(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Nigeria, les autorités nationales ont entrepris des mesures significatives pour réduire le coût de la facture d’importation d’essence, une décision qui s’avère très bénéfique grâce à la récente montée en puissance du raffinage domestique.
Selon des données précises fournies par la Central Bank of Nigeria (CBN), des informations révélées à la presse locale le lundi 23 mars indiquent que ces importations, qui pesaient lourdement sur l’économie, ont diminué pour atteindre environ 10 milliards de dollars en 2025, un chiffre considérable par rapport aux 14 milliards de dollars enregistrés un an plus tôt.
En termes de monnaie locale, ces importations d’essence ont nécessité une dépense de 8,96 trillions de nairas en 2025, ce qui représente une diminution frappante de 41,9 % par rapport à l’année précédente, selon les rapports du National Bureau of Statistics (NBS). Cette dynamique positive est particulièrement soutenue par la mise en service de la raffinerie Dangote, aujourd’hui la plus grande d’Afrique, qui dispose d’une impressionnante capacité de 650 000 barils par jour, permettant ainsi de répondre aux besoins croissants du marché local en produits pétroliers.
Parallèlement à ces développements remarquables, les autorités ont également révisé leur politique d’approvisionnement en carburant pour mieux prendre en compte les intérêts de la production locale. Vers la mi-mars, l’Agence Ecofin a rapporté que des restrictions ont été mises en place concernant l’octroi de licences d’importation d’essence, dans le but de promouvoir l’industrie nationale et d’encourager l’auto-suffisance en matière énergétique. Malgré ce recul significatif des importations, les défis restent nombreux, et il est intéressant d’observer comment ces changements structurants influenceront l’avenir économique du pays dans le secteur pétrolier.
En tant que premier producteur africain de pétrole, le Nigeria a brillamment démontré sa position incontournable dans le secteur énergétique en affichant une production moyenne remarquablement élevée de brut et de condensats, s’élevant à 1,63 million de barils par jour au cours de l’année 2025. Par ailleurs, les trois raffineries locales ont largement contribué à l’approvisionnement énergétique du pays en fournissant un volume impressionnant de 7,54 milliards de litres de carburants, selon les informations révélées par la Nigerian Midstream and Downstream Petroleum Regulatory Authority (NMDPRA), l’organisme de réglementation chargé de superviser les activités pétrolières dans le pays.
À la fin du mois d’octobre de l’année dernière, la Nigerian National Petroleum Company (NNPC Ltd) a publié une annonce marquante indiquant sa recherche active d’investisseurs pour poursuivre et intensifier les travaux de réhabilitation de ses raffineries situées à Port Harcourt, Warri et Kaduna.
Ces installations, ayant une capacité combinée d’impressionnants 445 000 barils par jour, sont au cœur de la stratégie du pays pour le renforcement de sa production pétrolière intérieure.
De plus, la compagnie d’État, tout en cherchant à moderniser ces raffineries clés, privilégie l’établissement de partenariats plutôt que la vente de ses actifs, signalant ainsi son engagement à maintenir le contrôle national sur ses ressources énergétiques. En parallèle de ces efforts, la NNPC a également annoncé en février 2026 un projet ambitieux visant à développer une nouvelle raffinerie de condensats, capable de traiter 10 000 barils par jour, qui sera établie dans l’État d’Edo, en collaboration avec le gouvernement local, mettant ainsi en lumière l’initiative du pays à diversifier et à renforcer sa capacité de raffinage pour soutenir sa prospérité économique future.
Zangouna KONÉ

