UEMOA : les recettes budgétaires ont connu un accroissement de 19% au 4eme trimestre 2025

Date:

(CROISSANCE AFRIQUE)-Au quatrième trimestre de 2025, les données officielles de la Note de conjoncture économique de l’UEMOA indiquent que les recettes budgétaires de l’Union ont augmenté d’environ 19%, tandis que les dépenses publiques ont diminué, ce qui a permis une réduction significative du déficit budgétaire régional.

Au quatrième trimestre de l’année 2025, les recettes budgétaires totales de l’Union ont atteint un impressionnant montant de 6 679,8 milliards de FCFA, marquant une augmentation significative par rapport aux 5 626,9 milliards de FCFA enregistrés un an auparavant. Cette progression de 18,7 % en glissement annuel témoigne d’une dynamique économique positive et d’une gestion budgétaire efficace au sein de l’Union. Les recettes fiscales, en particulier, ont connu une hausse notable de 829,2 milliards de FCFA, représentant une augmentation de 18,5 %. 

Cette tendance à la hausse est le résultat d’efforts concertés et d’avancées significatives dans l’ensemble des États membres, qui ont su optimiser leurs systèmes de collecte des impôts et renforcer leur base fiscale. Parmi les contributions les plus marquantes, la Côte d’Ivoire se distingue avec une augmentation de 341,7 milliards de FCFA, suivie de près par le Sénégal avec 176,6 milliards de FCFA. Le Niger a également enregistré une hausse significative de 114,6 milliards de FCFA, tandis que le Burkina Faso a contribué à hauteur de 108,2 milliards de FCFA. 

Le Mali, quant à lui, a vu ses recettes fiscales augmenter de 85,6 milliards de FCFA. Enfin, bien que dans une moindre mesure, la Guinée-Bissau a également apporté sa contribution avec une hausse de 2,5 milliards de FCFA. Ces chiffres illustrent non seulement la résilience économique des États membres, mais aussi leur capacité à collaborer efficacement pour atteindre des objectifs budgétaires communs.

Aussi, les recettes non fiscales ont également progressé de manière significative, atteignant un total impressionnant de 224,1 milliards de FCFA, ce qui représente une augmentation notable de 34,5 %. Cette hausse a été principalement soutenue par des performances exceptionnelles de plusieurs pays de la région. Le Burkina Faso, par exemple, a enregistré une contribution remarquable de 133,9 milliards de FCFA, témoignant d’une dynamique économique favorable et d’une gestion efficace de ses ressources. 

Quant au Sénégal, il a également connu une forte progression avec une augmentation de 75,9 milliards de FCFA, tandis que le Mali et la Côte d’Ivoire ont contribué respectivement avec 15,8 milliards et 4,6 milliards de FCFA. Cependant, cette tendance positive n’est pas universelle, car des reculs ont été observés en Guinée-Bissau, où les recettes ont diminué de 3,9 milliards de FCFA, et au Niger, avec une baisse de 2,3 milliards de FCFA. Ces variations illustrent les disparités marquées dans la dynamique des ressources hors fiscalité, mettant en lumière les défis économiques spécifiques auxquels certains pays font face.

Parallèlement, les dépenses publiques totales de l’Union ont enregistré une diminution significative de 331,6 milliards de FCFA, représentant une baisse de 4,5 % par rapport à la même période en 2024. Cette évolution est révélatrice d’un ralentissement des investissements publics dans plusieurs États membres, ce qui pourrait avoir des répercussions sur le développement économique et social à long terme. Les gouvernements pourraient être contraints de revoir leurs priorités budgétaires, ce qui pourrait affecter des secteurs essentiels tels que l’éducation, la santé et les infrastructures. Ce contexte souligne l’importance d’une gestion prudente des finances publiques et d’une planification stratégique pour assurer la durabilité des progrès réalisés dans la région.

Par ailleurs, les diminutions les plus marquées des budgets nationaux dans la région concernent particulièrement la Côte d’Ivoire, avec une réduction significative de 141,3 milliards de FCFA, suivie par le Sénégal, qui a subi une contraction de 347,1 milliards de FCFA, et le Burkina Faso, dont le budget a été diminué de 60,7 milliards de FCFA. Ces chiffres illustrent une tendance inquiétante vers une compression budgétaire dans ces pays, souvent en réponse à des défis économiques croissants et à des besoins de stabilisation financière.

 En revanche, d’autres économies de la région ont enregistré une progression notable de leurs dépenses, comme le Niger, qui a vu ses dépenses augmenter de 159,3 milliards de FCFA, le Mali avec une hausse de 48,7 milliards de FCFA, et la Guinée-Bissau, qui a connu une légère augmentation de 9,5 milliards de FCFA. Ces augmentations peuvent être interprétées comme des choix budgétaires stratégiques visant à maintenir ou à accroître les investissements nécessaires pour soutenir la croissance économique et le développement.

Ainsi, l’exécution budgétaire de l’Union, quant à elle, révèle des évolutions contrastées entre les dépenses courantes et les dépenses en capital, tout en affichant une nette amélioration du solde global. Les dépenses courantes ont progressé de 285,5 milliards de FCFA, représentant une augmentation de 6,7 %. Cette hausse est principalement tirée par des contributions significatives de la Côte d’Ivoire, qui a enregistré une augmentation de 210,2 milliards de FCFA, suivie par le Burkina Faso avec 195,9 milliards de FCFA, le Niger avec 82,5 milliards de FCFA, et le Mali avec 37,9 milliards de FCFA. 

À l’inverse, le Sénégal a connu une diminution de 219,9 milliards de FCFA, tandis que la Guinée-Bissau a enregistré une contraction de 21,0 milliards de FCFA. Ces disparités dans l’exécution budgétaire soulignent les défis variés auxquels chaque pays est confronté et les choix politiques qui influencent leurs trajectoires économiques respectives. Les dépenses d’investissement ont connu un recul significatif, s’élevant à une diminution de 614,3 milliards de FCFA, soit une baisse de 23,3 %. 

Ce phénomène témoigne d’une compression budgétaire qui s’est manifestée dans plusieurs pays, illustrant les défis économiques auxquels ils font face. Parmi les pays les plus touchés, la Côte d’Ivoire se distingue avec une réduction de 351,5 milliards de FCFA, suivie de près par le Burkina Faso, qui a enregistré une baisse de 256,5 milliards de FCFA, et le Sénégal, dont les investissements ont chuté de 127,1 milliards de FCFA. 

Il faut signaler que certains pays ont réussi à inverser cette tendance. Le Niger, par exemple, a augmenté ses investissements de 76,8 milliards de FCFA, tandis que la Guinée-Bissau et le Mali ont également connu des hausses respectives de 27,2 milliards et 16,9 milliards de FCFA, soulignant des stratégies de développement plus résilientes.

Parallèlement, l’Union a observé une réduction marquée de son déficit budgétaire, qui est passé de -1 802,6 milliards de FCFA en 2024 à -418,2 milliards en 2025. Cette amélioration impressionnante de 1 384,4 milliards de FCFA indique des efforts significatifs pour rétablir l’équilibre budgétaire et renforcer la stabilité économique.

 Les pays ayant contribué le plus à cette amélioration sont le Sénégal, avec une augmentation de 618,6 milliards de FCFA, suivi de la Côte d’Ivoire qui a vu son déficit se réduire de 423,8 milliards de FCFA, et le Burkina Faso avec une diminution de 307,3 milliards de FCFA. Notamment, le Mali a même affiché un excédent budgétaire en hausse, atteignant 156,5 milliards de FCFA, ce qui représente une augmentation de 90,0 milliards de FCFA, témoignant d’une gestion financière plus efficace et d’une croissance économique potentiellement durable.

Le Niger, avec un déficit budgétaire alarmant de -150,2 milliards, et la Guinée-Bissau, affichant une dégradation tout aussi préoccupante de -48,3 milliards, ont connu une détérioration significative de leur situation financière.

 Cette situation budgétaire difficile pour ces deux pays soulève des inquiétudes quant à leur capacité à financer des services essentiels tels que l’éducation, la santé et les infrastructures. Au Niger, les conséquences de ce déséquilibre budgétaire pourraient se traduire par une augmentation de la pauvreté et une instabilité sociale, exacerbées par des défis tels que le terrorisme et les crises alimentaires. 

Notons que la Guinée-Bissau, déjà fragile sur le plan économique, pourrait voir ses efforts de développement ralentis, rendant encore plus difficile la mise en œuvre de réformes nécessaires pour améliorer la vie de ses citoyens. Les implications de ces déficits budgétaires ne se limitent pas seulement à des chiffres, mais touchent également la vie quotidienne des populations, qui dépendent de l’État pour leur sécurité et leur bien-être.

Mariam KONE 

croissanceafrik
croissanceafrikhttp://croissanceafrique.com
Croissance Afrique (sarl) est un Média multi-support qui propose plusieurs rubriques axées sur l’actualité économique du continent. Le magazine est un journal (en ligne dont un mensuel disponible dans les kiosques à journaux) qui traite spécialement les informations financières dédiées à l’Afrique. Il est également le premier média malien spécialisé dans la production d’Informations Économiques, financières, Stratégiques, et orienté vers le reste du monde. Le Magazine a été fondé en Novembre 2017 à Bamako.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Partager:

Populaires

Lire aussi
RELATIFS

L’APPEL DE BAMAKO : Au-delà des mots, la nécessité urgente de rebâtir notre maison médiatique.

(CROISSANCE AFRIQUE)-Je l'avoue volontiers, il m'arrive de ne pas...

Ousmane Sonko à Bassirou Diomaye Faye au Sénégal: « À la date de la Présidentielle, le peuple choisira.. » 

(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Sénégal, Ousmane Sonko, lors de son investiture...