(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, le Fonds monétaire international (FMI) vient d’adresser un signal plutôt clair aux partenaires du pays, marquant ainsi un tournant significatif dans la dynamique économique nationale.
En validant, le 18 mars, le deuxième et dernier examen du Programme de suivi par les services (PSS), l’institution internationale ne se contente pas de reconnaître la conformité technique aux attentes financières, mais souligne également l’importance des efforts progressifs déployés pour stabiliser une économie mise à rude épreuve en 2025. Cette validation témoigne non seulement de l’engagement du Mali à maintenir des pratiques financières saines, mais aussi de sa volonté indéfectible d’initier des réformes structures essentielles, nécessaires pour faire face aux défis économiques, sociaux et politiques auxquels le pays doit faire face.
D’après nos renseignements, il ne s’agit pas seulement d’un feu vert technique : c’est une reconnaissance plus étendue des sacrifices et des initiatives entreprises par les autorités maliennes.Derrière cette décision se cache une histoire de résilience et de détermination, celle d’un pays qui, malgré des circonstances complexes et souvent adverses, s’efforce de remettre de l’ordre dans ses finances tout en poursuivant ses réformes dans un contexte éloigné de la simplicité, marqué par des turbulences tant internes qu’externes. Ce soutien du FMI pourrait également servir de catalyseur pour renforcer les investissements et favoriser la coopération avec d’autres partenaires internationaux, ouvrant ainsi la voie à une relance plus durable et inclusive pour l’avenir du Mali.
L’année 2025 a été particulièrement difficile et éprouvante pour de nombreuses personnes et entreprises. Entre la diminution significative de la production d’or, qui a eu un impact direct sur les économies locales ainsi que sur le marché mondial, et les tensions croissantes sur l’approvisionnement en carburant, l’activité économique a clairement ralenti, amenant de nombreuses industries à réévaluer leurs stratégies et leurs prévisions financières. À cela s’est ajouté un climat sécuritaire devenu de plus en plus tendu, marqué par des conflits et des incertitudes qui ont pesé lourdement sur plusieurs secteurs, tels que le tourisme et le commerce, engendrant ainsi un sentiment général d’insécurité parmi les citoyens et les investisseurs. Cette conjoncture complexe a non seulement affecté la stabilité économique, mais elle a également soulevé des préoccupations quant à l’avenir, créant un environnement où chacun s’inquiète des conséquences à long terme de ces défis interconnectés.
Depuis quelque temps, la situation semble bel et bien s’améliorer, même si, il est important de noter, que tout n’est pas encore gagné et qu’un chemin reste à parcourir. La production minière a repris son essor, les circuits d’approvisionnement se normalisent de plus en plus, et l’environnement général dans lequel évoluent les acteurs économiques devient progressivement plus sécuritaire, offrant ainsi quelques signes d’apaisement fort appréciables. Dans ce contexte, l’économie nationale commence à reprendre des couleurs, cette dynamique étant fortement portée par la filière aurifère, qui demeure le pilier et la colonne vertébrale du pays. En parallèle, il est à souligner que l’inflation, bien que toujours présente, reste contenue à un niveau inférieur à 3%, ce qui contribue considérablement à stabiliser le cadre macroéconomique dans son ensemble.
En ce qui concerne la gestion budgétaire, celle-ci est globalement maîtrisée, ce qui est d’autant plus notable dans un environnement économique parfois tumultueux.
L’un des points les plus remarquables soulignés par le Fonds Monétaire International (FMI) concerne spécifiquement l’exécution rigoureuse du programme établi. Sur ce terrain essentiel, les autorités maliennes ont su tenir leurs engagements avec une grande détermination et responsabilité.
Les objectifs fixés en matière de recettes fiscales, de réduction du déficit budgétaire, ou encore de règlement des arriérés ont été atteints, et dans certains cas, même largement dépassés, témoignant d’une gestion efficace et proactive. De plus, il est important de noter que les dépenses sociales prioritaires ont été soigneusement préservées, ce qui constitue un aspect crucial à prendre en considération dans un contexte budgétaire si contraignant et qui pourrait menacer le bien-être des citoyens.
Un autre élément particulièrement notable et marquant, c’est le progrès significatif réalisé dans le cadre des réformes structurelles qui se sont accélérées au fil du temps. En particulier, la digitalisation des recettes fiscales représente un pas en avant audacieux vers l’établissement de systèmes plus transparents et efficaces, tandis que les efforts entrepris pour moderniser l’administration sont révélateurs d’un engagement sincère envers une transformation en profondeur de l’ensemble des processus en vigueur. Dans un environnement complexe et changeant où les défis économiques et sociaux se multiplient, ces initiatives illustrent non seulement une réponse proactive, mais aussi une vision stratégique tournée vers l’avenir.
Cependant, de nouveaux défis commencent d’ores et déjà à se manifester au sein de cette dynamique économique en évolution. La récente augmentation des prix sur les marchés internationaux de l’or et du lithium, deux ressources stratégiques et très prisées dans le monde moderne, pourrait engendrer des revenus considérables pour l’État, de nature à transformer la réalité économique du pays en profondeur.
En théorie, il s’agit d’une très bonne nouvelle qui pourrait augurer d’une prospérité nouvelle. Cependant, sur le terrain, le Fonds Monétaire International (FMI) met en garde contre une attitude trop optimiste et appelle à un maximum de prudence dans la gestion de cette aubaine. En effet, l’histoire économique de plusieurs nations riches en ressources naturelles illustre bien que ces flux de revenus peuvent rapidement se transformer en une source de déséquilibres sévères si leur gestion n’est pas rigoureuse et réfléchie.
L’enjeu principal sera donc de réussir à éviter les dépenses excessives qui pourraient survenir durant les phases de hausse des prix, tout en s’assurant de transformer cette manne financière en investissements durables qui profiteront à l’économie à long terme. Le budget 2026 a été conçu dans cette optique, visant à maintenir un objectif de déficit qui soit en adéquation avec la norme de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), se fixant autour de 3 % du Produit Intérieur Brut (PIB).
Malgré ces avancées prometteuses, il subsiste des contraintes qui restent bien réelles et qui sont à prendre en compte. Les marges de manœuvre, en effet, demeurent limitées en raison de divers facteurs. D’une part, le coût de l’endettement pèse lourdement sur les finances publiques, et d’autre part, les besoins en matière de sécurité continuent d’être élevés, alors que les attentes sociales de la population sont également très fortes, créant ainsi une pression supplémentaire sur les ressources publiques.
En parallèle, le gouvernement se trouve dans la nécessité cruciale de trouver un équilibre délicat, permettant de continuer à investir de manière intelligente et stratégique pour soutenir une croissance économique dynamique et durable, tout en mettant en place des mesures efficaces pour protéger les populations les plus vulnérables qui sont souvent les plus touchées par les fluctuations économiques.
En validant ce programme ambitieux, le FMI salue non seulement des « résultats remarquables », mais également un engagement jugé solide et durable de la part du pays, ce qui témoigne d’une volonté claire d’avancer vers la prospérité. Au-delà des simples mots laudateurs, cette reconnaissance institutionnelle peut engendrer des effets concrets et tangibles sur le terrain. En effet, elle renforce non seulement la crédibilité du pays sur la scène internationale, mais pourrait également faciliter l’accès à de nouveaux financements indispensables pour le développement et la mise en œuvre de projets d’envergure.
Pour rappel, les programmes de suivi par les services du FMI (PSSF) sont des accords essentiels conclus entre les pays membres et les services du FMI, visant à surveiller de près le programme économique du pays membre et à constituer un historique exhaustif de la mise en œuvre des réformes. Ce processus rigoureux pourrait ouvrir la voie à une aide financière importante du Fonds au titre de la tranche supérieure de crédit (TSC), un soutien qui peut s’avérer crucial en période de défis économiques.
Notons qu’il est important de noter qu’ils ne nécessitent pas l’approbation formelle du Conseil d’administration du FMI pour être mis en œuvre. Les rapports détaillés établis par les services du FMI dans le cadre des PSSF sont ensuite transmis au Conseil d’administration à titre d’information, permettant une transparence et un suivi continu des avancées réalisées.
Daouda Bakary KONÉ

