Mali : quand l’état tient sa parole envers ceux qui ont tout donné

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Ce 7 juin 2026, le général Assimi Goïta a inauguré la Maison des Pupilles — exactement cinq ans après la promesse qu’il avait prononcée le jour de son investiture. Une date, un symbole, et une leçon sur ce que peut signifier la justice sociale dans un pays en guerre contre le terrorisme.


Il y a des promesses que les gouvernants font et oublient. Il y en a d’autres qui s’inscrivent dans la pierre — au sens propre. Ce 7 juin 2026, au cœur de la zone aéroportuaire de Bamako-Sénou, le général Assimi Goïta a inauguré la Maison des Pupilles. Une infrastructure. Un engagement tenu. Et pour celles et ceux qui doutaient encore que la parole d’un chef d’État puisse valoir quelque chose, une démonstration concrète.
Il y a cinq ans jour pour jour — le 7 juin 2021, lors de son investiture — le Président de la Transition prononçait ces mots : « J’ai décidé d’allouer les deux tiers du fonds de souveraineté du président aux œuvres sociales et sanitaires, notamment pour faciliter l’accès à l’eau potable et aux soins de santé primaires dans les zones difficiles de notre pays. » La coïncidence de date n’est pas fortuite. Elle est un message.
« On ne peut pas récompenser tous ceux qui ont consenti le sacrifice ultime. Tout ce que nous faisons pour nos pupilles n’est que le minimum — une question de justice et d’équité sociale. », a déclaré le général d’armée Assimi Goïta dans une interview accordée à la presse à l’issue de la cérémonie d’inauguration.

Des enfants que la nation doit à tout prix
Les pupilles de la République ne sont pas des statistiques. Ce sont des enfants qui ont grandi sans père ou sans mère, perdus dans des embuscades, des attaques terroristes, des missions de défense du territoire. Ils ont payé — ou plutôt leurs familles ont payé — le prix le plus élevé pour que le Mali continue d’exister. La création de l’ONAPUMA, l’Office national des Pupilles en République du Mali, a posé le cadre institutionnel. La Maison des Pupilles lui donne enfin un visage.
C’est lors de la Journée nationale des Pupilles du 31 octobre 2023 que la directrice de l’ONAPUMA avait formulé cette demande au Président. Il a entendu. Le 6 février 2024, la première pierre était posée. Deux ans plus tard, 1 878 pupilles ont désormais un foyer digne d’eux.


Un joyau architectural au service de l’humain


Bâtie sur plus de 2 hectares, la Maison des Pupilles n’est pas un bâtiment administratif de plus. Elle comprend un bloc abritant le siège de l’ONAPUMA avec une infirmerie, une bibliothèque et une médiathèque, des bâtiments d’hébergement, un réfectoire avec cuisine, une buanderie, des terrains de sport, des espaces de loisirs, des crèches et des restaurants. Un cadre conçu pour que l’enfance, même marquée par le deuil, puisse se déployer avec dignité.


À l’occasion de l’inauguration, le Président de la Transition a également remis à l’ONAPUMA 2 bus de 65 places, 1 véhicule Prado, 2 pick-up Hilux et 10 motos Jakarta avec casques — des moyens concrets pour que l’institution puisse fonctionner à la hauteur de ses missions.


Cinq ans d’une promesse tenue sur le terrain


La Maison des Pupilles est l’aboutissement visible d’un engagement social plus large. En cinq ans, les œuvres sociales présidentielles se sont progressivement étendues à l’eau, à la santé, à l’énergie, à l’alimentation, à l’éducation et au handicap. Ces réalisations s’appuient sur un choix budgétaire clair : affecter deux tiers du fonds de souveraineté présidentiel non à la représentation ou à l’apparat, mais aux populations. Dans un pays qui traverse une crise sécuritaire majeure, ce choix mérite d’être nommé pour ce qu’il est — une priorité politique assumée.


Il serait incomplet de ne pas rappeler que quatre agents des œuvres sociales ont perdu la vie en mission en 2023, dans la région de Nara. Ils incarnent ce que cette initiative a de singulier : des femmes et des hommes qui ont porté physiquement, sur le terrain, parfois au péril de leur vie, la promesse d’un État qui se soucie de ses plus vulnérables.


Au peuple malien, le Président a adressé un appel simple et fort : se mobiliser pour accompagner ces pupilles, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Parce que la Nation ne se résume pas à ses institutions — elle se mesure aussi à la façon dont elle prend soin de ceux que la guerre lui a laissés.

La Rédaction

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