(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Sénégal, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) a récemment pris une initiative significative qui vise à renforcer non seulement la compréhension, mais aussi l’application effective des règles de concurrence au sein de l’ensemble de l’espace communautaire.
Dans le cadre de cette démarche ambitieuse, un séminaire de sensibilisation a été organisé, mettant en lumière l’importance cruciale des principes de concurrence pour favoriser un environnement économique sain et compétitif. La Commission de l’Uemoa, en s’engageant par cette initiative, aspire à mieux faire connaître et à expliciter ces principes essentiels non seulement aux autorités publiques, qui jouent un rôle clé dans la régulation du marché, mais également aux entreprises privées, aux organisations professionnelles représentant divers secteurs d’activité, ainsi qu’aux acteurs de la société civile, sans oublier les associations de consommateurs qui veillent à la protection des droits des usagers.
Lors de ce séminaire, selon les propos d’Amadou Tchambou, le représentant résident de la Commission de l’Uemoa au Sénégal, cette rencontre s’inscrit dans un cadre éducatif visant à expliquer aux différents acteurs les fondements de la politique communautaire de concurrence, qui est essentielle pour garantir une équité sur le marché. Au programme, il est prévu de présenter en détail les règles qui encadrent le fonctionnement des marchés, ainsi que les procédures pour leur mise en œuvre efficace. De plus, des éclaircissements seront fournis concernant les prérogatives de la Commission dans le cadre de ce processus, en soulignant également le partage des responsabilités avec les États membres, afin de garantir une compréhension et une coopération maximales entre toutes les parties prenantes de l’espace économique ouest-africain.
Pour les organisateurs de cet événement important, l’objectif principal de ce séminaire, soigneusement planifié, est de permettre aux participants de mieux s’approprier les règles de concurrence, un aspect fondamental pour la bonne marche de l’économie. Pendant une période de trois jours intensifs, les échanges approfondis et les discussions animées porteront sur des sujets essentiels tels que les pratiques anticoncurrentielles, les procédures applicables, ainsi que les enjeux économiques liés à la nécessité d’une concurrence saine et équitable dans l’espace communautaire. Ce dernier point est crucial, car une concurrence équilibrée favorise l’innovation et protège les droits des consommateurs, enrichissant ainsi le tissu économique de la région.
« La concurrence n’est pas uniquement une affaire de juristes ou d’économistes. Elle concerne tous les acteurs de la société, qu’il s’agisse de l’administration, des entreprises, des consommateurs ou encore de la société civile », a souligné Amadou Tchambou, mettant en avant l’importance de l’engagement de chacun dans ce processus.
De son côté, le secrétaire général du ministère sénégalais en charge de l’industrie et du commerce, Ababacar Sadikh Ndiaye, a rappelé avec insistance que la mise en œuvre des politiques de concurrence, bien que cruciale pour la régulation du marché, reste confrontée à plusieurs difficultés et défis significatifs, allant de la compréhension des lois par les acteurs du marché jusqu’à l’application effective de celles-ci dans un environnement parfois complexe et dynamique.
Parmi celles-ci figurent une appropriation encore limitée de la législation en matière de concurrence, qui souligne les difficultés persistantes rencontrées par les différents acteurs dans leur compréhension et leur mise en œuvre des normes en vigueur. De plus, des capacités institutionnelles parfois insuffisantes entravent l’efficacité des processus décisionnels et l’application cohérente des règles, ce qui peut avoir des répercussions sur l’équité du marché. En outre, il y a un besoin accru de renforcement des compétences techniques des acteurs concernés, car leur compréhension technique des enjeux de concurrence est essentielle pour garantir un environnement de marché juste et compétitif.
Venu présider l’ouverture du séminaire de trois jours, il a indiqué avec une certaine gravité que relever ces défis complexes nécessite un renforcement continu et soutenu des capacités humaines, techniques et institutionnelles des autorités de régulation ainsi que des structures en charge de la concurrence, lesquelles sont chargées de veiller au bon fonctionnement du marché et à la protection des consommateurs. Cela implique non seulement des formations régulières et adaptées, mais également un dialogue constant entre les parties prenantes pour s’assurer que les meilleures pratiques soient partagées et mises en œuvre de manière efficace.
La politique de concurrence constitue un instrument important et indispensable des politiques publiques modernes. En effet, elle joue un rôle fondamental dans l’amélioration de la compétitivité des économies nationales, tout en favorisant l’ouverture des marchés, ce qui est essentiel pour dynamiser les échanges commerciaux et stimuler l’innovation. Par conséquent, elle soutient également la création de richesses au sein des sociétés, permettant aux entreprises de se développer et de prospérer dans un environnement commercial sain et compétitif.
En encourageant l’innovation et en améliorant la qualité des biens et des services, la politique de concurrence joue un rôle protecteur pour les consommateurs, leur garantissant ainsi un meilleur accès à des produits variés à des prix justes. De plus, elle œuvre à instaurer un fonctionnement plus équitable des marchés, en empêchant les pratiques anticoncurrentielles qui pourraient nuire non seulement aux consommateurs, mais également aux petites et moyennes entreprises qui peinent à se faire une place dans un marché saturé par des acteurs dominants.
Dans un contexte marqué par une intégration croissante des économies aux niveaux régional et international, les responsables politiques et économiques de la région estiment aujourd’hui, avec une conviction partagée, que la concurrence doit jouer un rôle central et stratégique dans la dynamique de développement économique de la région. Cela n’implique pas seulement des efforts pour intensifier la compétitivité, mais aussi pour garantir une protection adéquate des droits des consommateurs.
Notons que l’instauration de règles claires, accompagnées de mécanismes de régulation solides, ont ainsi été identifiées comme des conditions essentielles et cruciales pour assurer un fonctionnement efficace et harmonieux des marchés communautaires, permettant à chacun de tirer parti d’une économie juste et en pleine croissance.
Zangouna KONÉ

