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Mali : Des attestations de reconnaissance ont été remises à 15 donateurs de SOS villages

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Le mercredi 29 juin 2022 à Bamako dans un hôtel, a eu lieu autour d’un diner gala, la cérémonie de remise des attestations de 15 donateurs de SOS villages d’enfants. Montrer aux donateurs/sponsors la reconnaissance de l’association pour leurs soutiens pour une meilleure prise en charge des enfants dans les programmes de SOS Villages d’enfants au Mali ; fidéliser les partenaires et sponsors de SOS villages d’enfants au Mali ; engager d’autres partenaires (le réseau hôtelier du Mali et autres partenaires potentiels) pour la prise en charge des enfants. Tels sont entre autres les objectifs affichés.

Pour les organisateurs, cette activité permettra également de mobiliser les entreprises privées ou étatiques et des particuliers pour lever des fonds afin d’améliorer la prise en charge des enfants à la charge de SOS Villages d’enfants au Mali. Selon eux, « SOS Villages d’Enfants » est une organisation non-gouvernementale de développement social qui œuvre pour les droits des enfants et des jeunes qui ont perdu ou risquent de perdre la prise en charge par leur famille, et pour leur droit à vivre dans une famille.

Ils affirment par ailleurs que l’association accompagne plus de 3 000 enfants au sein de 700 familles dans la communauté à travers les programmes de renforcement de la famille. « Lorsque le maintien dans la famille n’est pas dans l’intérêt de l’enfant ou du jeune, nous proposons une prise en charge et un soutien de qualité, en adéquation avec ses besoins », expliquent-ils. Au total, ce sont plus de 700 enfants et jeunes qui sont répartis dans 4 villages notamment Sanankoroba, Mopti, Kita et Khouloum/Kayes) au Mali et au sein de 15 familles dans la communauté.

Nematou Sangaré

Mali : L’Union nationale des anciens footballeurs expose le bilan de ses réalisations et les perspectives

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L’Union nationale des anciens footballeurs du Mali (UNAFOM) a tenu le samedi 2 juillet 2022 à son siège au stade Mamadou de Bamako, un point de presse. L’objectif était entre autres, de faire le bilan des activités réalisées de 2019 à aujourd’hui, de parler des perspectives de l’association et annoncer l’assemblée générale ordinaire pour les semaines à venir et surtout faire un appel à l’unisson et au rassemblement. L’activité était conduite par le président de l’UNAFOM, Moctar Sow entouré par les membres du conseil des sages.

Dans son intervention, le président Moctar Sow a d’abord fait un bref rappel du contentieux avec le bureau sortant qui était dirigé à l’époque par Mamadou Dipa Fané dont chaque partie disposait un récépissé au nom de la même organisation. Mais au terme des décisions judiciaires, l’actuel bureau est sorti vainqueur. C’est en dépit de ces résultats en leur faveur que Moctar Sow et les siens ont entrepris des démarches auprès des institutions notamment la fédération malienne de football (FEMAFOOT), le comité olympique, le ministère des sports et des personnes ressources pour gérer ce différend malencontreux sans succès, explique-t-il. Pour lui, il ne s’agissait nullement d’une attaque sur la personne de Mamadou Dipa Fané, mais de mettre en évidence l’existence d’un document double qui n’a pas sa raison d’être. Sur le plan national comme international, l’UNAFOM se bat pour le Mali en mettant en exergue la diplomatie footballistique et de faire en sorte que le produit Mali puisse être vu et admiré par les autres pays. C’est pour cette raison qu’elle a, d’après les explications de son président Moctar Sow participé à la CAN 2021 au Cameroun.

Moctar Sow, président UNAFOM

Au sujet des réalisations, le président Sow a cité entre autres, la participation de l’UNAFOM à la CAN 2021 au Cameroun, la tenue de la journée du Mali le 20 janvier 2022 pendant la CAN à Yaoundé, la création de l’Union des anciens footballeurs d’Afrique (UAFA), une conférence de presse pour faire le bilan de la CAN 2021 intitulée « l’autre CAN appel de Bamako », la réception de l’UNAFOM par le président de la Transition, la formation des anciens internationaux pour les licences d’entraîneurs.

En perspectives, aux dires du président, il est prévu une assemblée générale dont l’objectif est de faire la relecture et toilettage des statuts et règlement intérieur après la fête de Tabaski qui sera célébrée le 09 juillet prochain. La tenue d’une journée de réconciliation et de reconnaissance, le gala des légendes africaines pour la paix au Mali et en Afrique, le plaidoyer pour la promotion de l’Union des anciens footballeurs d’Afrique (UAFA) dans la sous-région et la maison des anciens et siège UAFA, sont entre autres des projets majeurs durant cette année. Un des projets majeurs selon lui est aussi l’institutionnalisation du conseil des sages pour gérer les différends entre les anciens footballeurs du Mali.

Pour terminer, les membres du conseil des sages ont appelé à l’union sacrée pour le développement du football malien. « Il faut se souvenir des anciens. Ils sont l’âme de l’association », rappellent-ils.

IB KONE

Mali: le Projet de Développement piloté par PROCEJ a atteint un taux d’exécution physique de 99,04 % à la date 31 décembre 2021

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, le Projet de Développement piloté par PROCEJ a atteint un taux d’exécution physique de 99,04 % pour un taux d’exécution financière de 98 %. Il faut signaler que les indicateurs des objectifs du Projet ont été atteints à 97,5 % et les objectifs intermédiaires à 95,50 % à la date 31 décembre 2021.

Le Jeudi, 30 juin 2022, la salle de conférence du ministère de l’entrepreneuriat national, de l’emploi et de la formation professionnelle a servi de cadre pour l’ouverture des travaux de  la 9e session et la dernière du comité de pilotage du projet de développement des compétences et emploi des jeunes (PROCEJ). Elle était consacrée à la présentation du bilan du Projet. La cérémonie d’ouverture était présidée par M. Drissa Guindo, Secrétaire général du MENEEP.

Dans son intervention Drissa  Guindo a rappelé sur place que le PROCEJ, fruit d’une étroite collaboration entre le Gouvernement du Mali et l’Association Internationale pour le Développement, avait pour objectif de contribuer à l’atteinte des objectifs du Gouvernement en matière de formation et de promotion d’emplois pour les jeunes maliens.

 « Ce projet a été approuvé en juin 2014. Il a démarré le 14 juillet 2014 pour une durée de cinq (05) ans pour un financement de 63 millions de dollars US et une contrepartie de 950 millions de francs CFA », a-t-il déclaré,  ajoutant ainsi, que les activités du Projet ont effectivement démarré le 1er janvier 2015 après le processus de satisfaction des conditions fixées par le partenaire pour son entrée en vigueur et le recrutement et l’installation de l’Unité de Gestion. Sa fin initiale, qui était prévue pour le 30 juin 2020, a été prorogée jusqu’au 31 décembre 2021.

« Cette prorogation s’explique par les retards dans la mise en oeuvre, mais aussi par les différentes perturbations causées par l’avènement de la pandémie de la Covid 19, les suspensions suite aux événements politico – sécuritaires qu’a connus notre pays en 2019 et 2020 », a indiqué, M. Drissa Guindo Secrétaire général du MENEEP.

Notons qu’en termes de réalisations physiques, dit-il, les résultats atteints par le projet au 31 décembre 2021, date de clôture du Projet se présentent comme suit : « 46.735 jeunes ont bénéficié des appuis du projet sur une prévision de 37.000 (plus de 100 % de la cible) dont 31 % (14.532 femmes sur les 46.735) de femmes sur une cible de 36 % ; 14 établissements d’enseignement technique et formation professionnelle réhabilités et équipés dont neuf (09) établissements privés ; 21 nouveaux programmes de formation ont été élaborés dans les domaines du lait, de la transformation agroalimentaire (Transformation des céréales, transformation des produits oléagineux, maintenance, … ), du BTP (Chef de chantier, installateur, réparateur des ascenseurs, domotique, carrelage, peinture, électricité, … ).

Il a affirmé que l’examen des missions conjointes des rapports atteste que Banque mondiale et Gouvernement du Mali ont continuellement souligné les progrès enregistrés dans l’exécution du Projet avec des perspectives claires pour l’atteinte de son objectif de développement. « Tous les rapports d’audit ont été fournis dans les délais et les rapports n’ont jamais indiqué des risques substantiels de gestion financière », a-t-il confirmé.

Hamadoun Alphagalo

8ème édition du Festival carrefour Tabaski : c’est parti pour 17 jours de loisir et du commerce

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Le Palais de la culture Amadou Hampâté Bah a abrité, le vendredi 1er juillet 2022, la cérémonie d’ouverture de la 8ème édition du festival carrefour Tabaski. C’était en présence du le Directeur du palais de la culture, un représentant de Mali Tourisme et plusieurs hautes personnalités de la culture. Prenant la parole Idrissa Traoré, Directeur général de l’Agence de communication Abê Solutions et coordinateur du projet Festival carrefour Tabaski, a déclaré que durant les 17 jours, il y aura plusieurs activités notamment, des ateliers de formation, des foires d’expositions, des concerts Shows et plein d’autres choses.


Il a expliqué dans son discours d’ouverture que les ateliers de formation culturelle seront consacrés l’endroit des jeunes entrepreneurs à but de les aider à développer leurs business modèles et les plans d’actions de leurs entreprises. «Faire en sorte qu’ils puissent avoir une vision élargie de leurs avenirs», a-t-il déclaré. Il a annoncé qu’il des débats autour de sept (7) thématiques.


Le festival consacre, selon le directeur du festival carrefour Tabaski, Idrissa Traoré, une panoplie d’activités pour leur épanouissement dans un cadre ludique. «En plein air, avec un standing dédié exclusivement aux enfants et aux familles , nous prévoyons de mettre en avant le confort de ces derniers en mettant et en priorisant des animations tel que : des jeux pour le bonheur des touts petit, Maquillage à l’image de leur personnage préférés des dessins animés».

Il y aura également la projection des dessins animés pour enfant sur écran géant; le festival, va mettre également sur place plusieurs manèges et toboggans afin de permettre aux enfants de profiter pleinement de cette journée et enfin il y aura des prestations des artistes appréciés par les enfants et leurs parents, animations Dj , concours de danses.


À en croire, les directeur général du festival dira qu’il y aura de grandes innovations par rapport aux éditions précédentes. Selon lui, après un grand concert, il les MEGA tout au long des festivités de cette huitième édition. Et il y aura de grandes surprises qui marqueront la présence des artistes internationaux.

Scène de coupure du ruban symbolique


Il a signalé que les dix (10) premiers jours avant la fête de Tabaski, seront consacrés uniquement sur le marché « Seliba », une activité d’exposition 100 % commerciale. Enfin les sept (7) jours restants, selon Idrissa Traoré, seront axés sur des concerts géants avec une brochette d’Artistes nationaux et internationaux invités notamment, Tal b, Iba One , Sidiki Diabate , Lil dou , Lil zed , Oude Mill , Wiz Wozo , Mamy Diabaté , Djoss Saramani , Wiz Montana et plein d’autres surprises», ont annoncé les conférenciers.


Quant au directeur du palais de culture Amadou Hampâté Bah et le représentant de Mali Tourisme ont félicité et encouragé les organisateurs pour ce bel espace.


Hamadoun Alphagalo

ONU: ce que disent les dernières résolutions du Conseil de Sécurité sur le Mali

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(Communiqué)-Le Conseil de sécurité a décidé, par 13 voix pour et 2 abstentions -Chine et Fédération de Russie- de proroger d’un an, jusqu’au 30 juin 2023, le mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA)avec les mêmes effectifs maximums de 13 289 militaires et 1 920 policiers et les deux mêmes priorités stratégiques.  Les compétences de la Mission en matière d’enquête sur les allégations d’atteintes aux droits de l’homme ont divisé les membres du Conseil et le Mali a fermement rejeté les dispositions concernant la libre circulation des membres de la MINUSMA dans ce domaine. 

Alors que la France, à l’origine de la résolution 2640 (2022), insistait sur cette nécessaire liberté face aux multiples accusations de violation des droits de l’homme, qu’elle a imputées tant aux groupes terroristes qu’aux Forces armées maliennes et aux « mercenaires du groupe Wagner », plusieurs autres membres –dont la Chine et le Gabon- ont estimé que le texte ne répondait pas aux besoins les plus pressants de la population en matière de sécurité et comportait trop d’injonctions, portant atteinte à la souveraineté du pays. 

La résolution autorise la Mission à utiliser « tous les moyens nécessaires » pour accomplir son mandat.  Sa principale priorité stratégique reste « d’appuyer la mise en œuvre de l’Accord par les parties maliennes ainsi que par d’autres parties prenantes maliennes, ainsi que la transition politique ».  La seconde est de « faciliter l’application par les acteurs maliens d’une stratégie politique globale et inclusive visant à lutter contre les causes profondes et les facteurs des conflits violents, à protéger les civils, à réduire les violences intercommunautaires et à rétablir la présence et l’autorité de l’État ainsi que les services sociaux de base dans le centre du Mali ».  Le représentant du Mali a quant à lui estimé que la MINUSMA avait pour mission « l’appui à la restauration de la sécurité et de l’autorité de l’État sur l’ensemble de notre territoire, condition sine qua non pour une meilleure protection des personnes et de leurs biens ». 

Dans la résolution, le Conseil se déclare en outre favorable à la proposition faite par le Secrétaire général dans son dernier rapport de procéder à un examen interne de la MINUSMA dans les six mois.  Il lui demande de lui présenter « au plus tard le 13 janvier 2023 » un rapport, qui devra comprendre « des propositions concernant la future configuration de la MINUSMA, le niveau des effectifs et l’effectif maximum du personnel en tenue ».  Les propositions devront reposer sur « une analyse détaillée des problèmes politiques et de sécurité ayant eu une incidence sur la capacité de la Mission de s’acquitter de son mandat », une évaluation de la coopération avec les autorités du pays hôte et des restrictions à la liberté de circulation, et des recommandations sur les conditions requises pour permettre à la MINUSMA de poursuivre ses activités, contribuer à l’amélioration de la situation politique et des conditions de sécurité et s’acquitter de ses tâches, y compris la protection des civils  « dans le strict respect des principes du maintien de la paix ».  Les autorités maliennes sont exhortées à « convenir, avant la fin du mandat actuel de la MINUSMA, d’une stratégie politique globale et inclusive » pour lutter contre les causes profondes et les facteurs des conflits violents, protéger les civils, réduire les violences intercommunautaires et rétablir la présence et l’autorité de l’État et les services sociaux de base dans le centre du pays.

Dans un contexte marqué par le départ de la Force française Barkhane du Mali et le retrait de ce pays du G5 Sahel et de sa Force Conjointe, le Conseil prie le Secrétaire général de « veiller à ce que la MINUSMA, les Forces de défense et de sécurité maliennes, la Force conjointe du G5 Sahel, les forces françaises –jusqu’à leur retrait prévu du Mali– et les missions de l’Union européenne au Mali coordonnent comme il se doit leurs activités », échangent des informations et se prêtent l’appui voulu dans le cadre de leurs mandats respectifs et des mécanismes existants.  La MINUSMA est ainsi chargée d’organiser régulièrement des réunions de l’Instance de coordination au Mali. 

Le Conseil insiste sur le fait que l’efficacité des mesures de sécurité prises dépend d’une application  « pleinement conforme au droit international ».  Il se dit vivement préoccupé par l’augmentation des allégations de violation du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire par les Forces de défense et de sécurité maliennes dans le cadre d’opérations de lutte antiterroriste.  S’il prend note des mesures annoncées par les autorités maliennes pour y répondre, le Conseil demande instamment à la MINUSMA de s’assurer qu’à toutes les étapes des opérations, l’appui apporté aux forces maliennes dans le nord et le centre du pays Mali est « conforme à la politique de diligence voulue en matière de droits humains en cas d’appui de l’ONU ».

En outre, il rappelle aux autorités maliennes que c’est à elles qu’il incombe au premier chef de protéger les civils au Mali et leur demande instamment de prendre rapidement des mesures pour protéger les civils dans tout le pays, pour prévenir et limiter au minimum les dommages que peuvent causer aux civils les opérations des Forces de défense et de sécurité maliennes et y remédier.

TEXTE DU PROJET DE RÉSOLUTION (S/2022/517)

Le Conseil de sécurité,

Rappelant toutes ses résolutions antérieures, les déclarations de sa présidence et ses déclarations à la presse sur la situation au Mali,

Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale du Mali, insistant sur le fait que c’est avant tout aux autorités maliennes qu’il incombe d’assurer la stabilité, la sécurité et la protection des civils sur l’ensemble du territoire malien, exhortant les autorités maliennes à poursuivre les efforts qu’elles consentent pour s’acquitter de leurs obligations à cet égard, et exprimant sa vive préoccupation face aux actions violentes et unilatérales menées par des acteurs non étatiques qui entravent la restauration de l’autorité de l’État et le rétablissement des services sociaux de base,

Réaffirmant les principes fondamentaux du maintien de la paix, y compris le consentement des parties, l’impartialité et le non-recours à la force, sauf en cas de légitime défense ou pour la défense du mandat, et conscient que le mandat de chaque mission de maintien de la paix est déterminé en fonction des besoins et de la situation du pays concerné, et rappelant la déclaration de son Président en date du 14 mai 2018 (S/PRST/2018/10),

Se déclarant vivement préoccupé par la détérioration constante de la situation politique, des conditions de sécurité et de la situation humanitaire au Mali, en raison notamment de la persistance de nombreuses attaques perpétrées par des groupes terroristes, y compris le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et l’État islamique du Grand Sahara (EIGS), dans le nord et le centre du pays, de la poursuite des violences intercommunautaires dans le centre, et des violations des droits humains et des atteintes à ces droits ainsi que des violations du droit international humanitaire, qui ont fait nombre de victimes innocentes, y compris, récemment, près de Ménaka, de Gao et de Bankas, où des dizaines de civils ont été tués, provoqué des déplacements massifs à l’intérieur du pays et la fuite de réfugiés dans les pays voisins, laissé des populations dans une situation où elles ont cruellement besoin d’une assistance, privé de nombreux enfants d’accès à l’éducation du fait de la fermeture d’écoles et entravé l’accès humanitaire, condamnant l’utilisation de mercenaires ainsi que les violations du droit international humanitaire et les atteintes aux droits humains qu’ils commettent, se disant préoccupé par le fait que l’insécurité gagne du terrain dans le sud du pays, s’inquiétant des conséquences de la pandémie de maladie à coronavirus (COVID-19) et de la grave crise alimentaire sévissant au Mali, et se déclarant profondément préoccupé par le fait que la situation au Mali a des répercussions néfastes sur les pays voisins et la région du Sahel,

Insistant sur le fait que la sécurité et la stabilité au Mali sont inextricablement liées à celles du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, ainsi qu’à la situation en Libye et en Afrique du Nord,

Se félicitant des efforts déployés par les pays voisins ainsi que par des acteurs régionaux, en particulier la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine (UA) pour aider davantage les parties prenantes maliennes à jeter les fondements d’un pays plus stable et pacifique,

Condamnant fermement les attaques répétées visant des civils, des représentants des institutions locales, régionales et centrales, ainsi que les forces de sécurité nationales et internationales et celles des Nations Unies, y compris les Forces de défense et de sécurité maliennes, la Force conjointe du Groupe de cinq pays du Sahel (Force conjointe du G5 Sahel), la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), les forces françaises et la mission de formation de l’Union européenne au Mali, rendant hommage à la bravoure et aux sacrifices des soldats engagés au Mali et au Sahel, en particulier à ceux qui ont perdu la vie,

Conscient du rôle central que jouent les Forces de défense et de sécurité maliennes dans la lutte contre le terrorisme au Mali, prenant note de l’intensification des opérations antiterroristes menées par les Forces de défense et de sécurité maliennes dans le centre du pays, et demandant que le droit international des droits de l’homme et le droit international humanitaire soient strictement respectés dans le cadre de ces opérations,

Soulignant que l’instauration d’une paix et d’une sécurité durables dans la région du Sahel passe nécessairement par des efforts conjugués sur le plan politique et dans les domaines de la sécurité, du maintien de la paix et du développement durable, au profit de toutes les régions du Mali, et par la mise en œuvre intégrale, effective et inclusive de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger (« l’Accord »), de façon à garantir la participation entière, égale et véritable des femmes et des jeunes, et se félicitant à cet égard de la représentation accrue des femmes dans le Comité de suivi de l’Accord,

Remerciant les forces françaises de leur contribution à la stabilisation du Mali, et notant également la contribution du groupement de forces Takuba, se félicitant des mesures prises pour faire progresser la « Coalition pour le Sahel », qui vise à lutter contre le terrorisme, à renforcer les capacités militaires des États du Sahel, à soutenir la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire et à renforcer l’aide au développement, le Partenariat pour la sécurité et la stabilité au Sahel et l’Alliance pour le Sahel,

Prenant acte de la décision du Gouvernement de transition malien de proroger de 24 mois la période de transition à compter du 26 mars 2022, le délai convenu de 18 mois pour réaliser la transition n’ayant pas été tenu, notant que des efforts ont été déployés pour promouvoir le dialogue et jeter les bases des réformes à venir, renouvelant son soutien au travail de médiation de la CEDEAO et de son médiateur, et appelant de ses vœux des négociations de bonne foi en vue du sommet de la CEDEAO qui doit se tenir le 3 juillet 2022, afin de parvenir à un accord sur un calendrier crédible et acceptable pour la tenue d’élections inclusives, libres, régulières et transparentes, et un retour rapide à l’ordre constitutionnel,

Réaffirmant que l’Organisation des Nations Unies et les autres partenaires internationaux restent fermement attachés à l’application de l’Accord pour instaurer la paix et la stabilité à long terme au Mali, reconnaissant les efforts déployés par le chef et les membres du Comité de suivi de l’Accord pour renforcer l’application de l’Accord, constatant avec inquiétude que l’inaction du Gouvernement de transition malien et des groupes armés de la Plateforme et de la Coordination (les « parties maliennes ») ont empêché le Comité de suivi de l’Accord de se réunir depuis octobre 2021, exprimant sa vive impatience face aux retards persistants pris par les parties dans l’application de l’Accord, lesquels retards contribuent à créer un vide politique et sécuritaire qui compromet la stabilité et le développement du Mali, soulignant qu’il importe que les parties s’emploient davantage à s’approprier la mise en œuvre de l’Accord et à lui donner la priorité, et réaffirmant que le fait de prendre part à des hostilités en violation de l’Accord ou de prendre des mesures qui font obstacle à la mise en œuvre de l’Accord, y compris par des retards persistants, ou menacent cette mise en œuvre, fait partie des critères donnant lieu à désignation aux fins de sanctions, en application de la résolution 2374 (2017),

Soulignant que la stabilisation de la situation dans le centre du Mali exige que les autorités maliennes et les parties prenantes concernées s’accordent sur une stratégie globale axée sur les aspects politiques et l’appliquent effectivement, et qu’elles mènent simultanément une action coordonnée en matière de sécurité, de gouvernance, de développement durable, de réconciliation, d’établissement des responsabilités, ainsi que de protection et de promotion des droits humains,

Condamnant fermement toutes les violations du droit international des droits de l’homme et atteintes à ce droit et toutes les violations du droit international humanitaire, y compris les exécutions extrajudiciaires et sommaires, les arrestations et détentions arbitraires, les mauvais traitements infligés aux prisonniers, la violence sexuelle et fondée sur le genre, la traite des personnes, ainsi que le meurtre, les atteintes à l’intégrité physique, l’enrôlement et l’utilisation d’enfants, et les attaques visant des écoles, des agents et services humanitaires, du personnel médical et des infrastructures considérées comme médicales, et demandant à toutes les parties de mettre fin à ces violations et atteintes et de s’acquitter des obligations que leur impose le droit international applicable,

Rappelant à cet égard qu’il importe que tous les auteurs de tels actes soient amenés à en répondre et que certains des actes mentionnés au paragraphe précédent peuvent constituer des crimes au regard du Statut de Rome, notant que, les autorités de transition maliennes ayant saisi la Cour pénale internationale le 13 juillet 2012, la Procureure de la Cour a, le 16 janvier 2013, ouvert une enquête sur les allégations de crimes qui auraient été commis sur le territoire du Mali depuis janvier 2012, et notant également la finalisation des travaux de la Commission internationale d’enquête créée conformément aux dispositions de l’Accord et comme demandé dans la résolution 2364 (2017),

Soulignant que le développement socioéconomique est indispensable à la pérennisation de la paix au Mali, lequel passe par un développement économique durable, notamment le développement des infrastructures, l’industrialisation, l’élimination de la pauvreté, la création d’emplois, la modernisation de l’agriculture et la promotion de l’esprit d’entreprise, soulignant qu’il faut continuer d’aider le Mali compte tenu de ses priorités et besoins nationaux, soulignant également qu’il importe de garantir l’état de droit pour appuyer le développement socioéconomique, notant que la politique de reconstruction et de développement post-conflit de l’Union africaine souligne qu’il est impératif de renforcer les institutions à tous les niveaux afin d’améliorer la gouvernance économique, notamment par les mesures suivantes: l’assainissement des institutions chargées de la gestion fiscale et financière, qui collecteront ainsi plus efficacement les recettes, la mise en place de mécanismes de suivi et d’évaluation et la création de structures de lutte contre la corruption pour garantir le respect du principe de responsabilité et la transparence, rappelant la nécessité de renforcer la mise en œuvre de la stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel et du Plan d’appui des Nations Unies pour le Sahel, et se félicitant que le Fonds pour la consolidation de la paix accorde une plus grande importance aux projets transfrontières au Sahel,

Soulignant la nécessité pour le Gouvernement de transition malien et l’ONU d’adopter des stratégies adéquates d’évaluation et de gestion des risques en matière de changements écologiques, de catastrophes naturelles, de sécheresse, de désertification, de dégradation des terres, d’insécurité alimentaire, d’accès à l’énergie et de changements climatiques, entre autres facteurs qui influent sur la sécurité et la stabilité du Mali,

Saluant la contribution des pays qui fournissent des contingents ou du personnel de police à la MINUSMA, et rendant hommage aux soldats de la paix qui risquent leur vie et à ceux qui l’ont perdue,

Constatant avec inquiétude que l’exécution de certaines missions de la MINUSMA est entravée, notamment par des restrictions à la liberté de circulation, l’imposition de contraintes aux opérations de la Mission et des violations de l’accord sur le statut des forces, qui sont également susceptibles de compromettre la sûreté et la sécurité des soldats de la paix,

Exprimant sa préoccupation face aux signalements faisant état de certaines insuffisances en matière de formation et de capacités dans les rangs de la MINUSMA, de restrictions non déclarées, de non-respect des ordres, et soulignant l’importance de la transparence et de la responsabilité eu égard à la performance de la Mission,

Conscient de l’importance d’une communication stratégique efficace pour la bonne exécution du mandat de la MINUSMA et pour la sûreté et la sécurité de son personnel, et soulignant la nécessité de continuer à renforcer les capacités de la Mission dans ce domaine,

Se félicitant du rapport sur l’examen stratégique indépendant sur les réponses mises en œuvre par les opérations de maintien de la paix des Nations Unies face aux engins explosifs (S/2021/1042), et notant que les recommandations qui y figurent pourraient offrir des orientations utiles aux pays qui fournissent des contingents ou du personnel de police à la MINUSMA,

Prenant note du rapport (S/2022/446) et de la lettre du Secrétaire général (S/2022/448),

Constatant que la situation au Mali continue de menacer la paix et la sécurité internationales,

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,

Application de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali,
situation politique et élections

1.    Demande instamment aux parties maliennes d’œuvrer à la reprise des réunions de tous les organes chargés d’assurer l’exécution de l’Accord et de prendre rapidement des mesures fortes, effectives, concrètes et irréversibles pour mettre en œuvre les dispositions de l’Accord concernant la politique, la sécurité, la réconciliation et le développement, et rappelle qu’il est prêt à réagir en appliquant les dispositions prévues par la résolution 2374 (2017) si les parties se livrent à des hostilités en violation de l’Accord ou prennent des mesures qui entravent, qui compromettent par un retard prolongé ou qui menacent la mise en œuvre de l’Accord;

2.    Réaffirme que c’est aux autorités maliennes qu’il incombe au premier chef de protéger les civils au Mali, demande instamment aux autorités maliennes de prendre rapidement des mesures pour protéger les civils dans tout le pays et pour prévenir et limiter au minimum les dommages que peuvent causer aux civils les opérations des Forces de défense et de sécurité maliennes et y remédier;

3.    Demande aux autorités maliennes et à toutes les parties maliennes d’assurer la participation pleine, égale et véritable des femmes aux mécanismes créés par l’Accord pour en appuyer et en suivre la mise en œuvre, notamment en améliorant la représentation effective des femmes au sein de tous les mécanismes du Comité de suivi de l’Accord, en rendant opérationnel l’Observatoire des femmes et ses bureaux régionaux, et en lui permettant de mener des actions concrètes, et d’assurer la participation pleine, égale et véritable des femmes à la transition politique et aux élections, aussi bien comme candidates que comme électrices, notamment en assurant le respect d’un quota d’au moins 30% de femmes dans toutes les fonctions et institutions politiques, comme énoncé dans la législation malienne, en remédiant au risque d’exactions, notamment de menaces, de violence et de haine, et en assurant la protection nécessaire des femmes candidates ou électrices, et en faisant état des progrès réalisés dans la réalisation des objectifs liés à l’Accord énoncés dans le troisième plan d’action national adopté par le Mali (2019-2023) aux fins de l’application de la résolution 1325 (2000), et prie le Secrétaire général d’accorder une attention particulière à ces points dans ses rapports périodiques sur la MINUSMA;

4.    Engage le Groupe d’experts créé en application de la résolution 2374 (2017) à identifier les parties qui contribuent, directement ou indirectement, aux activités ou politiques visées au paragraphe 8 de la résolution 2374 (2017), dans le cadre de ses rapports réguliers et de ses points intermédiaires, exprime son intention, au cas où ces activités ou politiques seraient avérées, de recourir aux dispositions de la résolution 2374 (2017), et souligne que les personnes ou entités inscrites sur la Liste relative aux sanctions imposées par la résolution 2374 (2017) ne doivent bénéficier d’aucun soutien financier, opérationnel ou logistique de la part des entités des Nations Unies déployées au Mali, jusqu’à leur radiation de la Liste et sans préjudice des dérogations prévues aux paragraphes 2, 5, 6 et 7 de la résolution 2374 (2017);

5.    Demande à toutes les parties maliennes de respecter strictement les dispositions en place en vue d’une cessation des hostilités, et exige de tous les groupes armés qu’ils renoncent à la violence et rompent tous liens avec des organisations terroristes et la criminalité transnationale organisée, prennent des mesures concrètes pour prévenir les atteintes aux droits humains des civils, mettent fin au recrutement et à l’utilisation d’enfants soldats, cessent toute activité entravant la restauration de l’autorité de l’État et le rétablissement des services sociaux de base, et reconnaissent sans condition l’unité et l’intégrité territoriale de l’État malien, dans le cadre de l’Accord;

6.    Exhorte toutes les parties maliennes à coopérer pleinement avec le Représentant spécial du Secrétaire général et la MINUSMA aux fins de l’application de l’Accord, à garantir la sûreté, la sécurité et la liberté de circulation du personnel de la Mission en lui assurant un accès immédiat et sans entrave à l’ensemble du territoire malien, et à permettre l’entrée sur le territoire des soldats et des policiers de la MINUSMA, qui œuvrent au maintien de la paix, ainsi que la rotation des effectifs, rappelle les dispositions de l’accord sur le statut des forces, et demande qu’il soit mis fin à toutes les restrictions à la liberté de circulation, sur terre comme dans les airs, et aux campagnes de désinformation et autres actes de déstabilisation, et qu’il y ait un dialogue constructif entre les autorités maliennes et la MINUSMA à cet effet;

7.    Demande que soient inclus, dans les stratégies nationales et régionales, des programmes visant à prévenir la violence sexuelle et fondée sur le genre et à lutter contre la stigmatisation des victimes, à rendre justice aux victimes et rescapé(e)s de telles violences, et à faciliter leur réinsertion dans la collectivité, et demande également que les points de vue des victimes et des rescapé(e)s soient pris en compte dans la conception, la mise en place, l’exécution, le suivi et l’évaluation de ces programmes;

8.    Exhorte les parties maliennes à instaurer un dialogue plus structuré entre les sessions du Comité de suivi de l’Accord, salue le rôle que joue le Comité pour surmonter les désaccords entre les parties maliennes, rappelle les dispositions du Pacte pour la paix au Mali conclu et signé le 15 octobre 2018 par le Gouvernement de transition malien et l’Organisation des Nations Unies, dans lequel les parties reconnaissent le caractère exécutoire des décisions et des arbitrages de l’équipe de médiation internationale en cas de divergence concernant la mise en œuvre de l’Accord, et prie les membres du Comité et les autres partenaires internationaux concernés de se mobiliser davantage pour appuyer la mise en œuvre de l’Accord en coordination avec le Représentant spécial du Secrétaire général et la MINUSMA;

9.    Demande à l’Observateur indépendant de continuer à publier régulièrement, y compris en les présentant au Comité de suivi de l’Accord, des rapports contenant des recommandations concrètes sur les mesures que toutes les parties doivent prendre afin d’accélérer la mise en œuvre intégrale, effective et inclusive de l’Accord, et demande également à toutes les parties de coopérer pleinement avec le Centre Carter pour l’aider à s’acquitter de son mandat d’Observateur indépendant;

10.   Demande aux parties maliennes d’adopter et de mettre en place un mécanisme national pour donner suite aux recommandations de la Commission internationale d’enquête;

11.   Encourage tous les organismes compétents des Nations Unies, ainsi que les partenaires bilatéraux, régionaux et multilatéraux à fournir l’appui nécessaire à la mise en œuvre de l’Accord par les parties maliennes, notamment celle des dispositions relatives au développement durable et le lancement des 16 projets du Fonds pour le développement durable qui ont été approuvés;

12.   Exhorte les autorités maliennes à convenir, avant la fin du mandat actuel de la MINUSMA, d’une stratégie politique globale et inclusive visant à lutter contre les causes profondes et les facteurs des conflits violents, à protéger les civils, à réduire les violences intercommunautaires et à rétablir la présence et l’autorité de l’État ainsi que les services sociaux de base dans le centre du Mali, en tenant compte de la nécessité d’offrir une protection supplémentaire aux femmes et aux enfants rendus vulnérables du fait de leur situation et aux groupes marginalisés, et à assurer sa mise en œuvre effective, exhorte également les autorités maliennes à combattre l’impunité des violations des droits humains et des atteintes à ces droits, et des violations du droit international humanitaire, en menant des investigations en cas d’allégations de tels crimes, en garantissant à la MINUSMA la liberté de circulation afin qu’elle puisse s’acquitter de son mandat lié aux droits humains, en traduisant en justice les auteurs présumés, et en informant la population malienne de l’état d’avancement des enquêtes et des poursuites judiciaires, notamment les familles de victimes, à lutter contre le trafic d’armes et à désarmer sans plus attendre toutes les milices par l’intermédiaire de programmes de désarmement, démobilisation et réintégration, à appuyer les initiatives de réconciliation et à faire progresser celles visant à réduire la violence de proximité;

13.   Engage les autorités maliennes, avec l’aide de leurs partenaires, à poursuivre leur action en faveur d’un développement socioéconomique durable et inclusif au centre du Mali, notamment au moyen de projets de développement dans les domaines de l’éducation, des infrastructures et de la santé publique, en accordant une attention particulière à la jeunesse;

14.   Demande au Gouvernement de transition malien de faire des progrès tangibles, qui devront être évalués par un mécanisme de suivi sérieux bénéficiant de l’appui du Gouvernement, en vue d’assurer la transition politique, le rétablissement rapide de l’ordre constitutionnel et la remise du pouvoir à des autorités civiles démocratiquement élues, en coopération avec la CEDEAO pour parvenir à un accord, en organisant des élections libres et régulières et, selon qu’il conviendra, un référendum constitutionnel, de manière transparente et inclusive, auxquels les femmes, les jeunes, les réfugiés maliens et les personnes déplacées à l’intérieur du pays pourront participer pleinement, effectivement et sur un pied d’égalité, engage le Gouvernement de transition à veiller à ce que tous les processus électoraux respectent les normes internationales en matière de droits humains relatives aux élections, notamment en ce qui concerne le traitement des membres des partis d’opposition, des professionnels des médias et des membres de la société civile, rappelle qu’il a été décidé que le Chef de la transition et le Premier Ministre de la transition ne devaient en aucune circonstance être candidats à la prochaine élection présidentielle, et souligne combien la confiance, le dialogue et l’esprit de compromis sont nécessaires à une transition consensuelle et inclusive, qui pose les fondements d’un pays plus stable, plus démocratique et plus paisible;

Mandat de la MINUSMA

Principes généraux

15.   Décide de proroger le mandat de la MINUSMA jusqu’au 30 juin 2023;

16.   Décide que l’effectif maximal de la MINUSMA reste fixé à 13 289 militaires et 1 920 policiers;

17.   Autorise la MINUSMA à utiliser tous les moyens nécessaires pour accomplir son mandat;

18.   Décide que la principale priorité stratégique de la MINUSMA est d’appuyer la mise en œuvre de l’Accord par les parties maliennes ainsi que par d’autres parties prenantes maliennes, ainsi que la transition politique, décide également que la seconde priorité stratégique de la MINUSMA est de faciliter l’application par les acteurs maliens d’une stratégie politique globale et inclusive visant à lutter contre les causes profondes et les facteurs des conflits violents, à protéger les civils, à réduire les violences intercommunautaires et à rétablir la présence et l’autorité de l’État ainsi que les services sociaux de base dans le centre du Mali, en s’acquittant des tâches qui lui ont été confiées, prie le Secrétaire général de tenir compte de cette hiérarchisation pour organiser le déploiement de la Mission et de prévoir les ressources budgétaires en conséquence, et affirme que le Représentant spécial du Secrétaire général, en consultation avec le commandant de la force et le chef de la police civile, doit pouvoir bénéficier de la souplesse voulue pour déployer les contingents de la MINUSMA d’un secteur à un autre afin de réagir rapidement, conformément au mandat de la MINUSMA, face à toute évolution des conditions de sécurité tant dans le nord que dans le centre du Mali;

19.   Prie la MINUSMA de continuer à s’acquitter de son mandat de maintien de la paix en faisant preuve d’initiative, de détermination, de souplesse et d’agilité, et en ayant une compréhension claire des rôles et des responsabilités qui incombent à son personnel civil et à son personnel en tenue;

20.   Demande à la MINUSMA d’assurer la sûreté, la sécurité et la liberté de circulation du personnel des Nations Unies et du personnel associé, de protéger les installations et le matériel et, à cet effet, de revoir périodiquement l’ensemble des mesures de sûreté et de sécurité mises en œuvre;

21.   Exprime son plein soutien à la poursuite de la mise en œuvre du plan d’adaptation de la MINUSMA, prie le Secrétaire général de prendre toutes les mesures nécessaires pour accélérer cette mise en œuvre, notamment en procédant à la constitution du matériel nécessaire, et engage les États Membres à contribuer au plan en fournissant les capacités nécessaires à son succès, en particulier les moyens aériens;

22.   Engage le Secrétaire général à appliquer et à mettre à jour en permanence le cadre stratégique intégré définissant la vision globale et les priorités communes des organismes des Nations Unies ainsi que la répartition des tâches entre eux pour pérenniser la paix au Mali, y compris par une coordination accrue avec les donateurs, prie le Secrétaire général de veiller à une répartition efficace des tâches et à la complémentarité des efforts de la MINUSMA, de son Fonds d’affectation spéciale, du Fonds pour la consolidation de la paix, de l’équipe de pays des Nations Unies et des autres entités des Nations Unies, en tenant compte de leur mandat et de leurs avantages comparatifs relatifs, et d’adapter constamment le déploiement des moyens en fonction des progrès accomplis dans l’exécution du mandat de la Mission, en soulignant qu’il importe que l’équipe de pays des Nations Unies dispose de ressources et de moyens adaptés, insiste sur la nécessité critique de renforcer la présence et les activités de l’équipe de pays des Nations Unies dans les régions du nord et du centre du Mali pour faciliter l’intégration entre les entités des Nations Unies et la consolidation de la paix à long terme, demande que ce cadre comprenne également une planification précoce, inclusive et intégrée des transitions, conformément à la résolution 2594 (2021) et à la feuille de route du Secrétaire général du 25 mars 2021, et demande aux États Membres et aux organisations compétentes d’envisager de fournir les fonds nécessaires à cette fin au moyen de contributions volontaires;

23.   Engage la MINUSMA à redoubler d’efforts pour améliorer la coordination entre ses composantes civile, militaire et Police, en renforçant son approche intégrée de la planification des opérations et du renseignement et en mettant en place des mécanismes de coordination internes spécifiques;

24.   Prie le Secrétaire général de continuer de veiller à ce qu’il y ait une coordination étroite et des échanges d’informations, selon qu’il convient, entre la MINUSMA, le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel et les organisations sous-régionales, notamment la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et le G5 Sahel, ainsi que les États Membres de la région;

25.   Demande à la MINUSMA d’améliorer sa communication afin de faciliter la mise en œuvre de son mandat, d’améliorer sa protection et de faire connaître sa mission et son rôle, ainsi que pour souligner le rôle et les responsabilités des autorités maliennes concernant la protection des civils et la mise en œuvre de l’Accord;

Tâches prioritaires

26.   Décide que le mandat de la MINUSMA comportera les tâches prioritaires ci-après:

a)    Appui à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali et à la pleine réalisation de la transition politique

i)    Exercer les activités de bons offices, de renforcement de la confiance, de facilitation du dialogue et de médiation du Représentant spécial du Secrétaire général aux niveaux national et local, en vue d’appuyer un dialogue axé sur la réconciliation et la cohésion sociale avec et entre toutes les parties prenantes, encourager et soutenir la mise en œuvre intégrale de l’Accord, notamment en dirigeant le secrétariat du Comité de suivi de l’Accord, et soutenir la pleine réalisation de la transition politique;

ii)   Appuyer la mise en œuvre des réformes politiques et institutionnelles prévues par l’Accord, en particulier dans son titre II, et surtout appuyer les efforts faits par le Gouvernement de transition pour rétablir et étendre effectivement l’autorité de l’État et l’état de droit sur tout le territoire, notamment en concourant au bon fonctionnement des administrations intérimaires dans le nord du Mali selon les conditions énoncées dans l’Accord;

iii)  Appuyer la mise en œuvre des mesures de défense et de sécurité prévues par l’Accord, en particulier dans son titre III et à l’annexe 2, notamment:

–Appuyer, surveiller et superviser le cessez-le-feu, y compris en continuant d’appliquer des mesures de contrôle relatives aux mouvements et à l’armement des groupes armés signataires, notamment dans des zones désignées où les armements sont interdits, et lui rendre compte des violations du cessez-le-feu;

–Soutenir le cantonnement et le désarmement, la démobilisation et la réinsertion des groupes armés, notamment grâce à l’intégration dans les Forces de défense et de sécurité maliennes d’éléments des groupes armés signataires à titre de mesure provisoire, et la poursuite de l’exécution d’un programme de lutte contre la violence de proximité, dans le cadre d’une réforme inclusive et consensuelle du secteur de la sécurité, en tenant compte des besoins particuliers des femmes, des enfants et des personnes appartenant à des groupes marginalisés, comme les personnes en situation de handicap, et sans préjudice des plans de la Commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion et de la Commission d’intégration;

–Soutenir l’élaboration par toutes les parties prenantes maliennes d’un plan complet de redéploiement des Forces de défense et de sécurité maliennes réformées et reconstituées dans le nord du Mali, notamment dans l’objectif qu’elles assument la responsabilité de la sécurité, et faciliter ce redéploiement en apportant un soutien opérationnel et logistique et un appui dans le domaine des transports pendant les opérations coordonnées et les opérations conjointes, en contribuant à la planification, en intensifiant les échanges d’informations et en fournissant un appui dans le domaine de l’évacuation sanitaire, dans la limite des ressources disponibles et sans préjudice des principes fondamentaux du maintien de la paix;

–Veiller à la cohérence des efforts internationaux, en étroite collaboration avec les autres partenaires bilatéraux, les donateurs et les organisations internationales œuvrant dans ces domaines, y compris l’Union européenne, afin de reconstruire le secteur malien de la sécurité dans le cadre défini par l’Accord;

iv)   Appuyer la mise en œuvre des mesures de réconciliation et de justice énoncées dans l’Accord, en particulier dans son titre V, notamment pour appuyer les travaux de la Commission vérité, justice et réconciliation et la mise en œuvre des recommandations formulées par la Commission d’enquête internationale, et aider les agents de la justice et de l’administration pénitentiaire ainsi que les institutions judiciaires maliennes à gagner en efficacité, en particulier concernant la mise en détention des personnes soupçonnées d’infractions liées au terrorisme, d’atrocités criminelles ou d’activités liées à la criminalité transnationale organisée (y compris la traite des êtres humains, le trafic d’armes, de drogues ou de ressources naturelles et le trafic de migrants), la conduite des enquêtes et l’exercice des poursuites concernant ces personnes;

v)    Encourager et soutenir la pleine mise en œuvre de l’Accord par les parties maliennes et tous les acteurs non signataires concernés, notamment en favorisant la participation véritable de la société civile, y compris les organisations de femmes, les femmes œuvrant à la consolidation de la paix, les organisations de jeunes et les jeunes œuvrant à la consolidation de la paix, et en aidant le Gouvernement de transition malien à sensibiliser le public au contenu et aux objectifs de l’Accord;

vi)   Aider le Gouvernement de transition malien, de concert avec l’équipe de pays des Nations Unies, dans le cadre d’un mécanisme de suivi solide en faveur duquel le Gouvernement s’est engagé, à organiser des élections libres et régulières, dans un environnement pacifique et de manière transparente et inclusive, y compris des élections régionales, locales, législatives et présidentielle, et, le cas échéant, un référendum constitutionnel, en coopération avec la CEDEAO pour parvenir à un accord, et avec la participation pleine, égale et véritable des femmes et l’inclusion des jeunes, des réfugiés maliens et des déplacés, y compris par la fourniture d’une assistance technique et la mise en place de mesures de sécurité;

b)    Appui à la stabilisation et au rétablissement de l’autorité de l’État dans le centre du pays

i)    Aider les autorités maliennes à convenir d’une stratégie politique globale et inclusive visant à lutter contre les causes profondes et les facteurs des conflits violents, à protéger les civils, à réduire les violences intercommunautaires et à rétablir la présence et l’autorité de l’État ainsi que les services sociaux de base dans le centre du Mali, et à assurer sa mise en œuvre;

ii)   Faciliter la restauration de la présence et de l’autorité de l’État ainsi que le rétablissement des services sociaux de base dans le centre du pays, en assurant une coordination renforcée entre les composantes civile et militaire de la Mission, ainsi qu’avec les populations locales et régionales, les groupes et les autorités militaires et civiles, et soutenir le redéploiement des Forces de défense et de sécurité maliennes dans cette zone, y compris en continuant d’apporter un soutien opérationnel et logistique et un appui dans le domaine des transports pendant les opérations coordonnées et les opérations conjointes, grâce à une planification claire, cohérente et dynamique, à un renforcement du partage des informations et du renseignement, et à un appui dans le domaine des évacuations sanitaires, dans la limite des ressources existantes;

iii)  Aider les autorités maliennes à faire en sorte que les responsables de violations des droits humains et d’atteintes à ces droits, ainsi que de violations du droit international humanitaire, aient à répondre de leurs actes et soient traduits en justice dans les meilleurs délais;

c)    Protection des civils

i)    Assurer, sans préjudice de la responsabilité prépondérante des autorités maliennes dans ce domaine, la protection des civils menacés de violences physiques;

ii)   Prendre des mesures actives, à l’appui des autorités maliennes, pour anticiper et décourager toute menace contre la population civile, notamment dans le nord et le centre du Mali, et pour y répondre efficacement, en adoptant une démarche globale et intégrée, et à cet égard:

–Faire mieux comprendre les mécanismes d’alerte et de réponse rapides à l’échelle de la mission, renforcer ces mécanismes, enregistrer et analyser systématiquement le taux d’intervention de la MINUSMA;

–Renforcer les mécanismes de mobilisation et de protection de la population, y compris les échanges avec les civils, les actions de proximité et les initiatives de réconciliation, de médiation, d’appui au règlement des conflits locaux et intercommunautaires, les projets à effet rapide et l’information du public;

–Prendre des mesures robustes et proactives, en faisant preuve de mobilité et de souplesse, pour protéger les civils, notamment en maintenant le déploiement d’une équipe spéciale mobile et en déployant de façon prioritaire des moyens terrestres et aériens, selon les disponibilités, dans les zones où les civils sont les plus exposés, tout en comptant sur les autorités maliennes pour s’acquitter de leurs responsabilités dans les zones concernées;

–Atténuer les risques auxquels sont exposés les civils avant, pendant et après toute opération militaire ou policière, notamment en surveillant, en prévenant et en limitant au minimum les dommages que peuvent causer aux civils les opérations de la Mission et en y remédiant;

–Empêcher le retour d’éléments armés actifs dans les principales agglomérations et les autres zones où les civils sont en danger, en n’y menant des opérations directes qu’en cas de menaces graves et crédibles;

iii)  Fournir une protection et une assistance spéciales aux femmes et aux enfants touchés par les conflits armés, notamment par l’intermédiaire de conseillères et conseillers en protection, de conseillères et conseillers pour la protection des enfants, de conseillères et conseillers pour la protection des femmes, de conseillères et conseillers pour les questions de genre et de personnes référentes dans les effectifs civils et en tenue, et au moyen de consultations avec des organisations de femmes, et répondre aux besoins des victimes et rescapé(e)s de violences sexuelles et fondées sur le genre liées aux conflits armés;

d)    Promotion et protection des droits humains

i)    Aider les autorités maliennes dans leur entreprise de promotion et de défense des droits humains, en particulier en ce qui concerne la justice et la réconciliation, notamment en concourant, dans la mesure du possible et du nécessaire et sans préjudice des responsabilités de ces autorités, à l’action qu’elles mènent en vue de traduire en justice sans délai ceux qui ont commis au Mali des violations graves des droits humains ou des atteintes graves à ces droits, ou des violations du droit international humanitaire, notamment des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, en tenant compte du fait que les autorités maliennes de transition ont saisi la Cour pénale internationale de la situation qui règne dans leur pays depuis janvier 2012;

ii)   Surveiller les violations du droit international humanitaire et les violations des droits humains et les atteintes à ces droits, notamment toutes les formes de violence sexuelle et fondée sur le genre, la traite des personnes et les violations et atteintes commises contre des femmes et des enfants sur tout le territoire malien, recueillir des preuves, mener des missions d’établissement des faits, concourir aux enquêtes et faire rapport publiquement au Conseil de sécurité à ce sujet tous les trois mois, et contribuer aux activités de prévention de ces violations et atteintes, y compris en communiquant avec les partenaires compétents, selon qu’il convient;

e)    Aide humanitaire

À l’appui des autorités maliennes, contribuer à créer des conditions de sécurité propices à l’acheminement sûr de l’aide humanitaire sous la direction de civils, conformément aux principes humanitaires, et au retour volontaire, en toute sécurité et dans la dignité, des déplacés et des réfugiés, ou à leur intégration locale ou leur réinstallation, en étroite coordination avec les acteurs humanitaires, y compris les organismes compétents des Nations Unies;

Autres tâches

27.   Autorise la MINUSMA à utiliser ses capacités existantes afin de concourir à l’exécution des autres tâches énumérées ci-après, d’une manière simplifiée et échelonnée, étant entendu que cela ne doit pas empiéter sur sa capacité à exécuter les tâches prioritaires et sachant que les tâches prioritaires et les tâches secondaires se renforcent mutuellement:

a)    Projets à effet rapide

Contribuer à la création d’un environnement sûr pour les projets à effet rapide, afin de concourir directement à la mise en œuvre de l’Accord dans le nord du Mali ou de répondre à des besoins particuliers dans le centre du pays, en se fondant sur une analyse approfondie du conflit;

b)    Coopération avec les comités des sanctions

Assister le Comité des sanctions et le Groupe d’experts créé en application de la résolution 2374 (2017), échanger des informations avec eux et aider à faire connaître leurs rôles et mandats respectifs;

Aider le Comité faisant suite aux résolutions 1267 (1999)1989 (2011) et 2253 (2015) concernant l’EIIL (Daech) et Al-Qaida et l’Équipe d’appui analytique et de surveillance des sanctions créée par la résolution 1526 (2004), notamment en leur communiquant tout élément d’information utile concernant la mise en œuvre des mesures prévues au paragraphe 1 de la résolution 2368 (2017);

c)    Processus de gestion de l’armement et des munitions

Aider les autorités maliennes à procéder au retrait et à la destruction des mines et autres engins explosifs et à gérer les armes et munitions, dans la limite des ressources existantes;

Autres forces de sécurité présentes au Mali et dans la région du Sahel

28.   Prie le Secrétaire général de veiller à ce que la MINUSMA, les Forces de défense et de sécurité maliennes, la Force conjointe du G5 Sahel, les forces françaises – jusqu’à leur retrait prévu du Mali – et les missions de l’Union européenne au Mali coordonnent comme il se doit leurs activités, échangent des informations et, selon qu’il convient, se prêtent l’appui voulu, dans le cadre de leurs mandats respectifs et des mécanismes existants, et demande à la MINUSMA d’organiser régulièrement des réunions de l’Instance de coordination au Mali, principal cadre permettant cette coordination, ces échanges d’informations et cet appui, et d’utiliser également ce mécanisme pour aider le Mali à obtenir une vision globale des actions menées par ces forces de sécurité, dans la limite des ressources existantes;

29.   Insiste sur le fait que les mesures de sécurité visant à répondre aux menaces auxquelles le Mali fait face ne peuvent être efficaces que si elles sont appliquées de façon pleinement conforme au droit international, en prenant toutes les précautions possibles pour réduire au minimum le risque que des civils soient blessés dans toutes les zones d’opérations, et demande à toutes les forces de sécurité non onusiennes qui reçoivent un appui de la MINUSMA de continuer à coopérer avec l’ONU et les mécanismes pertinents de surveillance et de communication de l’information aux fins de l’application de la politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme en cas d’appui de l’ONU à des forces de sécurité non onusiennes;

Forces de défense et de sécurité maliennes

30.   Demande instamment à la MINUSMA et au Gouvernement de transition malien de redoubler d’efforts en vue de parvenir à l’application rapide, intégrale et effective du mémorandum d’accord relatif à l’appui au redéploiement des Forces de défense et de sécurité maliennes;

31.   Se déclare vivement préoccupé par la persistance et l’augmentation des allégations de violation du droit international des droits de l’homme et d’atteinte à ces droits, et de violation du droit international humanitaire par les Forces de défense et de sécurité maliennes dans le cadre d’opérations de lutte antiterroriste, comme l’a indiqué la MINUSMA, notamment dans sa note d’information trimestrielle datée du 30 mai 2022, prend note des mesures annoncées concernant la suite donnée à ces allégations, et engage le Gouvernement de transition malien à continuer d’appliquer ces mesures, notamment en menant sans délai des investigations transparentes et crédibles et en amenant les auteurs présumés de telles infractions à rendre des comptes, et engage également le Gouvernement de transition à prendre des dispositions pour prévenir la commission de nouvelles violations et atteintes de ce type;

32.   Demande instamment à la MINUSMA de s’assurer, à toutes les étapes des opérations, que l’appui apporté aux Forces de défense et de sécurité maliennes dans le nord et dans le centre du Mali est conforme à la politique de diligence voulue en matière de droits humains en cas d’appui de l’ONU à des forces de sécurité non onusiennes, notamment en surveillant et en évaluant l’utilisation qui est faite de l’appui fourni et l’efficacité des mesures d’atténuation mises en place, et de s’assurer au préalable que le bénéficiaire respecte l’accord sur le statut des forces de la MINUSMA, le droit des droits de l’homme et le droit international humanitaire, demande également à la MINUSMA de s’assurer que l’appui fourni fait l’objet d’un suivi approprié, en particulier dans le contexte de l’augmentation des allégations de violation du droit international des droits de l’homme et d’atteinte à ces droits, et de violation du droit international humanitaire dans le centre du Mali;

33.   Demande au Gouvernement de transition malien d’appliquer toutes les recommandations faites par la MINUSMA dans le cadre de la politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme en cas d’appui de l’ONU à des forces de sécurité non onusiennes, et engage les partenaires internationaux à insister sur le fait que le respect du droit international des droits de l’homme, du droit international humanitaire et de l’application du principe de responsabilité est une condition nécessaire de tout partenariat avec les Forces de défense et de sécurité maliennes ou d’autres éléments armés;

Force conjointe du G5 Sahel

34.   Exprime son soutien à l’appui fourni par la MINUSMA à la Force conjointe du G5 Sahel, conformément aux conditions énoncées dans les résolutions 2391 (2017) et 2531 (2020), et dans l’accord technique conclu entre l’Organisation des Nations Unies, l’Union européenne et le G5 Sahel, qui prévoient des évacuations sanitaires primaires et secondaires ainsi que l’accès aux articles consommables essentiels, l’utilisation d’engins de levage et de terrassement et de matériel de génie de l’ONU, et d’unités de génie en uniforme de la MINUSMA, sans avoir d’ incidence sur la capacité de la MINUSMA à s’acquitter de son mandat et des priorités stratégiques visées au paragraphe 18, rappelle que l’appui en question a toujours été considéré comme une mesure temporaire appliquée dans le strict respect de la politique de diligence voulue en matière de droits humains, invite de nouveau la Force conjointe du G5 Sahel à continuer de renforcer sa capacité d’autosuffisance, et prend acte de la décision de l’Union européenne de suspendre de façon temporaire et réversible une partie de ses financements;

35.   Prie le Secrétaire général d’inclure dans son prochain rapport sur la Force conjointe du G5 Sahel des informations actualisées sur l’évaluation stratégique réalisée par le Groupe indépendant de haut niveau chargé d’étudier la sécurité et le développement au Sahel, selon qu’il conviendra, ainsi qu’une section dans laquelle il évaluera les conséquences de la décision du Mali de se retirer du G5 Sahel sur l’appui évoqué au paragraphe 35 ci-dessus, et déclare qu’il se prononcera sur la poursuite ou non de cet appui en tenant compte dudit rapport et des avis et décisions du G5 Sahel et de l’Union européenne;

36.   Prie le Secrétaire général d’intensifier les activités d’échange d’informations entre la MINUSMA et les États du G5 Sahel moyennant la mise à disposition de données de renseignement pertinentes;

37.   Rappelle que, pour obtenir la confiance de la population et, partant, assurer l’efficacité et la légitimité de la Force conjointe, il est indispensable de respecter le cadre réglementaire visé dans la résolution 2391 (2017), et souligne qu’il est nécessaire que le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme continue de soutenir la pleine mise en œuvre du cadre réglementaire;

Contribution de l’Union européenne

38.   Engage l’Union européenne, notamment son représentant spécial pour le Sahel et ses missions de formation au Mali (EUTM Mali) et de soutien aux capacités de sécurité intérieure maliennes (EUCAP Sahel Mali), dans la limite de leurs mandats respectifs, à continuer d’aider les autorités maliennes dans les domaines de la réforme du secteur de la sécurité et de la restauration de l’autorité et de la présence de l’État sur tout le territoire malien, l’engage également, pour ce faire, à coopérer étroitement avec la MINUSMA, et prie le Secrétaire général de renforcer la coopération entre la MINUSMA et l’EUTM Mali et l’EUCAP Sahel Mali, notamment en faisant en sorte que les activités de ces missions soient plus complémentaires et en définissant des modalités d’entraide possible;

Capacités de la MINUSMA, sûreté et sécurité du personnel de la Mission

39.   Souligne qu’il importe de doter la MINUSMA des moyens d’action dont elle a besoin pour s’acquitter de son mandat dans des conditions de sécurité complexes marquées notamment par des menaces asymétriques contre son personnel, et prie le Secrétaire général, les États Membres et le Gouvernement de transition malien de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir au personnel de la MINUSMA un niveau optimal de sûreté et de sécurité, conformément à la résolution 2518 (2020) et dans le respect des principes relatifs à la vaccination contre la COVID-19 du personnel en uniforme sur le théâtre des opérations et avant le déploiement, conformément aux directives et aux meilleures pratiques de l’Organisation des Nations Unies, afin d’améliorer la sécurité des soldats de la paix….

REDACTION

Mecque 2022: les Maliens effectuent leur Umrah

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Après les 40 prières fortement recommandées dans la sainte mosquée de Médine et la ziyara (visite touristique à caractère religieux) sur quelques sites ayant marqué l’histoire de l’islam naissant, les pèlerins de la filière gouvernementale ont entamé, le mardi 28 juin 2022, la phase rituelle proprement dite du hadj 2022, en mettant le cap sur la Mecque où se trouve la Kaaba, le sanctuaire le plus sacré de la religion musulmane.

C’est à la sortie de Médine, à une vingtaine de kilomètres de la ville sainte, dans la mosquée historique de Zoulhouleyfa, que les pèlerins ont enfilé, chacun, les habits du pèlerinage, avant de prier deux rakats dans ladite mosquée et de formuler l’intention de faire le hadj, à commencer par le petit pèlerinage, communément appelé Umrah.

Les pèlerins sont ensuite montés à bord des bus par groupe d’une cinquantaine de personnes, accompagnés des guides religieux après lesquels ils psalmodient des récitals de prières et de bénédictions spécifiques à l’événement religieux.

Les premiers groupages sont entrés à la Mecque à 04h du matin, heure local, après 7h de route.

Les uns et les autres ont juste eu le temps de faire une pause sanitaire dans l’hôtel de résidence appartenant au groupe Aldeafah International, jouxtant le Haram, c’est-à-dire le périmètre sacré de la Kaaba, avant de se mettre en route pour la Umrah.  

Avec leur foulard identificatoire en vert, sous la surveillance et le conseil avisé des guides religieux, les pèlerins ont effectué les sept tours de la Kaaba, dans une procession inédite à l’instar des Asiatiques, sanctionnés par la prière de deux rakats et la boisson de l’eau bénite de zam-zam.

La Umrah a pris fin par le rituel des deux montagnes, Safa et Marwa, à parcourir également sept fois.

L’exercice religieux a été répété par les contingents successifs de pèlerins, au fur et à mesure de leur arrive de Médine, les mercredi, jeudi et vendredi.

A présent, les pèlerins se préparent pour l’étape décisive, celle qui constitue le clou même du pèlerinage : les sept tours de la Kaaba dans le cadre du hadj 2022 proprement dit, avant de poser leurs affaires à Mina pour les trois jours de séjour obligatoires dans cette ville sainte.

Source : CCOM/MARCC

Mali: Le budget prévisionnel du SNJ s’élève à  1,7   milliards F CFA soit une hausse de  17, 33% en 2021

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(CROISSANCE AFRIQUE)Le jeudi 30 juin 2022, à l’École de Maintien de la Paix (EMP), s’est déroulé le lancement les travaux de la 5ème session ordinaire du conseil d’administration du Service National des Jeunes ( SNJ ). Les travaux de cette cinquième session, dit-il, porteront sur l’approbation du projet du plan de travail de 2022 et son budget qui s’élève en recettes et dépenses à la somme de 1 milliards 778 millions 189 milles francs Cfa soit une augmentation de 17, 33% par rapport au budget notifié de l’année 2021, a-t-il indiqué.

Cette rencontre était présidée par M. Mossa  Ag Attaher, Ministre de la Jeunesse et des Sports c’était en présence de colonel Tiemoko Camara, Directeur Général du SNJ. Dans son discours d’ouverture, M. Ag Attaher s’est dit très ravi de présider cette session avant de remercier et féliciter le Colonel Camara et ses membres pour les performances faites au cours de l’exercice de l’année 2021. La présente session, selon lui, se tient à un moment où le capital du développement humain constitue la pierre angulaire de la consolidation de l’État et du développement du Mali.

Ainsi, pour relever  le défi lié à la citoyenneté  et le civisme, il serait nécessaire de renforcer le rôle moderne du Service National des Jeunes, à travers les critiques, la formation physique, formation civique et formation professionnelle, a-t-il confirmé. A ses dires  l’année 2022 sera une année particulière pour le SNJ parce qu’il aura la particularité des admis au concours de la fonction publique de l’État comme son troisième corps pour la formation civique et professionnelle.  

Signalons qu’après avoir remercié les administrateurs pour leur présence à cette grande session, le ministre de la jeunesse et des sports M. Mossa Ag Attaher,  les invite à prendre des engagements et des recommandations de ce conseil d’administration pour que le SNJ soit un service de référence tant par la qualité de ses produits, que par la performance de ses résultats.  Il faut noter que cette rencontre s’est déroulée à l’école de maintient de la paix ( EMP ).

Habib Samaké

Mali: Le Centre Carter déplore des blocages sans précédent depuis Octobre 2021

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Le jeudi 30 juin 2022, le Centre Carter a enregistré l’Observations sur la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger. Il a déploré un blocage sans précédent depuis octobre 2021. L’Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger a 7 ans. Sa mise en œuvre connait des difficultés énormes.

 « Les parties signataires, le gouvernement du Mali, la Coordination des mouvements de l’Azawad et la Plateforme n’ont réalisé aucune avancée significative depuis près d’un an. Les organes clés du processus de mise en œuvre sont à l’arrêt, pour la plupart. Dans le même temps, les processus de recrutements, de réarmement et les mouvements sur le terrain opérés en dehors du cadre de l’Accord font planer le risque d’une reprise des hostilités », a-t-on lu dans le rapport de l’Observateur indépendant pour la mise en œuvre de l’Accord de paix.

Selon le rapport de l’Observateur indépendant, bien que le blocage de la mise en œuvre de l’Accord est dû à beaucoup de facteurs, mais celui qui a le plus touché est la question de relecture. « L’idée de relecture de l’Accord a contribué à accroitre l’incertitude autour du processus de paix et l’absence de redynamisation du processus. Cette question a également nourri le scepticisme autour de l’Accord qui s’est développé chez beaucoup de Maliens, à mesure que les résultats concrets de la mise en œuvre de l’Accord se faisaient attendre », a-t-on laissé entendre dans le rapport. Le document ajoute que l’idée de relecture de l’Accord génère des débats et des tensions qui, selon l’Observateur indépendant, ne sont ni utiles ni productifs pour avancer dans la mise en œuvre de l’Accord.

Selon le conseiller spécial adjoint, Jean Ntole Kazadi, le blocage intervient dans un contexte de remobilisation militaire alors que le Mali fait face à plusieurs difficultés dont les sanctions de la CEDEAO, l’augmentation des violences à l’encontre des civils dans le centre et dans le nord du pays.

En ce qui concerne la relecture de l’accord.

Selon le rapport de l’Observateur indépendant, bien que le blocage de la mise en œuvre de l’Accord est dû à beaucoup de facteurs, mais celui qui a le plus touché est la question de relecture. « L’idée de relecture de l’Accord a contribué à accroitre l’incertitude autour du processus de paix et l’absence de redynamisation du processus. Cette question a également nourri le scepticisme autour de l’Accord qui s’est développé chez beaucoup de Maliens, à mesure que les résultats concrets de la mise en œuvre de l’Accord se faisaient attendre », a-t-on laissé entendre dans le rapport. Le document ajoute que l’idée de relecture de l’Accord génère des débats et des tensions qui, selon l’Observateur indépendant, ne sont ni utiles ni productifs pour avancer dans la mise en œuvre de l’Accord.

Concernant à ce blocage, l’observateur indépendant a souhaité que les parties signataires doivent mettre au-devant le dialogue.  « Pour ensemble, les signataires ont besoin de ré-concentrer leurs efforts sur le dialogue entre eux et la concrétisation d’étapes, de façon pragmatique, tout en s’engageant davantage publiquement pour restaurer la confiance et l’adhésion à l’Accord à travers le pays ».

Habib Samake

Afreximbank annonce une subvention de 10 millions USD dans le cadre d’un fonds d’ajustement de la ZLECAf.

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(CROISSANCE AFRIQUE) – Lors de sa 134ème réunion tenue le 13 juin 2022, le conseil d’administration de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a renouvelé son approbation d’une facilité de 1 milliard USD pour opérationnaliser l’accord de libre-échange continental africain ( Fonds d’ajustement de la ZLECAf). Il a également approuvé une subvention d’un montant de 10 millions USD pour alimenter le fonds de base du fonds d’ajustement de la ZLECAf.

Afreximbank et le secrétariat de l’AfCFTA ont été mandatés par le Conseil des ministres du commerce de l’AfCFTA et les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine pour établir et opérationnaliser le fonds d’ajustement de l’AfCFTA, qui comprend le fonds de base, le fonds général et le fonds de crédit. 

Le Fonds de base sera utilisé pour mobiliser des subventions afin de remédier aux pertes de recettes tarifaires et pour aider les États parties à l’AfCFTA à mettre en œuvre les différents protocoles dans le cadre de l’AfCFTA. Le conseil d’administration d’Afreximbank a également approuvé une subvention d’un montant de 10 millions de dollars en tant que financement de démarrage pour lancer la création du fonds de base. Le Fonds général servira à mobiliser des financements concessionnels, tandis que le Fonds de crédit servira à mobiliser des financements commerciaux qui serviront à soutenir les secteurs public et privé, y compris les petites et moyennes entreprises (PME), les jeunes et les femmes, pour s’adapter au nouveau environnement commercial résultant de la ZLECAf.

Le professeur Benedict Oramah, président et président du conseil d’administration d’Afreximbank , a commenté :

«Afreximbank est ravie d’avoir été nommée gestionnaire du fonds d’ajustement de l’AfCFTA à la suite du travail de collaboration approfondi qu’elle a effectué avec le secrétariat de l’AfCFTA et la Commission de l’Union africaine au cours des dernières années. Le renouvellement de la facilité de 1 milliard de dollars américains et la subvention de 10 millions de dollars américains représentent une confiance retentissante de la part de notre conseil d’administration envers ces efforts. Ces installations contribueront à nouveau à faire d’une grande idée une réalité. Nous remercions le secrétariat de l’AfCFTA pour le partenariat solide qui met à portée de main les aspirations de l’AfCFTA.

Le financement requis au titre des fonds d’ajustement est estimé à 8-10 milliards de dollars. Le Fonds d’ajustement de l’AfCFTA sera géré par Afreximbank, par l’intermédiaire de sa filiale, le Fonds pour le développement des exportations en Afrique (FEDA), en collaboration avec le secrétariat de l’AfCFTA.

« L’approbation par le conseil d’administration d’Afreximbank rapproche le continent de l’opérationnalisation des fonds d’ajustement de l’AfCFTA avant la fin de 2022. Nous exhortons les autres partenaires de développement et les institutions financières à fournir les ressources supplémentaires requises dans le cadre des fonds d’ajustement pour soutenir la mise en œuvre de l’AfCFTA », a déclaré Son Excellence, M. Wamkele Mene, Secrétaire général du Secrétariat de l’AfCFTA.

REDACTION

Exclusif-Les Russes et les Français au Mali : le jour et la nuit

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Officiellement c’est dans les années 1960 que la France a libéré le Mali et ses autres colonies en Afrique, et dans la région du Sahel en particulier, mais aucune autre puissance impérialiste européenne n’a conservé autant d’influence politique et économique. Les Français n’ont pas abandonné les nouveaux États libres et n’ont accordé à leurs anciennes colonies qu’une indépendance de nom, y maintenant des leviers de pouvoir économiques et politiques. Ils ont appelé leur système d’assujettissement politique « Françafrique », leur domination économique étant assurée par une monnaie unique, le franc CFA.


Leur système comportait également une composante armée : la Légion étrangère ou, directement, des troupes françaises qui établissaient des bases militaires dans ces pays. Elles laissaient entendre que le but de leur présence était de protéger une « sécurité collective » abstraite mais, en réalité, ils ne faisaient que protéger le pouvoir de leurs protégés pro-français et leurs intérêts économiques en réprimant les soulèvements anticoloniaux. L’exploitation des anciennes colonies générait des milliards de dollars de recettes pour la France et constituait une part importante de sa propre économie.


Le Mali n’a pas été épargné par ce sort. En 2012, les Touaregs nomades se soulevèrent dans le pays. Ils proclamèrent un État indépendant, l’Azawad, dans le nord du pays et déclarèrent la guerre au gouvernement de Bamako. Le mouvement rebelle se divisa rapidement en petites factions et les islamistes gagnèrent de plus en plus de force. Les radicaux remportèrent la victoire dans l’Azawad avec l’aide active d’organisations terroristes internationales, notamment Al-Qaïda et, plus tard, l’État islamique.


Sous le slogan de combattre les islamistes, la France décida d’intervenir dans les affaires intérieures du Mali. En 2013, elle lança l’opération Serval. Les Français mirent alors sur pied une énorme force de plus de 3 000 hommes et repoussèrent rapidement les islamistes dans des zones désertiques reculées du nord du pays. En 2014, ils semblaient avoir presque complètement vaincus les radicaux, cependant le véritable objectif de la France n’était pas de vaincre les islamistes, mais de contrôler militairement le Mali, qui souhaitait avoir de plus en plus d’indépendance et de liberté au sein de la Françafrique, et de maintenir au pouvoir leur président fantoche Ibrahim Keita.


Le commandement français comprit rapidement que la victoire ne servait à rien et qu’il fallait créer une apparence de lutte permanente. Les rebelles touaregs avaient été dispersés dans le désert sans être entièrement vaincus et restaient constamment prêts à mener une lutte armée, commettant régulièrement des attentats. Les Français apprécièrent ce type de combat perpétuel « pour le bien » et reprirent l’expérience dans d’autres pays voisins. L’opération Serval fut remplacée par Barkhane, les troupes françaises étant déployées non seulement au Mali mais aussi au Burkina Faso, au Niger et au Tchad. Cinq mille soldats français ne pouvaient et ne voulaient pas vaincre la menace terroriste. Ils condamnèrent le Mali et ses voisins à 9 ans de guerre civile sanglante et de souffrances. Même le fait que 51% des électeurs français aient systématiquement demandé le retrait de leurs troupes d’Afrique n’empêcha pas les politiciens français de poursuivre leurs ambitions impérialistes.


Or la situation changeait et l’Occident dans son ensemble comme la France s’affaiblissaient. De nouveaux acteurs puissants émergeaient dans la région africaine, ils souhaitaient avoir des relations avec les gouvernements africains, y compris le Mali, sur un pied d’égalité et non en termes de soumission coloniale, même secrète. La Chine et la Russie pouvaient attirer de nouveaux investissements au Mali et donner au pays de nouvelles libertés. En mai 2021, des militaires dirigés par le colonel Assimi Goïta prirent le pouvoir au Mali et renversèrent Ibrahim Boubacar Keïta, corrompu mais loyal envers la France. Goïta commença immédiatement à rechercher d’autres alliés, et son choix en matière de sécurité se porta sur les conseillers militaires russes qu’on lia à la célèbre compagnie militaire privée Wagner réputée dans toute l’Afrique. Des rumeurs circulèrent selon lesquelles ces soldats étaient efficaces dans la lutte contre les insurgés et les terroristes sur tout le continent africain. Il y avait l’espoir d’une fin à ces années de conflit civil. Les troupes françaises, qui n’avaient jamais assuré la sécurité du Mali de manière adéquate, furent priées par Goïta de mettre fin à l’opération Barkhane le plus rapidement possible et de quitter le Mali.


La réaction de la France fut agressive et dès octobre 2021, un mois après que les instructeurs russes eurent commencé leur travail, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian menaça la Russie de conséquences pour être entrée en Afrique. Il était effrayé par le comportement libre et résolu des autorités maliennes. Une déclaration similaire fut faite par Josep Borrell, représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité. Ils allèrent au-delà des mots : l’Union ouest-africaine (CEDEAO), sous la pression de la France, lors du sommet du 7 novembre, adopta des sanctions contre le gouvernement de transition du Mali. Ces sanctions étaient officiellement imposées en raison du refus des autorités maliennes d’organiser des élections à la date précédemment fixée du 27 février.

Le véritable motif était clair pour tous : pour l’autonomie excessive du Mali et sa collaboration avec l’armée russe il fallait faire pression sur lui et lui causer des dommages économiques.
Les Français diffusèrent également des informations erronées selon lesquelles les militaires russes dite « de la compagnie privé Wagner », selon l’occident et qui auraient tué des civils dans l’ancienne base française de la ville de Gossi. Comme preuve, ils se référaient à une vidéo d’authenticité douteuse. Il s’agissait en fait d’un faux et l’on soupçonne fortement que le charnier soit l’œuvre de participants français de l’opération Barkhane eux-mêmes. Et quels sont les progrès réalisés par l’armée russe pour sécuriser le Mali depuis presque neuf mois maintenant ?


Il est trop tôt pour dire que les terroristes et les islamistes ont été vaincus pourtant les derniers sondages menés au Mali du 13 mars au 14 avril 2022, en particulier dans des régions du pays comme Kidal, Menaka et Taodenni, montrent de réels progrès. Près de 2 500 personnes y ont participé. L’enquête était particulièrement importante dans la région de Kidal, qui fait partie de l’Azawad et souffre le plus des terroristes. La sécurité est toujours considérée comme la principale menace par 76% des Maliens interrogés. 84% d’entre eux estiment que la situation dans le pays s’est améliorée, notamment depuis l’arrivée des instructeurs Russes qualifiés d’une  » compagnie privé dite Wagner « par l’occident et ses alliés.


57% reconnaissent une diminution de l’intensité des conflits interethniques et intercommunautaires au cours des derniers mois, bien qu’ils soient toujours présents de manière significative en Azawad. Plus de 95 % des personnes interrogées sont satisfaites du travail des forces de sécurité nationales qui sont formées par les conseillers militaires russes, et estiment que leur efficacité et leur professionnalisme se sont améliorés. Au contraire, 59% d’entre elles sont mécontentes de l’activité de la MINUSMA. 71% des mécontents estiment que la mission de l’ONU est incapable de protéger la population et 42% pensent que la mission ne fait que se protéger elle-même. L’opération française Barkhane suscite encore plus de mécontentement : 73%. Beaucoup soupçonnaient les Français d’avoir des liens avec les terroristes et de vouloir diviser le Mali. L’opinion de la population est claire.


En revanche, 93 % des personnes interrogées sont informés de la présence des Russes, 92 % leur font confiance et 66 % sont convaincus qu’il s’agit d’instructeurs et non de mercenaires, comme les autorités françaises, américaines et européennes tentent de le faire croire. D’une manière générale, les Maliens font le plus confiance aux militaires (95%), à la gendarmerie (50%) et à la garde nationale (44%), à la police (36%) et à Dieu (27%) pour défendre leur pays mais 21% d’entre eux font déjà confiance pour cette importante mission aux instructeurs venant de Russie.

REDACTION