3 décembre 2019 : Endeavour fait une offre publique de fusion de 1,47 milliard $ au britannique Centamin
Endeavour Mining voit plus grand. Elle propose une fusion de 1,47 milliard $ à la compagnie minière Centamin, seule société exploitant de l’or en Egypte. Pour Sébastien de Montessus, PDG de la compagnie, la fusion marquerait le début d’une nouvelle phase de croissance pour Endeavour, avec l’ajout de la mine égyptienne Sukari (qui produit 500 000 oz/an) à son portefeuille.
Endeavour met la main sur la mine égyptienne Sukari.
La transaction permettrait à Centamin, apprend-on, de réduire entre autres, les risques liés à un nombre limité d’actifs et dans un seul pays. L’entité issue de la fusion disposerait de trois actifs phares, en l’occurrence les mines Sukari, Houndé (Burkina) et Ity (Côte d’Ivoire), et se placerait parmi les 15 plus grands producteurs d’or au monde. Si tout cela est très beau, la société canadienne se heurte au Conseil d’administration de Centamin. Ce dernier n’a pas l’intention de se laisser avoir facilement.
7 février 2020 : échec de la tentative de fusion avec Centamin, après plusieurs semaines de pourparlers
Après quelques semaines de discussions avec les responsables de Centamin, Endeavour est obligée de rompre les négociations de fusion avec la compagnie britannique. Cette dernière, qui était déjà réticente lors de l’annonce de la proposition de fusion, a jugé le montant avancé trop faible pour une société de son statut.
Sébastien de Montessus, PDG d’Endeavour Mining : « Se concentrer sur les actifs à forte génération de liquidités, à faible coût d’exploitation et à longue durée de vie ».
Pour le PDG Sébastien de Montessus, l’heure n’est pas au découragement. « Nous continuons à faire preuve de discipline, en ce qui concerne les possibilités de développement de notre entreprise et restons sensibles à la dilution de la participation de nos actionnaires, étant donné l’amélioration significative de notre activité au cours des quatre dernières années », déclare-t-il.
24 mars 2020 : la troisième tentative de fusion est la bonne, Endeavour devient le plus grand producteur d’or d’Afrique de l’Ouest
Quelques semaines après l’échec de sa tentative de fusion avec Centamin, Endeavour Mining annonce un accord définitif avec la société canadienne Semafo, active sur plusieurs projets miniers en Afrique de l’Ouest. D’une valeur de 1 milliard de dollars canadiens, la transaction qui sera finalisée quelques mois plus tard crée une société membre du top 15 des plus grands producteurs d’or mondiaux et le plus grand en Afrique de l’Ouest, avec six opérations et un grand potentiel de croissance. Avec ses six actifs en exploitation, Endeavour peut désormais produire chaque année un million d’onces d’or (environ 28 tonnes), dont environ 700 000 onces (22 tonnes) grâce à quatre mines situées au Burkina Faso.
Aujourd’hui : la vie d’un géant de l’or…
Aujourd’hui, Endeavour Mining a bouclé sa fusion avec Semafo. Elle est la plus grande compagnie d’or d’Afrique de l’Ouest et l’un des leaders de l’industrie aurifère mondiale. Elle poursuit l’exploitation de ses six opérations minières tout en s’activant sur l’exploration afin d’augmenter sa base de réserves aurifères. Le dernier développement de la société date de cette semaine avec l’annonce de l’augmentation des ressources aurifères de l’une de ses mines phares, celle de Houndé, au Burkina Faso. La compagnie cotée sur TSX explique que cette révision à la hausse du potentiel de l’actif est le fruit de travaux plus étendus sur les nouveaux gisements de Kari (Kari Pump, Kari Centre et Kari Ouest) pour lesquels elle a obtenu début juillet un permis d’exploitation minière. Endeavour n’a pas fini de croître.
Au Ghana, la compagnie minière Golden Star Resources a annoncé cette semaine la conclusion d’un accord contraignant avec la société Future Global Resources (FGR), pour lui céder sa mine d’or Bogoso-Prestea. Il s’agit d’une opération souterraine située dans le sud-ouest du pays, à 40 km de la mine d’or Wassa.
Selon les termes énoncés, Golden Star recevra en échange un paiement de 55 millions $, réparti en tranches payables avant le 31 juillet 2023. Cette première contrepartie sera suivie d’une autre comprise entre 20 et 40 millions $ en fonction du prix de l’or, si FGR décide d’exploiter les ressources aurifères en sulfures (1,8 million d’onces) disponibles sur le site du projet.
« FGR est ravie d’acquérir 90 % de la mine d’or Bogoso-Prestea, qui constitue notre premier actif de production […]. Nous avons confiance dans le potentiel de découvertes supplémentaires et d’extensions des ressources minérales souterraines, grâce auxquelles nous espérons générer une réelle valeur », a commenté Glenn Baldwin, PDG de la compagnie.
Notons que FGR est une société créée cette année par une holding britannique, afin de construire un portefeuille d’actifs miniers en Afrique. Avec cette première acquisition, la société peut rapidement générer des revenus grâce à l’excellent cours actuel de l’or.