(CROISSANCE AFRIQUE)-La Banque mondiale, institution financière internationale reconnue pour son rôle crucial dans le soutien économique et le développement des pays à travers le monde, a annoncé une prévision de financement s’élevant à 100 millions de dollars.
Dans cette somme significative, 75 millions de dollars seront spécifiquement alloués à la réalisation du deuxième recensement général de la population et de l’habitat, connu sous le sigle RGPH2, en République démocratique du Congo (RDC). Ce recensement est essentiel pour le pays, car il permettra de recueillir des données précieuses sur la population, les conditions de vie et les infrastructures, contribuant ainsi à une meilleure planification et à l’élaboration de politiques publiques adaptées aux besoins de la population congolaise.
Annoncé avec une grande importance et un souci manifeste d’amélioration des conditions de vie des citoyens, le lundi 23 mars, à Kinshasa, lors d’une table ronde dédiée aux bailleurs de fonds et organisée par le ministère congolais du Plan, ce projet ambitieux vise à combler le déficit de données démographiques fiables qui freine le développement du pays. En effet, l’absence de statistiques précises constitue un obstacle majeur à la mise en place de politiques substantielles et fondées sur des preuves. Ce projet promet également d’offrir aux autorités locales et nationales des outils statistiques robustes et pertinents, essentiels pour orienter les politiques publiques de manière éclairée, optimiser la planification économique, et renforcer l’efficacité de l’action gouvernementale dans divers domaines tels que la santé, l’éducation et les infrastructures.
« Le recensement général de la population et de l’habitat constitue une opération essentielle pour tout État soucieux de planifier efficacement son développement », a souligné, avec conviction, Guylain Nyembo Mbwizya, ministre d’État, ministre du Plan et de la Coordination de l’aide au développement. Ce dernier a également mis en avant l’importance d’une collecte de données rigoureuse et méthodique, qui permettra non seulement d’évaluer les besoins urgents de la population, mais aussi de mesurer les progrès réalisés au fil du temps, garantissant ainsi un suivi transparent et responsable des initiatives gouvernementales.
La première étape du RGPH2 pourrait être lancée dès juillet, avec la phase de cartographie. Le projet nécessite un budget estimé à 192 millions de dollars, qui sera consacré à la cartographie nationale, aux outils numériques et à l’appui des partenaires techniques, afin de produire des données exploitables pour la planification et le suivi de plus de 40 % des indicateurs des Objectifs de développement durable (ODD).
Ce projet intervient dans un contexte socio-économique marqué par des défis en matière de capital humain, une situation particulièrement préoccupante qui impacte gravement le développement durable du pays. Selon l’Indice de capital humain 2020 de la Banque mondiale, la République Démocratique du Congo (RDC) est classée au triste rang de 164e sur 174 pays, avec un score alarmant de seulement 0,37, mettant en lumière les problématiques profondes en termes de santé, d’éducation et de services sociaux.
Depuis le dernier recensement national effectué en 1984, l’absence de données actualisées complices des obstacles structurels rencontrés par les autorités de la RDC limite considérablement leur capacité à mesurer et à analyser de manière précise les indicateurs cruciaux liés au capital humain. Parmi ces indicateurs, on note la survie des enfants de moins de cinq ans, le problème crucial du retard de croissance, ainsi que l’accès à une éducation de qualité, qui demeure très limité. En 2024, d’après les estimations de la Banque mondiale, environ 73,5 % de la population congolaise survit avec moins de 2,15 dollars par jour, une statistique alarmante qui illustre la dure réalité économique à laquelle la majorité de la population est confrontée. De surcroît, le pays abrite près d’une personne sur six vivant en situation d’extrême pauvreté en Afrique subsaharienne, ce qui accentue encore davantage les enjeux urgents de développement.
Dans ce contexte particulièrement complexe et difficile, le Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH2) constitue un levier essentiel pour améliorer la connaissance des réalités démographiques et sociales du pays.
Notons qu’il vise à fournir des informations actualisées et précises qui sont cruciales pour la planification stratégique et le développement de programmes efficaces, tout en soutenant la mise en œuvre des politiques publiques nécessaires pour répondre aux défis pressants liés au capital humain et propulser le pays vers un avenir meilleur.
Korotoumou Sylla

